Halacha pour dimanche 8 Sivan 5780 31 mai 2020

Pour l'élévation des âmes de : André Avraham Ben Ma'hlouf TAÎB z"l de Lyon
Mme Sarah Bat Ra'hma AMAR z"l de Lyon
Mme Esther Bat Sa'ouda MARCIANO z"l de Lyon
Mme Esther Bat 'Hassiba El baz z"l de Lyon

Frapper autrui – Histoire avec le Rav CHTEINMAN z.ts.l

Question: Est-il exact que celui qui a frappé son prochain ne peut plus compter dans le Minyan, même s’il s’est repenti?

Réponse: Il est enseigné dans la Guémara Sanhédrin (58b):
Toute personne qui lève la main sur son prochain, est qualifiable de « Racha’ » (impie), et son acte représente un interdit gravissime.

Notre maitre le RAMA écrit dans l’une de ses notes sur le Choul’han ‘Arou’h (‘H.M chap.420-1), en ces termes:
Certains décisionnaires disent qu’il existe une très ancienne mise en ‘Herem (décision d’excommunier) sur quiconque lève la main sur son prochain, et cette personne nécessite une levée de ce ‘Herem pour être compter désormais dans le Minyan.

Cela signifie que le fait de frapper son prochain est si grave que nos maitres de l’ancien temps ont décrété un ‘Herem sur toute personne qui lève la main sur son prochain, et cette personne est soumise au statut du « ‘Herem » dont la conséquence immédiate est l’interdiction d’être comptée dans un Minyan à la synagogue.

Si cet homme ayant frappé son prochain accepte de se présenter devant un Beit Din (tribunal rabbinique) afin d’être jugé sur ses actes, le RAMA écrit (ibid.) que dans ce cas il faut lever immédiatement le ‘Herem, puisqu’il accepte les lois de la Torah, et il sera permis dès cet instant de le compter dans le Minyan. Ceci, même si la victime s’y oppose.
Tel est l’avis d’autres grands décisionnaires, comme Rabbénou ‘Haïm BENBENICHTI dans son livre Kénéssett Ha-Guédola (notes sur le TOUR, note 12, ainsi que dans son livre Chou’t Ba’é ‘Hayé vol.1  chap. 235).
C’est ainsi que tranche également le ‘Aro’h Ha-Choul’han (prg.2).

Notre ami le Gaon Rabbi Gad YAZDI Chlita fut consulté au sujet d’un homme qui a frappé son ami en plaisantant, en le frappant sur le dos ou autre, comme c’est malheureusement l’usage dans certains endroits.
Le Rav YAZDI a répondu que dans un tel cas, il est probable qu’il n’y a pas d’interdit, et il est certain que cet homme ne doit pas être mis en ‘Herem, comme l’écrit le RAMBAM (chap.5 des règles relatives aux dommages corporels et matériels règle 1).

Cependant, dans la pratique, le Rav YAZDI ajoute que même dans le cas où l’homme a véritablement frappé son prochain, le Gaon Rabbénou Yossef ‘HAÏM z.ts.l – auteur du Ben ‘Haï – cite dans son livre Chou’t Rav Pé’alim (vol.2 sect. O.H fin du chap.11) les propos du Gaon Rabbi ‘Haïm FALLAG’I dans son livre Roua’h ‘Haïm (Y.D chap.334 note 18) selon lesuqles, si l’agresseur n’accepte pas le jugement de la Torah (par le Beit Din), on ne doit pas lever le ‘Herem et il ne doit pas être compté dans le Minyan, même s’il n’a pas été excommunié concrètement (par le Beit Din), et ceci est clair. Fin de citation du Roua’h ‘Haïm.
Sur cela, Rabbénou Yossef ‘HAÏM ajoute:
« Ce comportement est malheureusement fréquent et malgré tout, nous n’avons pas constaté que les Grands Sages des générations précédentes en tout endroit aient pris la peine de lever le ‘Herem d’un homme ayant frappé son prochain afin de le compter dans le Minyan, et il est certain que la levée des vœux et des mises en ‘Herem que l’on a l’usage de réaliser la veille de Roch ‘Hodech Eloul, ainsi que la veille de Roch Ha-Chana et la veille de Yom Kippour est effective ce type de situation, car les Rabbanim qui procèdent à cette levée pensent également à ces situations. Il est également certain que cet ancien ‘Herem émis par nos maitres des anciennes générations à l’encontre de celui qui frappe son prochain, n’est pas connu par la grande majorité du public. »
Fin de citation de Rabbénou Yossef ‘HAÏM.

Le Rav YAZDI en conclut dans la pratique que si l’homme s’est repenti, on doit s’appuyer sur la levée des vœux (et ‘Herem) de la veille de Roch Ha-Chana et veille de Yom Kippour, et il sera désormais permis de le compter dans le Minyan. Mais bien évidement, cet homme devra demander pardon à sa victime.

Le Rav YAZDI ajoute encore au nom de nos maitres les décisionnaires des derniers siècles, au sujet d’un tel homme qui serait désigné pour diriger l’office (‘Hazzan), il est permis de répondre Amen à ses bénédictions (voir Chou’t ’Hatam Sofer sect. H.M chap.182, et ‘Aro’h Ha-Choul’han ibid.).

Lorsqu’un homme demande pardon à son prochain, celui-ci ne doit pas être rigide et exigeant, mais au contraire se montrer souple à pardonner et ne pas être exigeant, en particulier lorsque l’homme qui l’a agressé ou offensé l’a fait sans réelles intentions.

Un jour, dans une Yéchiva de la ville de Kfar Sabba dirigée par le Gaon Rabbi Aharon Leïb CHTEINMAN z.ts.l, quelques minutes avant le début du cours du Rav, un des jeunes étudiant se trouvait encore en dehors de la salle de cours. Son ami – qui se trouvait déjà l’intérieur de la salle - voulut lui faire une farce et décida de fermer la porte (avec le verrou) afin que l’étudiant ne puisse pas entrer dans la salle.
Le Roch Yéchiva lui-même arriva un petit peu en avance sur l’heure du cours et s’apprêta à entrer dans la salle de cours, mais il constata que la porte était verrouillée de l’intérieur. Le jeune étudiant qui se trouvait à l’extérieur de la salle dit à son ami à travers la porte:
« Ouvre vite ! Rabbi Aharon Leïb se trouve ici ! »
L’étudiant de l’intérieur ne fut pas convaincu que c’était vrai, et il pensa que c’était une ruse de son ami afin de le forcer à ouvrir la porte.
Et c’est ainsi que le Gaon resta debout devant la porte de la salle de cours fermée, en compagnie du jeune étudiant durant plusieurs longues minutes sans pouvoir pénétrer dans la salle de cours.

Au bout d’un moment, l’étudiant de l’intérieur qui avait verrouillé la porte compris qu’il était possible que le Roch Yéchiva se trouvait effectivement devant la porte à l’extérieur, et il ouvrit donc la porte, mais il fut pris de panique en constatant qui l’attendait derrière la porte.
Que fit le Roch Yéchiva?
Il détourna immédiatement son visage afin de ne pas voir qui était l’étudiant qui avait verrouillé la porte, et ainsi ne pas lui causé de la honte et de la peine.
Que son mérite nous protège, Amen.

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