Halacha pour vendredi 24 Av 5780 14 août 2020

Pour l'élévation des âmes de:
Désiré Ya’akov Ben Sa’ida BENSOUSSAN z’’l anciennement de Lyon 
Mordé’haï Ben Sim’ha OHAYON z’’l
Odelia Bat Esther (DRAY, fille de Mme Marciano z’’l de Lyon)
Mme Sarah Bat Ra'hma AMAR z"l de Lyon
Mme Esther Bat 'Hassiba EL BAZ z"l de Lyon
Louis Avraham Ben Israël SAURA z''l (de Lyon)
Mme Esther Bat Sa'ouda MARCIANO z"l de Lyon
Marco Its’hak Ben Dolly Dandouna Ha-Cohen z’’l
Dan Shlomo Ben Joël Yossef z’’l
Rabbi Its’hak Ben Yehouda (Rabbin Elhadad de Lyon) z’’l

Pour la guérison totale et rapide de:
Betty Rivka Bat Sultana
Sylvie Mazal Esther Bat Régine 'Haya Sim'ha (PITOUN)
Ethan Chlomo Ben Yoni
Jacques Jacky Yaakov ‘Haïm Ben Odette Esther (Benadiba) de Lyon,
parmi tous les malades d'Israël Amen.

Divré Torah sur Réé

Par le Rav David A. PITOUN

          1.   La Bénédiction et son contraire : « La balle est dans ton camp !! »

« Regarde ! Je place devant vous aujourd’hui, la Bénédiction et la Malédiction. » (Devarim 11-26 premier verset de notre Parasha)

Le peuple d’Israël n’est pas géré de la même façon que les autres nations.
Il n’est pas soumis aux règles de la nature, et il ne connait pas de chemin intermédiaire entre la Bénédiction et la Malédiction, comme les autres nations.
Un seul choix se présente au peuple d’Israël:

  • La Bénédiction, c'est-à-dire, le sommet de la réussite dans tous les domaines, la santé, la richesse, les honneurs et le pouvoir.
  • La Malédiction, c'est-à-dire la descente vers les niveaux les plus bas de la condition humaine.

Si Israël marche dans les voies d’Hashem, la Bénédiction sera leur part quotidienne, et ils atteindront les plus hauts niveaux de la réussite, au sens le plus large du terme.
Si - ‘Hass Veshalom (qu’Hashem nous en préserve) – ce n’est pas le cas, ils tomberont dans les bras de la Malédiction, et ils seront les êtres les plus méprisés parmi les nations.

Il n’existe pas de voie intermédiaire pour Israël!!

Histoire

La Guemara Kétoubot (66b) raconte:
Un jour, Rabban Yo’hanan Ben Zakaï chevauchait son âne et sortait de Jérusalem, accompagné de ses élèves.z
Il aperçut une jeune femme qui ramassait des grains d’orge parmi les excréments des animaux appartenant aux arabes.
Rabban Yo’hanan Ben Zakaï s’adressa à la jeune femme :

  • « Qui es-tu? »
  • « Je suis la fille de Ben Kalba Saboua’ (qui était un des hommes les plus riches de Jérusalem avant le destruction du 2ème Temple. Voir Guémara Guittin 56a) »

Rabban Yo’hanan Ben Zakaï se tourna vers ses élèves et leur dit:
« Je me souviens du jour où j’ai signé moi-même la Kétouba de cette jeune femme, et il y avait écrit la somme suivante : des milliers de Dinars en or comme dote de la maison de son père, sans compter ce qu’elle reçut de son beau père !! »

Rabban Yo’hanan Ben Zakaï se mit à pleurer et dit:
« Israël est un peuple heureux ! Lorsqu’ils accomplissent la volonté d’Hashem, aucune nation ne peut les vaincre, mais lorsqu’ils n’accomplissent pas la volonté d’Hashem, Hashem les place entre les mains de la nation la plus basse, et non seulement entre les mains de la nation la plus basse, mais il les place avec leurs animaux!! »

Une question est posée sur cette histoire:
Pourquoi Rabban Yo’hanan Ben Zakaï s’exclame-t-il en disant : « Israël est un peuple heureux ! » au moment où il fait le constat de l’état catastrophique du peuple d’Israël?

Mais en réalité, Rabban Yo’hanan Ben Zakaï réalise - en voyant cette image - que le peuple d’Israël n’est réellement pas soumis aux règles de la nature, mais uniquement à la seule bienveillance Divine.
Combien de nations ont été persécutées, pourchassées, soumises à l’autorité d’autres nations, mais aucune n’a atteint un niveau aussi bas, comme le fait que la femme la plus riche du peuple se rabaisse à ramasser des grains d’orge parmi les excréments des animaux, pour rassasier sa faim.
C’est donc le signe le plus révélateur que le peuple d’Israël n’est pas géré de façon naturelle, et c’est justement son plus grand bonheur, car sinon, d’où leur vient leur capacité à survivre – au moins en tant que « petit peuple » parmi les grandes et fortes nations qui l’entourent et qui l’oppressent ?!
S’il est donc vrai que le peuple d’Israël ne doit pas sa survie aux règles de la nature, mais uniquement à la seule volonté d’Hashem, l’espoir est grand que lorsqu’ Israël décidera de faire Téshouva, de se repentir sincèrement, ils retourneront vers le sommet de leur ascension, vers le sommet de la Bénédiction et de la réussite, comme le veut Hashem.

Israël est donc un peuple heureux pour avoir mérité un tel sort privilégié!!!      

          2.   La bénédiction et son contraire : question de calendrier!

Le verset dit: « Regarde ! Je place devant vous aujourd’hui, la Bénédiction et la Malédiction. »
Le Ben Ish ‘Haï fait remarquer que le mot « Aujourd’hui (Ha-Yom) » peut paraître superflu, et le texte pouvait aussi bien dire: « Regarde ! Je place devant vous
la Bénédiction et la Malédiction. »

Il répond qu’il y a - dans le calendrier juif - essentiellement 5 jours de Yom Tov ordonnés par la Torah : Rosh Hashana (on considère les 2 jours comme un seul) ; le 1er jour de Soukkot ; le jour de Shemini ‘Atseret ; le 1er jour de Pessa’h (le dernier n’est pas une nouvelle fête) ; le jour de Shavou’ot.
Si Israël respecte scrupuleusement ces 5 jours de fête, ils seront épargnés de 5 autres jours de malheurs:
Le jeûne de Guedalya (3 Tishré) ; le jeûne du 10 Tevet ; le jeûne du 17 Tamouz ; le jeûne du 9 Av ; le 10 Av (jour où la majeure partie de la zône la plus sainte du Temple – le Saint des Saints - brûla).

C’est ce que veut dire le verset:
« Regarde ! Je place devant vous aujourd’hui, la Bénédiction et la Malédiction. »
Le mot « aujourd’hui » se dit en Hébreu « Ha-Yom ».
Or, la lettre « Hé » a pour valeur numérique (Guematriya) le chiffre 5.

Ce qui veut dire: Je place devant vous 5 jours, qui peuvent être aussi bien la Bénédiction que son contraire.

          3.   La faute et l’intellect

« Observe et écoute toutes ses paroles… » (Devarim 12-28 milieu de notre Parasha)

Le saint Or Ha-‘Haïm explique ce verset par les propos du Zohar Ha-Kadosh (tome 3 page 193) :
Une personne qui commet (régulièrement) des fautes, verra les portes de la connaissance de la Torah se fermer devant lui.

D’autre part, il est rapporté dans le Shoul’han ‘Arou’h du ARI Zal (règles relatives à l’étude de la Torah):
Les portes de la compréhension des paroles de la Torah sont représentées par les difficultés qui se dressent devant l’homme dans la compréhension de la Torah. Ces difficultés sont le secret des Kélipot (écorces) produites par ses propres ‘Averot (fautes).

Explication:
Lorsque l’on rencontre des difficultés à comprendre et à admettre certains textes ou certaines lois de la Torah, lorsqu’on a du mal à comprendre ce que l’on apprend dans la Torah, cela provient seulement des fautes que l’on commet.
Ces fautes créent une écorce autour de notre Néshama et l’empêchent de comprendre la Torah.

Certaines personnes encore éloignées du judaïsme ont d’énormes difficultés à comprendre et surtout à admettre des notions fondamentales de la Torah.
Ces gens se heurtent à des réflexions qui les mènent souvent à la révolte envers la Torah.

Cette révolte n’est due qu’à leur manque de pratique des Mitsvot, ou plus précisément à leurs transgressions nombreuses et régulières.

La compréhension de la Torah passe par une vigilance et une prise de conscience vis-à-vis de nos fautes. La connaissance de la Torah ne peut pas cohabiter avec une personnalité entachée de régulières transgressions des plus grossières et des plus graves de la Torah.

C’est donc ce que veut nous dire ce verset:
« Observe – mets les Mitsvot en pratique et détache-toi de tes régulières transgressions.
« …et écoute toutes ces paroles… » - A ce moment-là, tu seras en mesure d’écouter et de comprendre la Torah.

Avant de s’acharner contre la Torah et de remettre en doute l’authenticité de son message sous prétexte qu’il ne nous semble pas logique, nous devrions plutôt revoir notre comportement et commencer par prendre l’engagement à être plus scrupuleux des Mitsvot, en étant très vigilants sur les régulières transgressions que nous commettons. Alors s’ouvriront à nous les portes de la connaissance et toutes nos interrogations disparaîtront.       

          4.   Quand la chrétienté redoute d’être démasquée (La Torah et la censure)

S'il s'élève au milieu de toi un prophète ou un visionnaire, t'offrant pour caution un signe ou un miracle; quand même s'accomplirait le signe ou le miracle qu'il t'a annoncé, en disant: " Suivons des dieux étrangers (que tu ne connais pas) et adorons-les " Tu n'écouteras pas les paroles de ce prophète ou de ce visionnaire ! Car Hashem, votre D., vous met à l'épreuve, pour constater si vous l'aimez réellement de tout votre coeur et de toute votre âme.
Pour ce prophète ou ce visionnaire, il sera mis à mort, parce qu'il a prêché la révolte contre Hashem votre D. qui vous a tirés du pays d'Egypte et racheté de la maison de servitude, voulant ainsi t'écarter de la voie que Hashem ton D. t'a ordonné de suivre; et tu extirperas le mal du milieu de toi.
(Devarim 13-2 et suivants)   

« S'il s'élève au milieu de toi un prophète… » 

le Ba’al Ha-Tourim explique que le mot « au milieu de toi » ( « Békirbé’ha ») a la même valeur numérique que les mots « ceci désigne la femme » (« Zo Ha-Isha ») qui donne le nombre 324.
De nombreux commentateurs se heurtent à cette explication du Ba’al Ha-Tourim sans pouvoir la comprendre.

Le Gaon Rabbi ‘Akiva EIGUER z.ts.l rapporte que de l’époque du Ba’al Ha-Tourim (époque médiévale), les chrétiens multipliaient toutes sortes de tentatives afin d’endoctriner les juifs à reconnaître que la religion chrétienne était la vraie religion. Ils n’hésitaient pas à chercher des allusions dans la Torah elle-même pour prouver que celui qu’ils considèrent comme leur messie (que son nom et son souvenir soient effacés !) devait naître miraculeusement d’une mère juive.

Le Ba’al Ha-Tourim veut donc répondre à leur sottise à partir des propres paroles de notre Torah.
En effet, le texte nous parle ici d’un faux prophète qui entraînera Israël à aller servir d’autres dieux, autrement dit, à aller pratiquer une autre religion. Or, les mots « au milieu de toi un prophète » (« Békirbé’ha Navi ») du début de notre verset, ont la même valeur numérique que les mots
« C’est la femme et son fils » (« Zo Ha-Isha Ou-Béna ») qui fait 387.
La censure chrétienne avait à l’époque effacé les mots « et son fils » du commentaire du Ba’al Ha-Tourim, ce qui sortit l’explication de son contexte et la rendit incompréhensible.        

Toute chose figure dans la Torah, même la preuve de la plus grande supercherie que ce monde a connue, et que l’on nomme la chrétienté!!  

Shabbat Shalom

Rédigé et adapté par Rav David A. PITOUN France 5774

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