Halacha pour dimanche 15 Tevet 5780 12 janvier 2020

Pour l'élévation des âmes de : André Avraham Ben Ma'hlouf TAÎB z"l de Lyon
Mme Sarah Bat Ra'hma AMAR z"l de Lyon
Mme Esther Bat Sa'ouda MARCIANO z"l de Lyon
Mme Esther Bat 'Hassiba El baz z"l de Lyon
Pour la guérison totale de Ethan Chlomo Ben Yoni  parmi tous les malades d'Israël Amen
Pour l'élévation de l'âme de Louis Avraham Ben Israël SAURA z''l (de Lyon)

« Ils répondirent Amen après elle »

Question: Lorsque quelqu’un me bénit – par exemple en me souhaitant une bonne santé (« Tihyé Bari ») – dois-je répondre « Amen »?

Réponse: Le Gaon auteur du Michna Béroura écrit (chap.215 note 9) au nom du Midrach que lorsqu’on entend un homme prier pour quelque chose, ou qu’il bénit un juif, on est tenu de répondre « Amen ». C’est pour cela que s’est répandu l’usage de répondre « Amen » lors des « Hara’haman » à la fin du Birkat Ha-Mazon.

Cela signifie que même lorsqu’il ne s’agit pas d’une véritable bénédiction instaurée par nos maitres, et même si le Nom d’Hachem n’est absolument pas mentionnée dans cette prière ou cette bénédiction adressée à quelqu’un, malgré tout, il est juste de répondre « Amen » après cette prière ou cette bénédiction adressée.
Il ressort des propos du Midrach cité qu’il y a là une véritable obligation.
C’est ainsi qu’écrivent plusieurs décisionnaires des siècles derniers.

Cependant, le Gaon Natsi’’v écrit qu’il n’y a pas de véritable obligation, mais seulement un bon comportement, car par le fait de dire « Amen », on renforce les choses afin qu’elles se réalisent, comme l’écrit Rachi (Chévou’ott 36a).
Telle est également l’opinion de notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l dans Chou’t Yé’havé Da’at (vol.3 chap.9).

Mais il faut ajouter que notre maitre le Rav z.ts.l était pointilleux sur ce point, car lorsqu’on le bénissait en lui souhaitant « Réfoua Chéléma » (une totale guérison), ou qu’aucun incident ne soit conséquent à ses actes ou autre, il répondait « Amen ». Même lorsqu’une personne simple le bénissait, il répondait « Amen ».
Même lorsqu’il bénissait lui-même ses petits-enfants, il attendait que l’on réponde « Amen », et lorsqu’on ne répondait pas, il faisait parfois la remarque.

Il est rapporté dans la Guémara Kétoubott (65a):
Rabbi Yo’hanan dit : Un jour, la belle-fille de Nakdimon Ben Gourion – qui était veuve et dont le mari était décédé sans laisser d’enfants – se rendit au Beit Din afin qu’on lui octroie une subsistance matérielle à partir de l’argent laissé par son défunt mari. Le Beit Din lui octroya une forte somme d’argent, puisqu’elle était une femme importante et riche, et de ce fait, il fallait lui octroyer de manière approprié à son statut.

Elle dit aux sages qui siégeaient au Beit Din:
« Qu’il en soit la volonté d’Hachem, que vous octroyez autant à vos filles ! »
Mais les sages ne répondirent pas « Amen » à sa bénédiction.
La Guémara en explique la raison.
En effet, cette femme était veuve, et son mari était décédé sans laisser d’enfants (dans cette situation, la veuve a le statut de « Chomrett Yabam » ou « tributaire de la décision du Yabam », qui est le frère de son défunt mari, qui décidera si oui ou non il accepte de l’épouser afin d’établir une descendance au défunt), et c’est pour cette raison qu’ils ne voulurent pas répondre « Amen » à sa bénédiction, car ses propos contenaient aussi un aspect de malédiction.

Quoi qu’il en soit, le fait que la Guémara s’étend longuement pour expliquer la raison pour laquelle les sages ne répondirent pas « Amen » à sa bénédiction, indique qu’il faut répondre « Amen » après une bénédiction souhaitée et adressée par quelqu’un.
De même, la Guémara rapporte encore (ibid.66b) que lorsque la fille de Nakdimon Ben Gourion était mariée, elle se rendit avec son époux au Beit Din afin de demander quelle somme d’argent son mari devait lui accorder pour ses frais de parfum, et le Beit Din ordonna la somme de 400 pièces d’argent. Elle leur répondit:
« Qu’il en soit la volonté d’Hachem, que vous ordonnez autant pour vos filles ! », et ils répondirent « Amen » après elle.
Les Tossafott expliquent que dans ce cas, les sages du Beit Din répondirent « Amen » après sa bénédiction, car cette femme était mariée, et il était donc approprié de répondre « Amen » puisque sa bénédiction était entièrement constituée de bien.

Nous apprenons de tout ceci à quel point est mauvais l’usage répandu dans plusieurs synagogues où l’assemblée ne porte aucune attention aux bénédictions adressées par l’officient sous la formule de « Mi Chébéra’h » aux personnes qui montent à la Torah, ou aux bénédictions adressées par le Rav à certaines personnes lors de l’ouverture du Hé’hal, et ceci constitue un très grand manque, car toute l’importance du « Mi Chébéra’h » se trouve justement dans la force de l’assemblée, qui répond « Amen » dans un moment solennel, et par le mérite de la sainte Torah nous espérons que les prières soient acceptées.
Mais si l’assemblée ne prête aucune attention et ne répond pas « Amen », ils perdent l’essentiel de la valeur de cette précieuse bénédiction.
Il est rapporté au nom du Gaon Rabbi Chélomo Zalman OYERBACH z.ts.l qu’il y a une obligation de répondre « Amen » à un « Mi Chébéra’h » du point de vue du devoir de « Véahavta Léréa’ha Kamo’ha » (aimer son prochain comme soi-même).

Questionner Le Rav


8 Halachot Les plus populaires

Le Seder de Roch Ha-Chana – « Réjouissez-vous en tremblant »

Pendant les 2 soirs de Roch Ha-Chana, nous avons la tradition de consommer certains aliments en guise de bon signe pour toute l’année. C’est pour cela que nous mangeons ces soirs-là, des haricots (Roubya en araméen ou Loubya en arabe), de la courge (Kr’a), du ......

Lire la Halacha

Détails concernant les textes des prières de Roch Ha-Chana et Yom Kippour

Grâce à D., chacun prie toutes les prières de Roch Ha-Chana et de Yom Kippour avec précision, mais dans les différents rituels de prières, il existe différentes versions des textes. Certaines de ces versions sont Halachiquement fondées, d’......

Lire la Halacha

L’allumage des Nérott de Roch Ha-Chana, et le problème se posant cette année

L’allumage des Nérott de Roch Ha-Chana La veille du 1er Yom Tov (jour de fête) de Roch Ha-Chana, comme c’est le cas pour les veilles de Chabbat, nous allumons des Nérott (veilleuses ou bougies) avant le coucher du soleil, lorsqu’il fait encore jour. Pour la ve......

Lire la Halacha

Les modes d’expiation des fautes

Les jours du mois d’Eloul dans lesquels nous nous trouvons sont des jours de repentir, de supplication et d’expiation, comme nous l’avons déjà mentionné. Nous allons à présent nous consacrer aux différentes catégories de fautes, &agr......

Lire la Halacha


L’interdit de manger et de se laver le jour de Yom Kippour

Quelques règles de Yom Kippour Tout le monde a le devoir de jeûner pour Yom Kippour, y compris les femmes enceintes ou celles qui allaitent. Toute femme qui craint que le jeûne risque de porter atteinte à sa santé, doit consulter une autorité Halachique comp......

Lire la Halacha

« L’homme doit toujours se considérer à moitié coupable et à moitié innocent »

Nos maîtres enseignent dans la Guémara Kiddouchin (40b): L’homme doit toujours se considérer à moitié coupable et à moitié innocent. S’il réalise une Mitsva, heureux soit-il car il s’est fait basculer vers le plateau du m&eacu......

Lire la Halacha

Les 10 jours de pénitence

« Réclamez Hachem là où il se trouve » Nos maîtres enseignent (traité Roch Ha-Chana 18a) que les propos du verset « Réclamez Hachem là où il se trouve, implorez le lorsqu’il est proche » concernent la périod......

Lire la Halacha

Repentir sur le Lachon Ha-Ra’ (médisance), et repentir pour avoir statué sur une loi de façon erronée

Deux questions: Si j’ai dit du Lachon Ha-Ra’ à l’encontre de mon prochain, dois-je aller le trouver pour lui raconter ce que j’ai dis sur lui et pour lui demander pardon? Quel est le Din au sujet d’un Rav qui a statué de façon rigoureuse dans un ca......

Lire la Halacha