Halacha pour vendredi 21 Tishrei 5781 9 octobre 2020

La fête de Soukkot – Sim’hatt Torah

Du Gaon Rabbi Zévadya COHEN Chlita, chef des tribunaux rabbiniques de Tel Aviv, pour « Halacha Yomit ».

Un devoir particulier nous a été ordonné pour la fête de Soukkot, ainsi que pour la fête de Chémini ‘Asteret et Sim’hatt Torah : le devoir de la Sim’ha (joie), comme il est dit dans la Torah: « Vous vous réjouirez devant Hachem votre D.ieu durant 7 jours » (Vaykra 23-40). De même, il est dit encore:
« Tu te réjouiras durant ta fête, toi, ton fils, ta fille … et tu seras exclusivement joyeux » (Dévarim 16-14 à 115).

Notre maitre le RAMBAM écrit (règles relatives au Loulav chap.8 règle 12-15): « Même s’il est un devoir de se réjouir lors de toutes les fêtes, lors de la fête de Soukkot il y avait une joie particulière dans le Temple, comme il est dit : « Vous vous réjouirez devant Hachem votre D.ieu durant 7 jours ».
Comment était cette joie ? On jouait de la flûte, du violon, de la harpe et des cymbales, chacun jouait de l’instrument qu’il connaissait. Celui qui savait chanter, chantait. Et l’on dansait et sautait, chacun selon ses aptitudes, et l’on disait des chants de louange.
Il est un devoir d’augmenter cette joie, et ce n’était pas les ignorants en Torah ou n’importe qui le désirant qui réalisait cette joie, mais seulement les grands sages d’Israël et chef des Yéchivot, ainsi que les gens très pieux et les anciens, les gens d’un très haut niveau de pratique de la Torah. Ce sont eux qui dansaient et jouaient des instruments et se réjouissaient dans le Temple durant la fête de Soukkot.
La joie que ressent un homme lors de l’accomplissement de ce devoir est un grand culte, et si quelqu’un s’en abstient, il est digne de réclamations de la part du Ciel, comme il est dit : « Parce que tu n’as pas servi Hachem ton D.ieu dans la joie et la bonne humeur. » Fin de citation du RAMBAM.

Les propos du RAMBAM nous indiquent le devoir de joie durant la fête de Soukkot, une joie qui impliquait même les grands sages de la génération, et en contrepartie, le châtiment de celui qui s’en abstient.

Pourtant, nous pouvons poser la question : Comment peut-on nous ordonner de nous réjouir ? La joie est une chose liée au sentiment intérieur de l’homme ! Il arrive parfois que l’homme se sente bien et il s’en réjouit, et parfois il ne se sent pas bien et il ne peut donc s’en réjouir!
Cela n’est pas comparable à des devoirs physiques et pratiques comme habiter la Soukka, mettre les Téfilin, placer la Mézouza ou autre, qui ne dépendent pas du sentiment humain mais uniquement de la réalisation technique du devoir. Comment nous ordonner la joie?

Pour comprendre, il faut d’abord citer les propos de la Guémara Makott (10a) : Rabbi Yéhochoua Ben Lévy dit: Il est dit dans les Téhilim (122): Cantique des hauteurs par David : Je me suis réjoui lorsqu’on m’a dit: nous irons dans la maison d’Hachem »  Pourtant, le Temple n’était pas encore construit du temps de David ! Pourquoi David se réjouit-il ? En réalité, David dit à Hachem : J’ai entendu des gens parler et ils disaient: « Quand est-ce que ce vieillard (David) va mourir, et que son fils Chélomo vienne et construise le Temple afin que nous puissions nous y rendre en pèlerinage pour la fête ?! » et je me suis réjoui.
Le roi David entend que l’on guète sa mort – même si c’est dans une bonne intention, afin de monter au Temple en pèlerinage – mais il ne se met pas en colère, au contraire il s’en réjoui, car il voit le côté positif de la chose, leur volonté de monter sur le Mont d’Hachem, et leur intention dirigée vers Hachem. C’est pourquoi, il ne se vexe pas de cela mais s’en réjouit, et il va même jusqu’à immortaliser cela dans un chapitre des Téhilim.

De même, nous voyons dans les Téhilim (4) où le roi David dit : « Tu as donné de la joie dans mon cœur depuis que leur champs et leur vigne s’est multiplié » Rachi explique : Je ne suis pas jaloux de mes ennemis, même lorsque je vois leur champs et leur vigne grandir, je m’en réjouis car j’ai la certitude que s’il en est ainsi pour ceux qui irritent Hachem, à fortiori pour ceux qui accomplissent sa volonté.

Même dans les moments où le roi David entend que l’on guète sa mort, ou lorsqu’il constate la réussite et la richesse de ses ennemis, il ne s’en attriste pas et il reste joyeux, car il voit la chose d’un œil positif, l’intention dirigée vers Hachem, ou déduire à fortiori qu’il méritera lui aussi beaucoup de bonté.

En général, l’homme est susceptible d’être triste à cause de la jalousie ou de la colère vis-à-vis de sa situation par rapport à celle des autres, que ce soit au niveau de sa santé, de sa situation matérielle, de sa position sociale, et il dit dans un tel cas : « Je ne peux pas me réjouir ».

Mais si nous apprenons du roi David, qui – même dans une situation où il est  censé être triste – voit sa situation d’un point de vue positif et dit « je me réjouis » ou bien « tu as donné de la joie dans mon cœur », une joie qui émane de la foi que ceci n’est que la volonté d’Hachem, que cette situation n’est que provisoire, il guète et prie pour des temps meilleurs. Ou bien cette joie émane de l’observation du reste des bontés d’Hachem envers lui.
En apprenant tout cela du roi David, l’homme ne peut que se réjouir et remercier Hachem en permanence pour chaque respiration durant toute l’année!
A fortiori lors de la fête de Soukkot où il y a un devoir explicite dans la Torah de se réjouir, l’homme doit extirper de lui tout sentiment de tristesse, il doit dominer les sentiments négatifs de la jalousie et de la colère, observer toutes les bontés d’Hachem envers lui, chasser tous les sentiments qui empêchent la véritable joie, et accomplir le devoir de « Tu te réjouiras dans ta fête » dans la pratique, conformément à la Halacha.

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