Halacha pourlundi 27 Tammuz 5780 juillet 19 2020

« Depuis la destruction du Temple, le Chamir n’existe plus » - La réprimande constructive

Question: Je désire savoir est-ce qu’une personne qui prononce un discours de Torah en public est autorisé à citer des actions négatives et graves commises par le peuple d’Israël, afin d’éveiller l’attention des auditeurs? Ou bien y a-t-il en cela une mise en accusation du peuple d’Israël?

Réponse (de notre ami le Gaon Rabbi Gad YAZDI Chlita, élève de notre maitre le Rav z.ts.l):
La Guémara Yébamott (49b) enseigne que lorsque le prophète Yécha’ya s’est enfui devant la menace du roi Ménaahé, il prononça un Nom Sacré et s’introduit miraculeusement à l’intérieur d’un cèdre. Les hommes de Ménaché scièrent l’arbre et lorsque la scie arriva à la bouche de Yécha’ya, il expira son âme.
La Guémara explique qu’un tel châtiment arriva à Yécha’ya parce qu’il dénigra un jour le peuple d’Israël en disant à Hachem : « Je siège au sein d’un peuple dont les lèvres sont impures » (Yécha’ya 6-5).
Rachi explique qu’il fut châtié parce qu’il qualifia - de sa propre initiative - le peuple d’Israël d’être un peuple « aux lèvres impures ». Rachi ajoute que Yécha’ya ne prononça pas ces propos par désire de réprimande.
Cela signifie que si Yécha’ya s’était adressé à Israël en parlant ainsi dans un but de réprimande, il n’aurait pas été châtié.

Nous apprenons des propos de Rachi que si l’orateur dit des choses dures dans le but de réprimander le public, il lui est permis de le faire.
C’est ce qu’écrit le Méïri, dont voici les termes:
« On doit toujours avoir la vigilance de ne jamais dire la critique de son prochain … etc … » C'est-à-dire, lorsque ce n’est pas dans un but de réprimande.
C’est ainsi qu’expliquent également d’autres décisionnaires médiévaux, comme Rabbénou Avraham Min Hahar (de Montpellier), et le RIVAN.

Le MAHARAL de Prague ajoute dans ses commentaires que même si les prophètes disaient des choses dures à Israël, malgré tout, lorsqu’ils parlaient à Hachem ils ne disaient pas de choses négatives à l’égard d’Israël, et le prophète Yécha’ya s’adressa à Hachem de manière négative vis-à-vis d’Israël, c’est pourquoi il fut châtié.

Les propos du MAHARAL semblent converger vers les commentaires de Rachi et du Méïri, selon lesquels il ne faut pas dire la critique du peuple d’Israël, sauf dans un but de réprimande constructive, et ces propos de réprimande ne doivent être adressés qu’au peuple d’Israël. Mais lorsqu’on parle ou l’on prie Hachem, il faut au contraire prendre la défense du peuple d’Israël.

Cependant, les premières générations ne sont pas comparables aux générations récentes, et les gens qui étaient capables de réprimander constructivement ne sont pas comparables à ceux des dernières générations qui « s’improvisent l’aptitude à réprimander », et ceci nécessite de s’étendre davantage sur le sujet, mais nous nous contenterons de citer les propos du Gaon auteur du Haflaa dans son livre Panim Yaffott (fin de Yitro) qui écrit des choses merveilleuses sur ce sujet:
« Il est vrai que le Tana nous enseigne (Avot 4-10) : « Sois très humble devant tout homme », cependant, il y a un temps pour tout lorsqu’il s’agit de ramener les gens au repentir de leurs fautes, de rapprocher les gens éloignés, et de retirer le cœur de pierre de leur chair. Ce principe est illustré par un verset des Téhilim (31-25):

« Soyez forts et que votre cœur soit courageux, vous qui espérez en Hachem. », cela signifie qu’il faut se renforcer et se tenir devant ces gens comme une solide muraille, comme Hachem mit en garde le prophète Yermiya, de les combattre et de briser les rochers et l’embuche de leur cœur.

Mais malgré tout cela, à D.ieu ne plaise, il ne faut surtout pas éveiller la rigueur divine sur eux, comme on le constate auprès du prophète Yécha’ya qui fut châtié parce qu’il dit « Je siège au sein d’un peuple dont les lèvres sont impures ».
De même pour le prophète Hocheya’.
Et même si l’on doit leur parler durement et leur faire savoir les graves châtiments, il faut peser ses paroles intelligemment.

Cette notion est allusionnée dans l’enseignement de nos maitres dans une Michna de la fin du traité Sotta (48a):
« Depuis la destruction du Temple, le Chamir et le nectar de miel n’existent plus ». Le Chamir était un vers qui avait la capacité de fendre et de découper la pierre sans intervention du métal, en le plaçant sur les pierres et celles-ci se fendaient d’elles mêmes.
Ceci est une allusion à une réprimande dévoilée et un amour caché, lorsque le Rav informe le peuple des châtiments, mais tout en ayant la vigilance de ne pas éveiller la rigueur divine sur lui, à l’instar du Chamir qui était à la fois très puissant, mais qui pourfendait sans toucher comme le métal.

Il existe encore une autre manière pour introduire les propos de la réprimande dans le cœurs des auditeurs, en adoucissant les propos de moral avec des enseignements de Torah accompagnés de commentaires et d’explications, qui sont plus doux que le miel ou que le nectar de miel. Par l’aspect agréable et la douceur de la Torah, ils accepteront les choses dures et la morale puissante que la Torah contient en elle, comme le font les médecins lorsqu’ils veulent administrer des médicaments forts et amères à un malade, en y mélangeant des ingrédients doux, afin que le médicament soit agréable à consommer.

Mais nos maitres ont malgré tout enseigné (‘Ara’hinn 16b):
« Je serais étonné s’il reste encore dans notre génération quelqu’un sachant accepter la réprimande, ainsi que quelqu’un sachant réprimander »
Ceci correspond à l’enseignement de nos maitres selon lequel « Depuis la destruction du Temple, le Chamir et le nectar de miel n’existent plus », ce qui signifie : aussi bien par des choses dures comme le Chamir qui fendait la pierre, aussi bien par des choses agréables comme le nectar de miel, personne ne sait réellement réprimander. » Fin de citation du Haflaa.

Ainsi, nous avons vu auprès de notre maitre le Gaon et Richon LéTsion Rabbénou Ovadia YOSSEF z.ts.l, la manière avec laquelle il rapprochait le peuple avec amour et affection, et ce n’est que très rarement qu’il sortait de sa nature aimante, en disant parfois des propos très durs envers des gens mal attentionnés qui persécutent la Torah et ceux qui l’étudient. Mais envers l’ensemble du peuple d’Israël, il parlait toujours de façon agréable, et il citait toujours ce verset à ce propos:
« Les propos des sages s’entendent dans le calme », Ce qui signifie que c’est uniquement lorsque les propos sont prononcés calmement et délicatement, qu’ils sont entendus par le public.

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