Dvar Torah pour lundi 4 Elul 5769 24 août 2009

Paracha de Ki Tetsé


« Tu ne dois pas voir l'âne ou le bœuf de ton frère s'écrouler (par sa charge) sur la voie publique et te dérober à eux: tu es tenu de les relever avec lui. » (Devarim 22-4, extrait de notre Parasha)
 
Sifré sur Devarim :
Si le propriétaire de l’animal va s’assoir en disant à la personne venue l’aider : « Puisqu’il t’incombe de décharger mon âne, décharge-le » dans ce cas là, on est exempt de l’aider.
 
Selon le H’afets H’aïm, cette Halah’a est porteuse d’un grand message de morale pour l’homme dans sa relation avec Hachem.
 
En effet, l’homme demande de l’aide à son Créateur pour différents domaines de la vie :
« Hachem, de grâce, donne-moi la Parnassa (la subsistance matérielle ! »
« Hachem, j’aimerai bien me marier ! »
« Hachem, donne-moi la santé ! » …
 
Hachem, dans sa grande bonté est tout disposé à nous venir en aide, et à nous défaire du lourd fardeau de nos soucis.
Mais Il nous demande qu’une seule et toute petite chose :
 
« Je veux bien t’aider en te déchargeant de tous tes soucis, mais la moindre des choses c’est que tu « mettes la main à la pâte » !!! »
 
Ce n’est pas le tout de demander, il faut aussi montrer par notre Hichtadlout (notre effort personnel), que nous voulions réellement le changement dans notre vie que nous demandons à Hachem !
 
Quelqu’un qui demande la Parnassa à Hachem, mais qui passe la majeure partie de son temps à des futilités comme rester devant la télévision, surfer sur Internet, faire des grasses matinées, Hachem n’aidera jamais une telle personne qui ne fait aucun geste pour montrer qu’elle veut s’en sortir. Cette personne fera une brillante carrière de chômeur !!!
 
De même pour les gens qui veulent tellement se marier, mais qui font tout pour rester célibataires :
Si on propose un Chidouh’ (une présentation) à une personne, qu’elle commence déjà par accepter de se rendre au rendez-vous, au lieu de chercher d’abord à connaître tout le « pedigree » de la personne que l’on désire lui présenter !!
Ou alors, cette personne devra tout simplement revoir ses « critères » de recherche, et vérifier si le problème ne vient pas plutôt d’elle.
Hachem ne peut aider quelqu’un à se marier que si cette personne montre vraiment, et pas seulement par sa prière, mais aussi par ses actes, qu’elle veut se marier !!
 
De même, pour la santé :
Hachem peut-il aider quelqu’un à protéger sa santé, alors que cette personne l’a néglige totalement ?!
Lorsqu’on a un traitement prescrit par un médecin et qu’on ne le prend pas, toutes les Kavanot (les concentrations) dans la Berah’a de Réfaenou (la bénédiction consacrée à la guérison, dans la ‘Amida – la prière quotidienne), ainsi que toutes les prières ne serviront pas à obtenir la guérison !!
 
Nous demandons tous les jours à Hachem :
« Elokaï ! Netsor Lechoni Mera’, Ousfateh’a Midaber Mirma… »
« Mon D. ! Préserve ma langue du mal, et mes lèvres de la médisance… »
 
Est-ce que nous faisons nous même un effort pour nous préserver de tout cela ?!
Nous sommes plutôt à l’affût de la moindre discussion pouvant « démolir » n’importe qui !!!
Et plus il y a de victimes de nos « attentats verbaux », plus c’est intéressant !!!
 
Hachem doit-il nous aider à nous préserver dans de telles conditions ?!  
 
Le H’afets H’aïm donne une image pour comprendre ce message :
 
Un jour, un nécessiteux - dont la situation matérielle était arrivée à son stade le plus catastrophique- rencontre un homme très riche dans la rue.
Le nécessiteux dit au riche :
« J’ai une demande très importante à vous adresser : Pouvez vous m’accorder la faveur de me prêter la somme de 5 000 Roubles (une grande somme pour l’époque), car j’ai l’occasion de conclure une grande affaire financière qui pourra me permettre de ne pas mourir de faim ? »
 Le riche lui répondit :
« Sans problèmes ! Je suis tout disposé à te les prêter, simplement je ne les ai pas sur moi maintenant. Passe chez moi ce soir  à 17h, et je te les remettrais. »
Le soir, le riche s’efforça d’être rentré chez lui pour 17h afin de remettre l’argent au nécessiteux, mais il attendit plus d’1 heure sans que personne ne vienne. Le riche pensa que le nécessiteux avait été retenu par un quelconque empêchement de dernière minute.
Le lendemain, le riche marchait dans la rue, quand soudain le nécessiteux se dirigea vers lui en disant :
« Monsieur, je vous en prie, j’ai vraiment besoin de cette somme d’argent ! Accordez-moi ce prêt ! »
Le riche lui répondit :
« Mais je t’ai déjà dit hier de passer chez moi à la maison et je te remettrais ce que tu demandes ! Je t’ai même attendu plus d’1 heure, mais tu n’es pas venu ! Bon, ce qui est fait est fait ! Je t’attends aujourd’hui pour 17h chez moi à la maison, et l’argent sera prêt. »
Le riche mit encore une fois tout en œuvre pour être rentré chez lui pour 17h, mais le nécessiteux ne se présenta pas.
Le lendemain, le nécessiteux trouva le riche dans la rue et le supplia de nouveau :
« Je dois absolument conclure cette affaire pour me sortir de ma situation difficile et j’ai besoin de ces 5 000 Roubles ! Prêtez-les-moi de grâce !! »
Le riche ne pouvant se contenir davantage répondit au nécessiteux :
« Je constate qu’il n’y a aucune vérité dans tes propos ! Tu n’as absolument pas besoin d’argent, car si tu en avais vraiment besoin, tu serais venu chez moi hier ou avant-hier, à l’heure que je t’avais fixée !! Je t’ai attendu plus d’1 heure à chaque fois, et tu n’es jamais venu.
Si tu étais venu, tu aurais reçu l’argent que je t’avais préparé. Je pense que tu n’es qu’un fou qui n’est pas conscient de ce qu’il dit !! »
 
Nous adressons des demandes à Hachem, et il est disposé à nous accorder tout ce que nous lui demandons. Mais il nous demande d’être là au rendez-vous qu’il nous fixe, afin de nous procurer ce dont nous avons besoin. Le rendez-vous est fixé à la synagogue aux heures des Téfilot (prières quotidiennes), au Beit Ha Midrach (la maison d’étude) pour y entendre des cours de Torah, mais nous ne sommes pas là !!!
 
Avons-nous réellement besoin de tout ce que nous demandons ?!!!
 
Chabbat Chalom


 Dvar Torah rédigé par le Rav David A. PITOUN