Dvar Torah pour lundi 18 Elul 5769 7 septembre 2009

Paracha de Nitsavim / Vayelech

Notre Paracha débute par le verset :
« Vous êtes placés aujourd'hui, vous tous, en présence d’Hashem votre D.: vos chefs de tribus, vos anciens, vos préposés, chaque citoyen d'Israël. »
 
D’autre part, il est dit dans le livre de Yehochoua’ (24) :
« Yehochoua’ réunit toutes les tribus d’Israël à Che’hem, il convoqua les anciens d’Israël, ses chefs, ses juges et ses préposés, ils se sont tenus devant Hashem. »
 
Question
 
Si nous mettons en parallèle les 2 versets, nous constatons que Yehochoua’ s’est d’abord adressé aux Anciens d’Israël avant de s’adresser aux chefs car c’est ainsi qu’il faut agir, puisque les « Anciens » d’Israël représentent les Grands Sages de la Torah, qui sont les personnes les plus honorables du peuple d’Israël. Alors que les « chefs » d’Israël représentent les administrateurs du peuple, qui ne sont pas forcément des Grands dans la Torah.
Mais Moshé Rabbenou – dans notre Parasha - s’adresse d’abord aux « chefs » d’Israël, avant de s’adresser aux « Anciens », ce qui est d’ailleurs très étonnant.
En effet, qu’est ce que Moshé Rabenou – le maître de tous les prophètes – voit de si particulier à donner la priorité aux administrateurs du peuple, et non aux Grands Sages d’Israël ?
 
Réponse
 
En réalité, cette question a déjà été posée à nos maîtres dans le Talmud Yeroushalmi (Horayot chap.3), et l’une des réponses données à cette question est la suivante :
Moshé Rabbenou n’a – relativement - pas fournit beaucoup d’efforts pour acquérir la connaissance de la Torah, puisqu’il a apprit toute la Torah de la bouche d’Hashem dans le Mont Sinaï. C‘est pour cela qu’il s’adresse d’abord aux administrateurs du peuple avant de s’adresser aux Grands Sages d’Israël (les Anciens). Tandis que Yehoshoua’ Bin Noun, qui a fournit beaucoup d’efforts pour étudier et apprendre la Torah en étant très assidu dans la Maison d’Etude avec tous les Anciens d’Israël - comme le texte le dit : « …il était un jeune homme qui ne quittait pas la tente » - s’adresse  d’abords aux Anciens (les Grands Sages) avant de s’adresser aux administrateurs.
Si une telle explication n’avait pas été donnée explicitement par nos maîtres, il nous aurait été interdit de dire de telles choses sur notre maître, le maître de tous les prophètes, Moshé Rabbenou, à qui il serai possible de reprocher d’avoir devancer les administrateurs aux Anciens, et cela, parce qu’il na pas fournit autant d’efforts que Yehoshoua’ son disciple, dans l’acquisition des connaissances de la Torah.
 
Il est évident que les choses sont dites ici avec beaucoup de nuance, mais malgré tout, il y a là un reproche contre Moshé Rabbenou – s’il est possible de s’exprimer ainsi - car il devait donner priorité aux Anciens, plutôt qu’aux administrateurs.
 
Tout ceci n’est tourné que vers nous !!
 
Chacun doit savoir que seul l’investissement de nos forces dans l’étude de la Torah, peut nous procurer la possibilité de mesurer correctement la valeur des choses spirituelles.
Même si quelqu’un est le plus sage des sages, tant qu’il ne sera pas investit dans l’étude de la Torah, il lui manquera la juste sensation vis-à-vis des choses spirituelles, et de façon certaine, il lui manquera la juste sensation vis-à-vis de ceux qui étudient la Torah.
Combien avons-nous vu de gens très sages dans différentes sagesses, des gens pratiquants, mais qui ne s’investissaient pas dans l’étude de la Torah, et qui en sont arrivés à mépriser ceux qui étudient la Torah, et même à s’opposer totalement au mode de vie de ceux qui étudient la Torah.
 
On raconte qu’un jour, un ami d’enfance du Gaon – Rabbi Eliyahou de Vilna – demanda au Gaon :
« Comment es-tu arrivé à un si haut niveau dans la Torah ? Pourtant, nous avons étudiés tous les deux dans le même Beit Midrash, et nous étions tous les deux très vifs dans notre étude. »
Le Gaon lui répondit :
« As-tu étudié ce que disent nos maîtres : « N’est pas comparable celui qui révise son étude 100 fois, à celui qui révise son étude 101 fois » ?
L’ami du Gaon répondit au Gaon :
« Evidemment que je connais cet illustre enseignement de nos maîtres ! »
Le Gaon lui dit :
« Crois tu sincèrement que cet enseignement est crédible ? »
L’ami répondit :
« Evidemment que je crois en cet enseignement ! Est-ce que tu me prends pour un renégat envers les enseignements de nos maîtres ?! »
Le Gaon lui dit :
« Moi je n’ai pas crus à cet enseignement, et je me suis fatigué pour tester sur moi même la véracité des propos de nos maîtres, pour voir si j’allais constater une différence entre une étude 100 fois révisée, et une étude qui l’a été 101 fois.
C’est ainsi que j’ai agis pour toutes les parties de la Torah, et c’est comme ça que je suis arrivé là où j’en suis. »
 
On raconte aussi au sujet du Gaon Rabbi Moshé FEINSTEIN z.ts.l qui a vécut aux Etats-Unis il y a seulement une vingtaine d’années, qu’un jour, il téléphona à son neveu le Gaon Rabbi Mi’hel FEINSTEIN qui habitait en Israël, et il lui dit :
« Rabbi Mi’hel ! Viens boire Le’haïm avec moi, car je viens d’achever l’étude de tout le Shass (le Talmud) 101 fois, pour la 2ème fois. » (Il venait d’achever la révision de tout le Shass pour la 101ème fois, et cela, pour la 2ème fois dans sa vie, ce qui fait au total 202 fois le Shass !!!)
Toute personne qui ouvre les livres de ce Gaon, reste stupéfait devant l’étendue de sa maîtrise affolante de toutes les parties du Shass, à travers une compréhension fondamentale de chaque sujet.
 
On raconte aussi au sujet de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita (qu’il soit distingué pour la vie) - à l’époque où il étudiait dans sa jeunesse à la Yeshiva de Porat Yossef à Jérusalem – qu’un jour, la Yeshiva organisa une journée de promenade pour les élèves, mais notre maître ne désirait pas si rendre, il préféra rester étudier à la Yeshiva.
Lorsque ses camarades le laissèrent le matin, ils remarquèrent que notre maître commençait l’étude de la Guemara Guittin.
Lorsqu’ils furent de retour le soir, ils constatèrent qu’il avait achevé l’étude de l’intégralité du traité Guittin en une seule journée !!!
 
Ce n’est que par l’effort que tous les Grands d’Israël sont parvenus à acquérir véritablement la Torah, comme le disent nos maîtres : « Si une personne te dis : j’ai fournis des efforts et j’ai trouvé, crois la. Si elle te dit : je n’ai fourni aucun effort, et j’ai trouvé, ne la crois pas. » .
 
Car toute chose acquise sans de véritables efforts, n’est pas totalement acquise.    
     

          
Chabbat Chalom 


 Dvar Torah rédigé par le Rav David A. PITOUN