Dvar Torah pour mardi 16 Av 5770 27 juillet 2010

Paracha de ‘Ekev

« En échange du fait que vous écoutez ces lois, que vous les observez, et que vous les accomplissez, Hachem ton D. te gardera le pacte d’alliance, et la bonté qu’Il a jurée à tes ancêtres ». (Devarim 7-12, premier verset de notre Paracha)
 
Le mot « EKEV » possède 2 significations :
Il veut dire « en échange de… »
Il veut dire « le talon »
 
RACHI explique : Si les vous prêtez votre oreille aux Mitsvot qui semblent « légères » et que l’homme à tendance à fouler de ses talons, alors Hashem ton D. te gardera le pacte d’alliance ….
 
Le Midrach Yalkout Chim’oni (Yalkout Chir Ha-Chirim 992) commente :
« Je suis descendu vers le jardin des noix … » (Chir Ha-Chirim chap.6)
Hachem dit : « Pour tous les fruits, lorsque l’on en prend un du sac, cela n’agite pas les autres fruits, mais lorsqu’il s’agit de noix, dès que l’on en prend une du sac, toutes les autres s’agitent. Il en est de même pour Israël : une seule personne commet une faute, et la colère d’Hachem s’éveille sur toute l’assemblée ».
 
Le Gaon Rabbi Ezra ALTCHULER z.ts.l, auteur du livre TAKANAT EZRA, dit qu’il en est de même concernant les Mitsvot. Lorsqu’on porte atteinte à seulement une seule Mitsva, cela est susceptible d’entraîner une violation de l’intégralité de la Torah !
 
Pourquoi avoir choisi l’image de la noix ?
Parce que la noix est ronde, et que tout objet rond a pour particularité de tenir difficilement en équilibre, et lorsqu’on porte atteinte à ce fragile équilibre, toutes les autres noix perdent également le leur.
 
Mais si ce n’est qu’une question d’objet rond, pourquoi avoir choisi exclusivement l’exemple de la noix ?
 
Parmi les noix, il y en a qui sont pleines, et il y en a qui sont vides de leur fruit.
Cependant, même une telle noix vide de son fruit, lorsqu’on la retire du sac les autres noix s’agitent autant que pour une noix qui est pleine.
 
C’est exactement la même chose pour les Mitsvot.
Il peut y avoir de petites choses, même une simple tradition ou autre qui peut semblé dénuée de sens ou de source, et malgré cela, si l’on n’est pas vigilant dans l’observance de cette tradition, on est susceptible d’en arriver à briser l’intégralité de la Torah !!!
 
Le Gaon Rabbi M. GUIFTER chlita, après avoir rapporté les propos du Rav ‘Ezra ALTCHULER, agrémente avec le premier verset de notre Paracha.
« Si vous écoutez ces lois… » les Mitsvot « légères », que l’homme à tendance à fouler de ses talons (EKEV), même de telles Mitsvot, aussi simples d’apparence,  méritent que l’on y investisse de la rigueur et de l’embellissement, au même titre que n’importe quelle autre Mitsva.
Il en est de même pour une « simple tradition » (un Minhag).
Combien de « simples traditions » ont préservé une attache au judaïsme si minime soit elle, à de très nombreuses personnes, qui auraient pu – sans ces « simples traditions » - basculé dans le monde profane, et certainement y rester !!!
 
L’époque à laquelle nous vivons nous fait bénéficier, Barouh’ Hachem, de la vision d’un nombre de Ba’alé Techouva (des personnes qui reviennent au judaïsme) qui ne cesse de grandir (Bli ‘Aïn Ha-Ra’ !).
Mais bien souvent, ces gens évoluent dans des milieux religieux où la place de l’étude de la Torah est tellement grande, que l’on arrive à dénigrer la présence et la place indispensables du Minhag (la tradition) au sein du peuple juif à travers son histoire.
Ce phénomène est dû simplement au fait que les dirigeants spirituels, pour la plus part, ne sont eux-mêmes pas toujours informés de l’existence de tel ou tel Minhag, car cela nécessite bien plus que de l’étude, cela requiert un véritable vécu auprès de nos grands maîtres de la génération, qui sont eux les gardiens d’un patrimoine que l’on a trop tendance à fouler du talon !!!
 
On raconte que vers la fin de sa vie, le Gaon et Tsaddik Rabbi Itsh’ak Elh’anann SPECTOR z.ts.l (grand décisionnaire de la Halah’a, et auteur de nombreux ouvrages) ne pouvait plus assurer la célébration de mariages, en raison de son âge avancé.
Cependant, il accepta un jour de faire une exception pour l’un des notables de la ville de KOVNA, un membre de la famille WOLF, qui vint solliciter le Rav pour célébrer le mariage de l’un des membres de sa famille.
Après l’approbation du Rav, le notable précisa que le mariage ne se passait pas à la synagogue – comme c’était l’usage - mais dans sa propre maison.
A ce moment-là, le Rav répondit :
« Si c’est ainsi, je n’assisterai pas à cette H’oupa.
Puisque la tradition dans cette ville de KOVNA est de célébrer un mariage à la synagogue, si nous portons aujourd’hui atteinte à cette tradition, par la suite nous profanerons le jour de Chabbat !!!! »
 
Remarque :
De nos jours où nous vivons malheureusement un manque de pudeur et une dégradation totale des règles de la Tseni’out vestimentaire, il est vivement déconseillé par la Halah’a de célébrer une H’oupa dans une synagogue en raison du respect du lieu, qui n’est malheureusement pas pris en compte par des gens sans le moindre scrupule.    
 
Ne dénigrons pas les Minhagim (les traditions) de nos parents, tant qu’ils ne contredisent pas la Hala’ha, car ces traditions seront peut être nos bouées de sauvetage !!!
 
Shabbat Shalom


 Dvar Torah rédigé par le Rav David A. PITOUN