Halacha pour mardi 10 Sivan 5780 2 juin 2020

Pour l'élévation de l'âme de:
André Avraham Ben Ma'hlouf TAÏB z"l de Lyon (France)

Marco Its’hak Ben Dolly Dandouna HaCohen z’’l

La sainteté de la synagogue – L’épidémie du Korona

Ces derniers temps, nous avons le mérite – Barou’h Hachem - de retourner progressivement prier dans les sanctuaires d’Hachem, les synagogues et les maisons d’étude. Nous devons donc méditer sur le respect de la sainteté de la synagogue, et enseigner le lien qui existe entre l’épidémie et le mépris de la sainteté de la synagogue.

Il est enseigné dans la Guémara Méguila (28a):
Nos maitres enseignent: On ne doit pas se comporter avec légèreté dans les synagogues.
Il est expliqué dans cette même Guémara ainsi que dans le Choul’han ‘Arou’h (chap.151) qu’est incluse dans ce cadre de « légèreté », une conversation futile dans la synagogue, et nous voulons particulièrement dénoncer de véritables conversations futiles comme la politique ou l’actualité des amis etc … qui constituent les véritables conversations futiles interdites à la synagogue selon tous les avis (même pour toute autre conversation futile, il est juste de se montrer vigilant sur ce point, car le Péri Mégadim et le Réchitt ‘Ho’hma interdisent selon le Din toute parole futile dans la synagogue).

Il est rapporté dans de saints livres que la « parole » (« Dibour » en hébreu, qui s’écrit דיבור avec les lettres Dalet, Youd, Beit, Vav, Rech) dans la synagogue pendant la prière et les supplications, comporte 2 lettres du Nom Divin, la lettre « Youd » et la lettre « Vav », et lorsqu’on prononce des propos futiles à la synagogue, ces 2 saintes lettres sortent du mot « Dibour » (דיבור) et restent uniquement les lettres qui forment à présent le mot « Déver » (דבר) (qui désigne la « peste » ou toute autre maladie grave et contagieuse) ‘Hass Véchalom, qui est le sujet de l’épidémie.

Il est de notoriété qu’il y a environ 80 ans, lorsque de terribles malheurs s’étaient abattus sur notre peuple, on demanda à deux Guéonim et Tsaddikim pourquoi toutes les prières adressées à Hachem n’avaient pas suffi pour sauver notre peuple ? Et ces deux Guéonim et Tsaddikim – le Gaon auteur du « Imré Emet » de Gour et Rabbi Israël ABI’HTSIRA (Baba Salé) z.ts.l – répondirent que la raison était le manque de respect vis-à-vis de la sainteté des synagogues (nous ne sommes pas en train d’expliquer les terribles malheurs qui se sont produits, mais uniquement la raison pour laquelle les prières n’ont pas épargné notre peuple des décrets d’extermination).
Rabbi Israël ABI’HTSIRA ajouta qu’en Erets Israël et dans tout endroit où le tyran ne réussit pas à mettre le pied, le sauvetage a été par le mérite des prières, car les gens étaient vigilants vis-à-vis de la sainteté de la synagogue.

Cela signifie que les bavardages à la synagogue empêchent les prières d’être acceptées devant Hachem.

Cette notion se retrouve explicitement dans un verset du livre de Ei’ha (3-44), au sujet des prières adressées par nos ancêtres afin d’être épargnés des malheurs au temps de la destruction du Temple:
« Tu as étendu un nuage pour ne pas que la prière passe ».
Comme ci – d’une certaine manière – Hachem avait étendu un nuage épais afin de faire séparation entre Lui et son peuple Israël, pour ne pas entendre leur prière.
Le Gaon Rabbi Yéhonatan EIVCHITZ explique dans son livre Yé’arott Dévach (Darouch 5) que le « nuage » dont il est question dans le verset est créé à partir des vapeurs qui sortent de l’haleine de l’homme, en particulier lorsqu’il bavarde à la synagogue au moment de la prière, car cette haleine crée un nuage qui nous sépare d’Hachem.

Par conséquent, il faut faire remontrance à quelqu’un qui bavarde à la synagogue au moment de la prière, car son bavardage gêne la prière de l’assemblée et empêche son acceptation devant Hachem.
C’est ainsi qu’écrit le Vavé Ha-‘Amoudim (le fils du Chla Ha-kadoch) au sujet de celui qui prie dans une synagogue où les gens bavardent au moment de la prière, les prières montent dans les hauteurs en étant salies par des fautes, et ne sont pas favorablement acceptées, car « le défenseur ne peut être l’accusateur ».

Durant les années 5408 et 5409 (1648 et 1649), de terribles malheurs frappèrent le peuple d’Israël, lorsque des milliers de notre peuple en Europe furent conduits à l’abattoir et vers toutes sortes de morts atroces, comme rapporté dans les livres, où l’on a égorgé des bébés dans les bras de leurs mères, et de nombreuses autres horreurs impassables, des morts atroces où périrent un grand nombre de notre peuple dans les mains des tyrans, que leur nom soit effacé!
L’horreur atteint son paroxysme avec le meurtre du saint Rabbi Chimchon de OSTROPOLI assassiné par un Cosaque alors que le Rav avait les Téfilin à sa tête.
Il y avait en ces temps de nombreuses personnes qui étudiaient la Torah et servaient Hachem avec innocence, et beaucoup d’entre eux demandèrent:
« Quel est ce malheur qu’Hachem nous envoie ?! »
Des raisons aux châtiments ne manquent pas, mais pourquoi les prières n’ont pas le pouvoir de nous épargner?!

Il est rapporté dans les livres que les raisons à tous ces décrets ne furent pas connues, jusqu’au moment où se leva un homme efficace, le Gaon Rabbi Yom Tov LIPPMAN HELLER, auteur du Tossafot Yom Tov, et il multiplia les jeûnes et les supplications devant Hachem afin de savoir la raison à ces drames. On lui répondit dans un rêve que les prières ne furent pas acceptées pour les sauver du décret, car les gens bavardaient au moment où l’assemblée prie à la synagogue.

Les saints livres s’étendent longuement sur la gravité de cet interdit.
Le Zohar Ha-Kadoch cite des choses terribles sur lesquelles nous ne pourrons pas nous étendre, mais il en ressort de façon essentiel que nous devons nous renforcer sur ce point, et en particulier en ce moment.

Lorsque notre maitre le Rav z.ts.l était en visite aux Etats-Unis, il fit un discours dans différents endroits sur le fait que dans plusieurs synagogues ils avaient malheureusement l’usage de bavarder pendant la prière, et particulièrement pendant la lecture de la Torah. Dans certains endroits, les bavardages étaient tellement forts que cela devenait un véritable ‘Hilloul Hachem (profanation du Nom d’Hachem), et cela ressemblait à des abeilles dans une ruche. On avait même des difficultés à entendre le ‘Hazzan.
Les Rabbanim et toutes les personnes qui craignent Hachem en tout endroit ont l’obligation de mettre définitivement fin à ces bavardages scandaleux.

Qu’Hachem nous guide dans le chemin de la vérité et qu’il entende nos prières, Amen.

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