Halacha pour lundi 6 Cheshvan 5780 4 novembre 2019

Pour l'élévation de l'âme de 
André Avraham Ben Ma'hlouf TAÏB z"l de Lyon (France)

Cette Halacha est dédiée à l’élévation de l’âme de la Rabbanitt Messa’ouda Bat ‘Hanna (Toledano) z’’l
digne épouse de mon vénéré maitre Rabbi Yossef TOLEDANO z.ts.l
Dédié par: David PITOUN

Pour l'élévation de l'âme de Rivka Bat Rachel Léa
Pour l'élévation de la Néshama de Sim'ha Bat Ra'hel (Sebban) z''l

La demande des pluies (« Bare’h ‘Alénou ») (Attention ! Dans l’immédiat, cette Halacha ne concerne que les habitants d’Israël)

Question: Est-ce qu’une personne peut habituer sa bouche à faire mention de la demande des pluies figurant dans la « bénédiction des années » (Birkat Hachanim) dans la ‘Amida?

Réponse: A partir de ce soir, 7 ‘Hechvan, on commence en Israël à demander la pluie dans la « bénédiction des années » (Bare’h ‘Alénou) dans la ‘Amida.
Si quelqu’un a terminé la ‘Amida et se souvient qu’il n’a pas dit Bare’h ‘Alénou (il n’a pas dit « Veten Tal Oumatar Livra’ha »), il doit recommencer la ‘Amida.
En cas de doute si l’on a dit ou pas Bare’h ‘Alénou, si ce doute se produit dans les 30 jours depuis le 7 ‘Hechvan (date à laquelle on commence à dire Bare’h ‘Alénou), on estime que la personne a dit ce qu’elle était habituée à dire jusqu’à présent, c'est-à-dire, Baré’henou et non Bare’h ‘Alénou, et de ce fait, elle est tenue de recommencer la ‘Amida.
Si le doute se produit au-delà des 30 premiers jours depuis le début de la mention de Bare’h ‘Alénou, on estime qu’elle a dit correctement Bare’h ‘Alénou et elle ne doit pas recommencer.

A présent, nous allons apprendre s’il existe un moyen pour quelqu’un d’habituer sa langue à exprimer la demande de la pluie, de sorte que s’il lui arrive un doute s’il a dit ou non Bare’h ‘Alénou, il pourra établir qu’il a probablement dit correctement Bare’h ‘Alénou, et de ce fait, son statut sera le même que celui de la personne ayant le doute après les 30 jours, et ne devra donc pas recommencer la ‘Amida.

« Un taureau récidiviste » (« Chor Mou’ad »)
Dans la Guémara Bava Kama (24a), on explique la règle du « Chor Mou’ad », un taureau qui a encorné au moins 3 fois (dans un tel cas, son propriétaire est tenu de lui imposer une surveillance plus stricte qu’à un autre taureau. D’autres obligations incombent sur le propriétaire si le taureau a causé des dégâts matériels).
La Guémara explique que si le taureau a « espacé ses coups de cornes » (il a encorné 3 fois alternées, avec de longues périodes d’interruption, c'est-à-dire, à des moments éloignés), il est malgré tout considéré comme « Chor Mou’ad ».
La Guémara ajoute que s’il a « rapproché ses coups de cornes », il est condamnable. Cela signifie que si les moments où il a donné des coups de cornes sont rapprochés, il est à fortiori condamnable à titre de « Chor Mou’ad », car cela prouve que ce taureau a pour nature d’encorner, et il faut donc le surveiller de façon plus stricte.

Les propos du MAHARAM
A partir de ce sujet de Guémara qui traite du Chor Mou’ad, le MAHARAM de Rottenbourg prouve pour notre sujet.
En effet, si nos maitres disent qu’un homme qui prie durant 30 jours, et qui a fait mention de Bare’h ‘Alénou dans la ‘Amida, nous estimons que sa langue s’est habituée à prier en mentionnant Bare’h ‘Alénou, à fortiori si la personne dit 90 fois le texte de la ‘Amida (car en 30 jours, nous avons au moins 90 ‘Amidott) correctement, nous pouvons estimer que sa langue s’est probablement habituée à prier correctement, et en cas de doute, cette personne pourra établir qu’elle a – de façon certaine – dit Bare’h ‘Alénou, car sa langue est habituée a prononcer le texte de la demande de la pluie.

De manière plus précise, cela signifie que si l’on s’habitue à dire 90 fois de suite (selon le texte du rituel de prières Séfarade) « Rofé ‘Holé ‘Amo Israël. Bareh’ ‘Alénou », on a habitué sa langue à achever la bénédiction de « Rofé ‘Holé ‘Amo Israël » et à enchainer avec la version hivernal de Birkat Hachanim qui est « Bare’h ‘Alénou » où figure la demande de la pluie.
De même, selon le texte du rituel de prières des Achkénazim, si l’on dit 90 fois de suite « Véett Kol Miné Tévouata Létova, Veten Tal Oumatar Livra’ha », on a habitué sa langue à prier correctement durant la période d’hiver.

La règle dans la pratique
Conformément aux propos du MAHARAM, c’est ainsi que tranche le RAMA dans l’une de ses notes sur le Choul’han ‘Arou’h (chap.114), et c’est ce qu’il faut retenir d’essentiel selon la Halacha.
Par conséquent, si l’on a dit 90 fois de suite le texte mentionné plus haut, et que l’on a par la suite le doute si l’on a dit ou pas Bare’h ‘Alénou, on pourra être totalement convaincu qu’il ne faut pas recommencer la ‘Amida, car on aura habitué sa langue à prier correctement, exactement comme celui qui a réellement prier pendant 30 jours en mentionnant Bare’h ‘Alénou.

Nous avions déjà fait mention dans le passé de ce qu’a raconté le Gaon Rabbi Ya’akov ROSENTAL z.ts.l, qui était Av Beit Din de la ville de ‘Haïfa, et qui faisait partie des grands de notre génération. Il eut le mérite d’habiter dans le voisinage du Gaon Rabbi Ya’akov Moché ‘HARLA’’F z.ts.l, dans le quartier Cha’aré ‘Hessed à Jérusalem.
Le jour de Sim’hatt Torah, tous les grands Rabbanim du quartier avaient l’usage d’accompagner le Gaon Rabbi Ya’akov ‘HARLA’’F  jusqu’à la synagogue « A’hva » en chantant et en dansant. Ils chantaient un chant dont les mots étaient: « Ata Guibor Lé’olam Hachem, Machiv Haroua’h Oumorid Haguechem ».
Rabbi Ya’akov ROSENTAL – qui était encore un enfant – demanda:
« Pourquoi on chante particulièrement ce chant ? Quel rapport y a-t-il entre ce chant et l’honneur que l’on fait à Rabbi Ya’akov Moché ‘HARLA’’F ?? »
On lui répondit:
« On chante exclusivement ce chant afin de ne pas perdre notre temps avec différents autres chants, et nous répétons les paroles de la chanson jusqu’à les dire 90 fois, afin que nous soyons habitués à dire cette mention dans la ‘Amida. »
Ceci correspond au raisonnement du MAHARAM de Rottenbourg et de tous les décisionnaires que nous avons cité.

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