Halacha pour vendredi 5 Shevat 5780 31 janvier 2020

Pour l'élévation des âmes de : André Avraham Ben Ma'hlouf TAÎB z"l de Lyon
Mme Sarah Bat Ra'hma AMAR z"l de Lyon
Mme Esther Bat Sa'ouda MARCIANO z"l de Lyon
Mme Esther Bat 'Hassiba El baz z"l de Lyon
Pour la guérison totale de Ethan Chlomo Ben Yoni  parmi tous les malades d'Israël Amen

 

Divré Torah sur Bo

Par le Rav David A. PITOUN

Un mauvais comportement et ses conséquences dramatiques

Il est dit dans notre Parasha:
« Le séjour des Béné Israël en Egypte, dura 430 ans. » (Shémot 12)
Il est enseigné dans le Midrash (Péssikta):

Nos maîtres ont demandé: « Puisque les Béné Israël sont si précieux pour Hashem, pourquoi leur avoir fait subir l’exile d’Egypte?! »
Rabbi ‘Hanina explique:
Hashem n’agit que selon le principe de « Midda Kénegued Midda » (mesure pour mesure). Or, Ya’akov Avinou avait 4 femmes : Ra’hel, Leah, et leurs 2 servantes respectives : Bilha et Zilpa. Les 12 Shévatim (les 12 enfants de Ya’akov Avinou) sont nés des 2 Matriarches, et de leurs 2 servantes. Les enfants de Ra’hel et de Leah, se moquaient et humiliaient leurs frères en les traitant de « fils de servantes ». Ils ne leur montraient aucune fraternité.
C’est pour cela qu’Hashem eu recours à l’esclavage d’Egypte.
Hashem se dit : « Que puis-je faire pour qu’ils acceptent leurs frères ? Je vais les faire descendre en Egypte afin qu’ils soient tous esclaves. Ainsi, lors de leur future délivrance, je leur donnerais la Mitsva de la consommation de la Matsa pour Péssa’h, à laquelle participeront également leurs enfants et leurs petits enfants, et ils pourront tous dire : « Nous étions esclaves de Pharaon en Egypte »
Tout ceci afin de montrer à tout l’univers, la Grandeur et la Gloire d’Hashem.
Pour que chacun imite le comportement d’Hashem, afin de faire régner la paix et la fraternité entre tous. C’est pour cela que l’un des Noms d’Hashem est SHALOM.
Fin de citation du Midrash.

Ce Midrash est très effrayant!
En effet, selon cette explication de Rabbi ‘Hanina, toute la raison pour laquelle s’est produit le grand événement de l’esclavage d’Egypte, ainsi que la raison de la Mitsva de Matsa, ne se limitent qu’à une seul chose :
Faire régner la paix et la fraternité au sein du peuple d’Israël, afin de les rendre égaux l’un aux yeux de l’autre. Pour que personne ne puisse dire à l’autre : « Moi je suis un descendant de Ra’hel, alors que toi tu es inférieur à moi, puisque tu descends de Zilpa ! » Nous pouvons en déduire que si les enfants des Matriarches ne se seraient pas élevés au-dessus de leurs frères, les enfants de Bilha et de Zilpa, peut-être qu’Israël n’aurait pas vécu le drame de l’esclavage d’Egypte, et n’aurait pas subit le despotisme de Pharaon ? Peut-être que toutes leurs souffrances en Egypte auraient pu leur être épargnées, si les enfants de Ya’akov Avinou avaient su se comporter envers leurs frères ?!

Il n’y a aucun doute que si les Saints Shévatim avaient su la colère Divine qu’ils avaient provoqué sur eux-même en conséquence à leur sentiment de domination sur leurs frères, ils auraient été beaucoup plus vigilants envers le respect qu’ils devaient à leurs frères, et grâce à cela, ils auraient été sauvés de l’exil d’Egypte.

De même, tout individu doit être très vigilant dans ses actes, aussi bien vis-à-vis de son prochain que vis-à-vis d’Hashem, car on ne peut pas savoir quelle catastrophe est susceptible de nous arriver (‘Hass Véshalom) de façon conséquente à un sentiment ou un acte qui peuvent nous paraître très insignifiants.

Si l’on se préserve de tels agissements, on méritera une récompense dont on est loin de se douter de l’importance.
A l’inverse, si l’on sous-estime la gravité de nos actes et nos comportements, on est loin de se douter combien on devra payer pour réparer nos négligences, parfois même avec de très gros intérêts, comme les Shévatim ont payé très cher leurs humiliations envers leurs frères.

C’est ainsi que nous pouvons expliquer l’enseignement de nos maîtres dans les Pirké Avot :
Sache d’où tu viens, et où tu vas, et devant qui tu es appelé à rendre Din et ‘Heshbon (rendre des comptes)
Apparemment, il n’était pas nécessaire d’employer les 2 termes pour dire « rendre des comptes ». Pourquoi utiliser à la fois le terme « Din » et le terme « ‘Heshbon » ?

Le Rosh Yéshiva de Porat Yossef (Jérusalem), le Gaon Rabbi Yéhouda MO’ALAM z.ts.l a un jour expliqué de la façon suivante :

Lorsqu’un individu quitte ce monde après 120 ans, on lui apprend d’abord quel est la véritable récompense qui correspond à chaque Mitsva, ainsi que le véritable châtiment qui correspond à chaque ‘Avera, ainsi que toutes ses conséquences.
Ensuite, on lui fait défiler tout le déroulement de son existence, et c’est lui-même qui tranche son propre jugement sur ses actes, selon les récompenses et les châtiments qu’on lui a enseigné juste avant.
C’est cela le sens de « Din » et « ‘Heshbon ». Il apprend d’abord le Din (la loi) de chaque action, et ensuite, il rend le ‘Heshbon (le compte) lui-même sur ses propres actes.

Nos maîtres nous enseignent dans la Guémara Sanhedrin (97a)
Si le peuple d’Israël ne fait pas Téshouva, Hashem lui impose un roi dont les décrets sont aussi durs que ceux de Haman, et Il les ramène dans le droit chemin.
Nos maîtres nous ont donc dévoilé que si nous ne prenons pas conscience qu’il faut faire Téshouva devant Hashem, de terribles décrets nous guettent (Lo ‘Alenou, qu’Hashem nous en préserve !).

Il n’y a donc pas de doute que si nous nous comportons selon la volonté d’Hashem, en pensant également aux gens qui nous entourent, afin de leur donner à eux aussi le mérite de marcher dans le chemin de la Torah, nous nous sauverons du malheur, et nous aurons le mérite de voir le Mashia’h, très rapidement, Amen.

Shabbat Shalom

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