Halacha pour mardi 30 Shevat 5780 25 février 2020

Pour l'élévation de l'âme de:
André Avraham Ben Ma'hlouf TAÏB z"l de Lyon (France)

Marco Its’hak Ben Dolly Dandouna HaCohen z’’l

« Dès l’entrée du mois de Adar, nous augmentons la joie »

Il est enseigné dans la Guémara Ta’anitt (29a):
Rav Yéhouda fils de Rav Chémouel Ben Chilatt dit au nom de Rav:
A l’instar du mois de Av où l’on diminue la joie dès son entrée, ainsi nous augmentons la joie dès l’entrée du mois de Adar.
Rav Papa dit : Par conséquent, si un juif a un litige avec un non-juif, il devra éviter de passer en jugement au mois de Av car le Mazal (destin) d’Israël n’est pas favorable en ce mois, et il s’efforcera de repousser le jugement jusqu’au mois de Adar où le Mazal d’Israël est très bon.

Cette idée prend sa source dans la Méguilatt Esther:
« Le mois qui s’est transformé pour eux de la tristesse en joie ».
Ceci nous apprend que le Mazal de ce mois engendre le sauvetage et le bien pour Israël, puisque leur Mazal est bon durant ce mois.

Cependant, le Gaon ‘Hatam Sofer (chap.160) fait remarquer que MARAN mentionne dans le Choul’han ‘Arou’h (chap.551) l’enseignement de nos maitre selon lequel on diminue la joie dès l’entrée du mois de Av, mais il ne mentionne pas l’enseignement de nos maitres selon lequel on augmente la joie dès l’entrée du mois de Adar. Le RAMBAM lui aussi ne fait aucune mention de cet enseignement.

Le ‘Hatam Sofer répond à sa propre remarque en disant que si le RAMBAM et MARAN n’ont fait aucune mention de cet enseignement selon lequel il faut se réjouir davantage dès l’entrée du mois de Adar, c’est probablement du fait que Rav Papa – qui est l’auteur de l’enseignement concernant le Mazal très bénéfique pour Israël durant le mois de Adar – considère que le peuple d’Israël a un Mazal (il est lui aussi soumis au destin), et de ce fait, durant le mois de Adar, le Mazal d’Israël est très bon et ils doivent s’en réjouir davantage.
Mais la Halacha est tranchée sur ce point (fin du traité Chabbat) selon l’opinion qui pense qu’Israël n’a pas de Mazal, car Israël n’est pas soumis aux astres. C’est pourquoi, le RAMBAM et MARAN n’ont pas fait mention de cet enseignement concernant le mois de Adar.

Mais de nombreux décisionnaires écrivent qu’il faut appliquer les propos de Rav Papa selon lesquels « on augmente la joie dès l’entrée du mois de Adar », et dans certains endroits, l’entrée du mois de Adar est marquée très fortement.
Et même si l’on considère « qu’Israël n’a pas de Mazal », il faut malgré tout se réjouir en ces jours, car ce mois s’est entièrement transformé en un mois de joie du temps de nos ancêtres, et il mérite la joie dans son intégralité.
Si MARAN ne fait pas mention de tout ceci dans le Choul’han ‘Arou’h, c’est parce qu’il a déjà écrit explicitement (chap.688) que selon certains décisionnaires médiévaux, on pourrait lire la Méguila dès Roch ‘Hodech Adar, et de ce fait, il est certain que tout le mois de Adar est un mois de joie.
C’est ainsi qu’explique le Gaon auteur du Hit’oreroutt Téchouva (chap.473).
Les précédentes années, nous avons également expliqué ces choses selon le RYTBA et d’autres, à partir des écrits de notre maitre le Rav z.ts.l.

Dans le Yalkout Yossef-Pourim (page 192), notre maitre, le Gaon et Richon LéTsion Rabbi Its’hak YOSSEF Chlita explique que la joie du mois de Adar est justifiée par la reconnaissance que nous devons adresser à Hachem pour les miracles qui ont été réalisés pour Israël en ces temps là. De même, c’est un moyen de montrer que ces jours-ci sont des jours appropriés au bien et à la bénédiction.

Il ajoute que lors du mois de Av on diminue la joie de manière graduelle, jusqu’au summum du deuil le jour du 9 Av, ainsi lors du mois de Adar on augmente la joie graduellement jusqu’à son paroxysme le jour de la grande joie de Pourim.

Il rapporte également au nom du Séfatt Emett (sur Guémara Ta’anitt) que durant les jours du mois de Adar, s’éveille une grande joie dans le monde, car en ces jours, le peuple d’Israël avait l’usage d’apporter chacun son demi-Chékel au Temple, et ils l’offraient avec un grand sentiment de joie, comme expliqué à divers endroits. Il en était ainsi également durant le 2ème Temple où ils offraient avec joie, et jusqu’à nos jours, la joie est encore présente dans le monde durant le mois de Adar, et elle s’éveille grâce à la lecture de la Paracha des Chékalim que l’on lit à la synagogue (cette année 5780, Chabbat dernier qui a précédé le mois de Av).

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