Halacha pour mardi 28 Adar 5780 24 mars 2020

Pour l'élévation de l'âme de:
André Avraham Ben Ma'hlouf TAÏB z"l de Lyon (France)

Marco Its’hak Ben Dolly Dandouna HaCohen z’’l

Une personne qui s’impose des rigueurs personnelles et qui est invitée pendant Péssa’h

Question: J’ai l’usage d’observer certaines rigueurs (‘Houmrott) pendant Péssa’h, comme ne consommer qu’un certain niveau de Cacherout par exemple, et je suis invité chez une famille, suis-je autorisé à consommer chez eux?

Réponse: Lorsque quelqu’un a l’usage d’observer certaines rigueurs, mais que ces rigueurs ne sont pas exigées par le Din, comme le fait de ne consommer pendant Péssa’h que les produits d’un organisme de Cacherout précis, ou le fait de ne pas acheter des produits industriels ou autre, ou bien le fait de ne consommer que des « Matsot Chémourott » pendant toute la fête, et il est à présent invité à manger pendant Péssa’h chez des proches ou autres, doit-il s’imposer ses rigueurs personnelles même lorsqu’il est invité - et dans ce cas, il lui sera interdit de consommer dans la vaisselle de ses hôtes puisque les ustensiles sont absorbés du goût des aliments que l’invité s’interdit toujours – ou bien doit-il se montrer souple dans cette situation et agir comme les membres du foyer où il est invité?

Le premier qui a abordé ce problème est notre maitre le RADBAZ (Rabbi David Ben Zimra, il vivait il y a 500 ans à Tsfat en Israël) et il écrit dans une responsa (vol.4) au sujet d’un fait qui s’est produit dans sa ville où certains Rabbanim s’imposaient la rigueur de ne pas consommer la viande abattue par certains Cho’hatim de la ville, car ces Cho’hatim manquaient de vigilance sur certaines règles de la Ché’hita (mais il n’y avait pas de transgression avérée). L’un des chef de familles de la ville invita ces Rabbanim rigoureux à manger chez lui pendant Péssa’h, et les Rabbanim refusèrent de consommer chez leur hôte, en disant qu’il devait d’abord cachériser tous ses ustensiles par Hag’ala (immersion dans l’eau bouillante), car il avait cuisiné dans ces ustensiles de la viande provenant de l’abattage des Cho’hatim soupçonnés de manque de vigilance, et selon la rigueur que ces Rabbanim s’imposaient, les ustensiles étaient donc absorbés de goût d’une viande non-Cacher.

Le RADBAZ écrit sur cela que ces Rabbanim ont mal agis en décrétant que les ustensiles de leur hôte n’étaient pas Cacher, et ceci pour diverses raisons.
La première, parce que la plupart des Cho’hatim de la ville abattaient conformément au Din, et de plus, le goût des aliments absorbé dans les parois des ustensiles n’est pas comparable (dans ce cas précis) à l’aliment lui-même. Le RADBAZ ajoute plusieurs autres arguments pour prouver que l’utilisation des ustensiles n’est pas comparable à consommer les aliments eux même.

Le RADBAZ poursuit en disant qu’il y a là un interdit à titre du principe de « ne jamais modifier les choses, à cause de la querelle », cela signifie que lorsqu’il n’y a pas de réelle obligation indispensable – car dans notre cas l’interdit n’était pas prouvé – il ne faut pas causer de querelles ou des changements qui pourraient entraîner de la discorde.
Or, puisqu’il y a dans ce cas plusieurs doutes, il faut se montrer souple, et les personnes invitées à manger chez quelqu’un qui n’observe pas ces rigueurs, sont autorisées à consommer dans la vaisselle de leur hôte.

Le RADBAZ écrit aussi que lui-même avait l’usage de consommer chez d’autres gens, même s’il s’imposait à lui-même de ne jamais consommer d’aubergines, car il considérait l’aubergine comme un fruit de l’arbre sur lesquels est en vigueur l’interdit de ‘Orla (pendant ses 3 premières années, il est interdit de consommer les fruits d’un arbre, et la plupart des aubergines poussent pendant les 3 premières années), et malgré tout, « je ne m’abstiens pas de consommer chez des gens qui consomment des aubergines de façon certaine, car l’interdit n’est pas clair dans ce cas, puisque certains décisionnaires considèrent l’aubergine comme un fruit de la terre (pour lequel il n’y a pas d’interdit de ‘Orla). Et il ne faut à fortiori pas imposer à ces gens de Cachériser leurs ustensiles et les considérer ainsi comme des ignorants, celui qui désire s’imposer des rigueurs personnelles, n’a qu’à rester chez lui et décliner l’invitation, car son comportement entraînera la discorde, la haine gratuite et le ‘Hiloul Hachem (profanation du Nom Divin). » Fin de citation du RADBAZ.

C’est pourquoi, notre maitre le Gaon et Richon LéTsion Rabbi Its’hak YOSSEF Chlita écrit dans son livre Yalkout Yossef-Péssa’h (chap.453) en ces termes:
« Si quelqu’un s’impose une rigueur précise, et qu’il est invité chez des gens qui s’autorisent la chose, il doit consommer dans leurs ustensiles, et ne doit pas les vexer en refusant de consommer dans leur vaisselle et en leur imposant de la Cachériser au préalable. »

Bien évidemment, les propos du Richon LéTsion Chlita ne concernent que le cas où il n’est pas question de véritables interdits, mais seulement de rigueurs non-exigées par la Halacha.
Par contre, si l’on sait que le maitre de maison n’est pas pointilleux sur les règles de Cacherout, de viande et de lait, ou sur les véritables règles de Péssa’h ou autre, il est certain que l’on ne doit absolument pas consommer chez cette personne, même si cela doit causer une querelle.
L’homme sage est prévoyant et met tout en œuvre pour ne pas arriver à une telle situation.

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