Halacha pour vendredi 24 Adar 5780 20 mars 2020

Pour l'élévation de l'âme de:
André Avraham Ben Ma'hlouf TAÏB z"l de Lyon (France)

Marco Its’hak Ben Dolly Dandouna HaCohen z’’l

Parasha de Vayakhel – Pékoudé - Shabbat Ha-‘Hodesh

Shabbat Ha-‘Hodesh
Le Shabbat qui précède Rosh ‘Hodesh Nissan est surnommé « Shabbat Ha-‘Hodesh ».
On sort 2 Sifré Torah:

  • Dans le premier, on lit la Parasha de la semaine (cette semaine 2 Parashiyot Vayakhel et Pekoudé)

  • Dans le deuxième nous lisons le passage de « …Ha-’Hodesh Hazé… » dans Parasha de Bo. On lira ensuite la Haftara de Shabbat Ha-‘Hodesh (et non celle de Pékoudé)

1.  Vayakhel

Un don: qualité ou quantité?

Les princes amenèrent les pierres de Shoham, ainsi que les pierres à insérer pour le Efod et le Pectoral.(Shemot 35-27)

Le Choham est une pierre précieuse.
Le Cohen Gadol portait sur sa poitrine, le Pectoral (‘Hoshen) avec le Efod, dans lequel étaient insérées 12 pierres précieuses.

Les matériaux de grandes valeurs étaient d’une grande nécessité dans le Mishkan.
L’or, l’argent, les précieuses étoffes, ainsi que les pierres précieuses.
Mais ce qui était le plus précieux dans le Mishkan, c’était les fameuses pierres du Efod, que portait le Cohen Gadol sur sa poitrine.

C’est justement ce qui éveille l’étonnement.

Pourquoi la Torah mentionne t-elle, en dernière position, la contribution la plus importante pour le Mishkan, à savoir ces fameuses pierres du Efod, que les princes des 12 Tribus d’Israël, ont offerts personnellement ? Au contraire, il aurait été plus logique qu’une contribution aussi importante, occupe la première place dans l’ordre de citations des diverses contributions matérielles offertes au Mishkan?!

En réalité, cette remarque a déjà été retenue par l’un de nos plus grands commentateurs, l’auteur du OR HA‘HAÏM (Rabbenou ‘Haïm BEN ‘ATAR z.ts.l Israël 18ème siècle).
Il explique cette ambiguïté, au moyen d’un enseignement du Midrash, dans lequel on demande : Comment les Princes des Tribus se sont-ils procurés des pierres aussi précieuses, dans le désert, endroit ou rien ne pousse ? Et le Midrash répond grâce à un verset de Mishlé (chap.25) :
« Des nuages et du vent, mais point de pluie ! Tel est l’homme qui fait grand bruit de ses dons illusoires. »
Or, dans ce verset, le terme qui désigne « les nuages », est « NESSIIM », le même terme que l’on utilise pour désigner « les Princes d’Israël ».
Voici donc le sens du verset de notre Parasha.
Les Nessiim (les princes) amenèrent les pierres … Les « Nessiim » dont il s’agit ici, représentent les nuages protecteurs qui accompagnaient les Béné Israël en permanence.
Ce sont donc ces nuages qui apportèrent – de façon miraculeuse – les pierres précieuses aux portes des tentes des Princes de Tribus, qui les offrirent ensuite au Mishkan.

Selon cette idée, le Saint OR HA’HAÏM poursuit en disant que c’est justement pour le fait de ne pas s’être investis dans l’effort de la Mitsva de contribuer au Mishkan, que leur contribution n’est citée qu’en dernier, parmi les contributions au Mishkan.
Tout ceci, uniquement parce qu’Hashem n’évalue pas le don selon sa taille, mais uniquement selon l’effort investit par le donateur.

Les Princes de Tribus ont quand même bénéficiés d’un miracle considérable, puisqu’il n’est pas donné à chacun que l’on fasse parvenir des pierres précieuses jusqu’à sa porte ! Il est évident qu’ils n’ont bénéficiés d’un tel miracle uniquement grâce à leur grande droiture aux yeux d’Hashem.
Malgré tout, dans le domaine de l’importance des donations pour le Mishkan, une telle contribution - sans effort de la part du donateur – est considérée par Hashem comme la moins importante.

C’est pour cette raison qu’à plusieurs reprises, la Torah a rattaché la générosité à la pensée du cœur, car aux yeux d’Hashem, la générosité est indissociable du cœur.
Nous savons qu’en général, on est toujours plus attaché à une chose qui nous appartient – même si elle est sans prétention particulière – plutôt qu’à une chose d’une plus grande valeur matérielle, mais qui ne nous appartient pas (Rotsé Adam Bekab Shelo, Yoter Mishné Kabim Shel ‘Havero).
Ceci s’explique tout simplement par le fait que la personne a travaillé et qu’elle s’est investit dans ce qui lui appartient.
L’investissement de sa personne, crée un lien sentimental entre l’individu et ce qui lui appartient. Il va en prendre soin, et il lui sera difficile de s’en séparer.

C’est la raison pour laquelle, les Béné Israël qui s’étaient tellement investis pour donner leurs contributions matérielles au Mishkan, attachaient une importance particulière à leurs donations, et c’est ce qui à fait mériter à leurs contributions d’être citées en tout début, avant même celles des Princes de Tribus.

Nous en déduisons une règle fondamentale dans l’accomplissement des Mitsvot.

On ne doit pas dire à son ami : « Voici de l’argent, achète pour moi un Loulav. » ou bien « Voici de l’argent, achète pour moi le nécessaire pour Shabbat. »
Au contraire, il faut s’investir nous même dans ces Mitsvot, en l’honneur d’Hashem, et c’est justement lorsqu’on accompli la Mitsva par nous même, qu’elle se valorise à nos yeux.
A ce moment là, même Hashem prendra en considération l’effort que cette Mitsva nous a coûté.

Nous avons constaté cette merveilleuse attitude chez nos maîtres qui se sont toujours investis pour les préparatifs de Shabbat, ainsi que pour l’accomplissement des Mitsvot. Cet investissement personnel les couvrait de la bénédiction pour toute la semaine.

2.  Pekoudé

Que de Tsaddikim!!!!

Voici les chiffres de l’édification du Mishkan, le Mishkan du Témoignage, chiffres établis par Moshé… (Shemot 38-21)

Le Midrash explique que Moshé Rabbenou redoutait les mauvaises langues qui pourraient faire de la diffamation à son égard en prétendant que Moshé Rabbenou aurait détourné une partie des dons matériels offerts par les Béné Israël pour l’édification du Mishkan. C’est pour cette raison qu’il exigea que l’on établisse les chiffres exacts de toutes les quantités des matériaux précieux, offerts par Israël, afin que l’on puisse vérifier que tout avait bien servi à édifier le Mishkan.
Moshé eu raison puisque effectivement, les Bené Israël le soupçonnèrent d’avoir détourné une partie des dons, mais quand Moshé Rabbenbou leur montra les chiffres exacts de tout ce qui avait été offert et qu’il leur fit constater que tout avait été utilisé, les Bené Israël crurent Moshé Rabbenou.

Question
Le Gaon Rabbi Shelomo de RADOMSK demanda:
Comment les Bené Israël purent-ils soupçonner Moshé Rabenou d’une telle chose ? N’ont-ils pas vu Moshé Rabbenou renoncer à l’or et à l’argent lors de la sortie d’Egypte, quand tout le monde ne pensait qu’à prendre possession des richesses d’Egypte alors que Moshé Rabbenou s’occupait de trouver les ossements de Yossef Ha-Tsaddik ensevelis dans le Nil et sans lesquels les Béné Israël ne pouvaient pas quitté l’Egypte?!!

Réponse
En réalité, tous les Béné Israël avaient tous conscience que chaque don offert pour l’édification du Mishkan doit émaner d’un cœur pur et d’une pensée sincère pour l’unique gloire d’Hashem. Le moindre don qui ne provenait pas d’une telle pureté d’esprit, n’avait pas sa place au sein du Mishkan. De ce fait, chacun se dénigrait à ses propres yeux en disant : « Ma contribution matérielle ne méritera certaine pas d’être acceptée dans l’édification du Mishkan ! Comment pourrais-je mériter un tel honneur ?! » Tout le monde allait trouver Moshé Rabbenou en lui demandant quels étaient les dons qui n’avaient pas été acceptés et qui n’avaient donc pas été ajoutés au Mishkan. Ils ne s’apaisèrent que lorsque Moshé Rabbenou leur démontra que tous les dons avaient été acceptés dans le Mishkan, comme une personne qui leur dit: « Vous êtes tous des Tsaddikim, vous avez tous le mérite que l’on accepte votre don pour l’édification du Mishkan ! »

Chabbat Chalom

Dvar Torah rédigé par le Rav David A. PITOUN

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