Halacha pour mardi 7 Adar 5780 3 mars 2020

Pour l'élévation de l'âme de:
André Avraham Ben Ma'hlouf TAÏB z"l de Lyon (France)

Marco Its’hak Ben Dolly Dandouna HaCohen z’’l

La Méguilatt Esther « en grande assemblée » (« Bérov ‘Am »)

Il est une Mitsva de lire la Méguilatt Esther le jour de Pourim en présence d’une grande assemblée, c'est-à-dire, à la synagogue en présence d’un large public, car ainsi le miracle se divulgue davantage, et « c’est en grande assemblée que le prestige du Roi s’exprime » (« Bérov ‘Am Hadratt Méle’h »).

Cependant, les décisionnaires débattent au sujet du cas d’un malade qui ne peut pas sortir de chez lui, et qui demande à 10 hommes de venir chez lui pour qu’il puisse lire la Méguila en présence d’un Minyan (ce qui n’est pas une réelle obligation).
Doivent-ils se rendre chez ce malade, ou est-il préférable qu’il lise seul la Méguila (il est question d’un malade capable de lire la Méguila sur un parchemin, conformément au Din)?
Ce doute prend sa source dans le fait que le malade s’acquitte de son obligation même sans Minyan, alors que les 10 hommes qui se rendraient chez lui, perdraient la Mitsva de la lecture à la synagogue « en grande assemblée ». Cette question a des conséquences sur de nombreux autres cas.

Le Gaon auteur du Michna Béroura (Cha’ar Ha-Tsiyoun chap.687 note 10) écrit au sujet d’un notable qui possède son propre Minyan au quotidien chez lui, malgré tout, lors de la lecture de la Méguila il doit se rendre à la synagogue de la ville afin de lire la Méguila en grande assemblée, car ainsi le miracle se divulgue davantage.
Nous apprenons de là que les 10 hommes qui se rendraient chez le malade pour lire avec lui la Méguila ont un inconvénient car ils ne liraient pas la Méguila à la synagogue.

Mais notre maitre le Gaon et Richon LéTsion Rabbi Its’hak YOSSEF Chlita émet une remarque (Yalkout Yossef-Pourim chap.687) car ici nous sommes face à la Mitsva de « Guémiloutt ‘Hassadim » (pratiquer le bien), et puisqu’il s’agit d’une Mitsva très précieuse, il semble plus juste de renoncer dans ce cas à la Mitsva de lire la Méguila en grande assemblée à la synagogue, et de gagner plutôt la Mitsva de ‘Hessed avec le malade, afin qu’il ne soit pas contraint à lire la Méguila seul.
Il rapporte ce qu’écrit le Gaon auteur du Chou’t Mi’htam LéDavid (chap.15) au sujet d’une assemblée qui vient prier au domicile d’un endeuillé, et ils craignent de renoncer ainsi à la Mitsva de prier à la synagogue (qui est aussi une Mitsva de part elle-même), car ils supposent qu’en venant prier chez l’endeuillé ils accomplissent « une Mitsva qui découle d’une ‘Avéra ».
Le Mi’htam LéDavid écrit à ce sujet: « Sur cela je dis que vous devez être rassurés, car il n’y a pas la moindre crainte d’interdiction ».

Même au sujet de quelque chose de beaucoup plus important, il écrit également que la Mitsva de ‘Hessed est plus précieuse.
En effet, une communauté possédait un seul « set » complet des « 4 espèces » (Loulav) pour toute la communauté, mais la communauté voisine n’avait absolument pas les 4 espèces. Les gens de cette communauté - qui n’avait pas les 4 espèces - envoyèrent un délégué à la communauté voisine afin de leur demander s’ils pouvaient leur emprunter les 4 espèces au moins pendant les jours de ‘Hol Ha-Mo’ed (demi-fêtes) de Soukkot.
Or, si les membres de la première communauté leur donnent les 4 espèces, ils ne les auront pas durant les jours de Soukkot, excepté le 1er jour où ils auront accomplis la Mitsva.
Le Mi’htam LéDavid (chap.6) leur répondit que la Mitsva des 4 espèces pendant les jours de ‘Hol Ha-Mo’ed n’est pas ordonnée par la Torah (seul le 1er jour de la fête est ordonné par la Torah au sujet des 4 espèces), alors que la Mitsva de ‘Hessed est ordonnée par la Torah, et il est certain que l’on n’a pas plus grande Mitsva de ‘Hessed que celle de donner la possibilité à la 2ème communauté d’accomplir la Mitsva des 4 espèces au moins durant une partie de la fête, afin qu’ils ne restent pas complètement oisifs vis-à-vis de la Mitsva des 4 espèces.
C’est pourquoi, il trancha qu’il faut renoncer à la Mitsva des 4 espèces durant ‘Hol Ha-Mo’ed et les envoyer à la communauté voisine.

Sur la base des ces preuves, ainsi que d’autres preuves, notre maitre le Gaon et Richon LéTsion Chlita conclut qu’il faut renoncer dans notre cas à la qualité de la Mitsva de lire la Méguila à la synagogue en grande assemblée, et se rendre chez le malade afin de lire avec lui la Méguila, et ainsi le réjouir.

Puisse Hachem nous donner le mérite de vivre la joie de Pourim dans la santé, la paix et le bien absolu.

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