Dvar Torah pour lundi 13 Kislev 5770 30 novembre 2009

Parasha de Vayshlah’

Enthousiasme et engouement dans les Mitsvot
 
J’ai séjourné avec Lavan
Rashi : et j’ai malgré tout, accompli les 613 Mitsvot de la Tora, sans apprendre de ses mauvaises conduites.
 
Rav El‘hanan Wasserman z.ts.l (Que D. venge son sang !), citant le ‘Hafets ‘Hayim, suggère une interprétation différente de ces propos tenus par Ya‘akov. Ils ne s’adressaient nullement à ‘Essav, mais ils constituaient comme une lamentation intérieure destinée principalement à lui-même.
En disant cela, alors qu’il était sur le point d’affronter un danger mortel, il voulut se dire à lui-même qu’il n’avait accompli jusque-là que bien peu de choses. Certes, s’est-il dit, il s’était acquitté de toutes les 613 Mitsvot, mais il n’avait pas retiré tout le bénéfice d’avoir pu observer la perversité de Lavan. Il aurait dû avoir appris de cet homme l’enthousiasme à se livrer au péché et à la tromperie.
Convaincu qu’il ne manifestait pas la même ardeur dans son accomplissement des Mitsvot, il s’est sermonné pour ce défaut.
 
HISTOIRE
 
Le Ben Ish ‘Haï (sur Parasha de Bo) raconte l’histoire suivante :
Un jour, le Yetser Hatov (le bon penchant) et le Yetser Hara’ (le mauvais penchant) se rencontrèrent. Le Yetser Hara’ dit au Yetser Hatov : « Jusqu’à quand allons-nous nous affronter ?! Viens, faisons une trêve et observons un « cesser le feu », ainsi je te passerai mes « clients », et toi tu me passeras les tiens. » Le Yetser Hatov accepta la proposition.
 
Mais voilà que sous le contrôle du Yetser Hatov, se trouvait un ‘Hassid, un homme très pieux qui était très assidu dans l’étude de la Torah. le Yetser Hatov accepta de le donner au Yetser Hara’.
Ce soir là, le ‘Hassid était assis comme tous les soirs chez lui en train d’étudier la Torah, et selon l’accord établi, le Yetser Hara’ s’introduit en lui et réussit à le séduire en l’incitant à interrompre son étude pour aller « prendre l’air » dans la rue. Le ‘Hassid sortit dans la rue tumultueuse et arriva jusqu’à un café où l’on jouait aux cartes. Le ‘Hassid resta à la porte et observa les joueurs de cartes, avec quelle manière ils étaient « envoûtés » par le jeu. Lorsqu’on leur apportait du café ou du thé, le jeu leur faisait totalement oublier de boire tellement qu’ils étaient concentrés dans leur jeu. Le ‘Hassid restait là et observait, stupéfait.
Vers minuit, le ‘Hassid rentra chez lui, s’assit par terre et se mit à pleurer très fortement, en poussant des cris terribles et remplis d’amertume, au point où sa femme et ses enfants se réveillèrent des bruits de ses cris. Sa femme lui demanda les raisons de ses cris. Il lui répondit :
« Jusqu’à présent, je pensais que je valais de l’or, mais je viens de m’apercevoir que je ne vaux que du cuivre ! » Il s’expliqua en disant :
« Cette nuit, je me suis rendu dans un café, et j’ai pu constater que – du fait de leur ardeur et leur passion pour le jeu – les joueurs en oubliaient de boire le café ou le thé qu’on leur servait ! Mais moi, lorsque j’étudie la Torah, je n’oublie jamais de boire, ce qui prouve que je n’étudie pas avec autant de passion  et autant d’ardeur que lorsque ces joueurs jouent aux cartes !! »
Et il s’engagea immédiatement à redoubler d’intensité et d’assiduité dans l‘étude de la Torah.
Le lendemain, lorsque le Yetser Hatov et le Yetser Hara’ se rencontrèrent, le Yetser Hara’ dit au Yetser Hatov :
« Annulons tout de suite notre accord de « cesser le feu » car j’ai vu que, non seulement je n’ai pas réussi à faire trébucher ce ‘Hassid dans la faute, mais au contraire, il redouble désormais de ferveur et de passion pour l’étude de la Torah !!!! »
 
C’est ce que Ya’akov Avinou veut exprimer :
J’ai séjourné avec Lavan
Rashi : et j’ai malgré tout, accompli les 613 Mitsvot de la Tora, sans apprendre de ses mauvaises conduites.
Ya’akov se lamente : Je n’ai fait qu’observer les 613 Mitsvot, sans malheureusement m’inspirer de toute l’ardeur et toute la passion que Lavan met dans ses mauvaises conduites !!!
 
On demanda un jour à l’auteur du ‘Hidoushé Harim :
« Pourquoi les non-pratiquants réussissent tellement tout ce qu’ils entreprennent, alors que le mensonge ne mérite pas d’exister ?! »                
Le Rav répondit :
« Il est vrai que les non-pratiquants agissent pour le mensonge, mais ils y mettent tellement de sincérité et d’intégrité que la réussite est inévitable, alors que les pratiquants agissent pour la vérité, mais leurs actions manquent parfois de sincérité et d’intégrité…
 
Chabbat Chalom
 
Dvar Torah rédigé par le Rav David A. PITOUN