Halacha pour jeudi 2 Cheshvan 5780 31 octobre 2019

Pour l'élévation de l'âme de:
André Avraham Ben Ma'hlouf TAÏB z"l de Lyon (France)

Marco Its’hak Ben Dolly Dandouna HaCohen z’’l

6ème année depuis la disparition de notre maitre le Rav z.ts.l

Demain vendredi 3 ‘Hechvan (à partir de ce soir jeudi), tombe le jour de la 6ème Azkara de notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l, et nous allons parler à ce sujet.

Il y a environ 200 ans, vivait l’un des grands d’Israël, le Gaon de Plotsk, Rabbi Ariéh Leïb TCHINTS, surnommé « Maharal Tchints ».
Ce Gaon eut le mérite de connaitre le Grand de cette génération, le Gaon Rabbi Yé’hezkel LANDAU z.ts.l, auteur des célèbres ouvrages Noda’ Bihouda et Tsyoun Lénefech ‘Haya.
Lors de la disparition du Noda’ Bihouda, le Maharal Tchints prononça son oraison funèbre.
Au début de ses propos, il cita l’enseignement de nos maitres dans la Guémara ‘Erouvin (13b):
« Rabbi Yéhouda dit : Si je suis plus vif d’esprit que mes compagnons d’étude, c’est parce que j’ai vu Rabbi Méïr de dos, et si je l’avais vue de face, je serais encore plus vif d’esprit. »
Le Maharal Tchints expliqua ainsi le sens de cet enseignement:
Rabbi Yéhouda a vu Rabbi Méïr « de dos », c'est-à-dire, lorsque Rabbi Méïr était vers la fin de sa vie, très âgé et faible. S’il l’avait vu Rabbi Méïr « de face », c'est-à-dire, lorsqu’il était jeune, dans la force de l’âge, il serait devenu encore plus vif d’esprit.

Lorsqu’on désire parler au sujet de notre grand maitre le Rav z.ts.l, les faits sur son génie dans la Torah et sur sa maitrise totale des connaissances de la Torah, qui n’avaient pas leur pareil, sont de notoriété mondiale.
Chacun sait combien il était dévoué pour le peuple d’Israël, au point de mériter ce que d’autres n’ont pas mérité, éclairer le judaïsme Séfarade d’une lumière intense, et ainsi pour bien d’autres domaines.
Tout ceci fut dévoilé aux yeux du monde entier lorsque notre maitre le Rav z.ts.l était déjà dans sa vieillesse.
Mais ce qui reste moins connu et divulgué, ce sont justement les choses pouvant nous apprendre de quelle manière notre maitre le Rav z.ts.l parvint à ses grandes qualités ? Comment peut-on concevoir qu’un seul homme réalisa durant sa vie d’aussi grandes œuvres, que même 100 Rabbanim n’auraient pas été en mesure de réaliser??

Une réponse précise à cela peut être trouvée à travers les propres propos de notre maitre le Rav z.ts.l lorsqu’il était âgé de 12 ans, et voici ses propos trouvés manuscrits (de sa main lorsqu’il était enfant) dans l’un de ses discours qu’il prononça devant ses camarades de classe, qui se réunissaient chaque Chabbat afin de prononcer des discours:
« … Par conséquent mes amis ! Un devoir sacré incombe sur chacun d’entre nous, grand et petit, de faire acquérir des mérites à la collectivité (en rapprochant les gens à la Torah). Et si l’on voit des enfants que l’on pourrait convaincre de se joindre à nous, chacun se doit d’œuvrer de toutes ses forces de façon désintéressée ! »
Fin de citation des propos de notre maitre le Rav z.ts.l lorsqu’il était enfant!
(Une photocopie de son écriture manuscrite est éditée dans le livre « Avir Ha-Ro’im » vol.2)

A présent réfléchissons!
Notre maitre le Rav z.ts.l était un enfant prodige.
Lorsqu’il n’avait que 6 ans, il étudiait déjà le TANACH avec le commentaire « Torah Témima ».   
Lorsqu’il n’avait que 7 ans, il lisait déjà le TANACH avec les Té’amim (signes de cantillation).
Un an plus tard, il occupait la plupart de son temps dans l’étude du Talmud, au point où vers l’âge de 14 ans, il en acheva l’étude complète, et à l’âge de 15 ans, il le maitrisait parfaitement.

Un tel enfant est censé s’enorgueillir de sa sagesse, et montrer à tous : « Regardez combien je suis grand dans la Torah ! » Et de manière naturelle, il est certain qu’il ne désirerait pas être mis à égalité avec ses camardes, et essayer d’agir afin que tous les enfants soient comme lui.

Mais notre maitre le Rav z.ts.l, depuis son enfance, s’est comporté avec générosité. Tout son désire et son objectif n’était que de dépasser ses intérêts personnels.
Le seul intérêt présent à ses yeux était d’accomplir la volonté d’Hachem.
C’est pourquoi, dès son enfance, il commença à planter des petites graines, dans l’espoir qu’il puisse restaurer la couronne du judaïsme Séfarade dans sa splendeur, de restaurer son âme à Israël.

Lorsque notre maitre le Rav z.ts.l était âgé de 6 ans, et qu’il étudiait à l’école « Béné Tsion » à Jérusalem, la misère régnait à Jérusalem, et des livrets de Birkat Hamazon (ou même des livres de prières) n’étaient pas en possession de tout le monde.
Notre maitre le Rav z.ts.l assembla tous les morceaux de papier qu’il trouva, et il écrivit le texte du Birkat Hamazon dans une écriture belle et agréable à lire.
Puis, il le distribua à ses camardes, et ainsi il les stimulait à réciter le Birkat Hamazon à partir du texte qu’il avait écrit pour eux.

Lorsque notre maitre le Rav z.ts.l était jeune, plusieurs de ses camarades - pris de jalousie envers lui - le persécutaient, comme le font souvent les enfants.
Ils étaient jaloux de sa brillante réussite. De ca fait, ils lui faisaient subir toutes sortes de souffrances et de plaisanteries désagréables.
Un jour, un des jeunes enfants – dans son irresponsabilité – pénétra dans la chambre de notre maitre le Rav z.ts.l et rempli les seules chaussures que notre maitre le Rav z.ts.l possédait d’eau et de boue, afin que notre maitre le Rav z.ts.l soit retardé et qu’il ne puisse pas se rendre à la Maison d’étude.
Lorsque notre maitre le Rav z.ts.l se réveilla et qu’il trouva ses chaussures mouillées, que fit-il ? Il ne s’attarda absolument pas, et avec rapidité il enfila plusieurs paires de chaussettes les unes sur les autres, et se dépêcha de se rendre au Beit Ha-Midrach (maison d’étude).

En tout temps, même pendant les difficultés, notre maitre le Rav z.ts.l ne laissa jamais quoi que ce soit briser son moral solide. Il plaçait toute son aspiration dans son objectif sacré, étudier et enseigner, pour préserver et pratiquer la Torah.
Lorsqu’il était enfermé dans sa maison sous surveillance durant plusieurs mois à cause de ses ennemis (à la fin de son séjour en Egypte), lorsqu’il était affligé de son impuissance à améliorer la situation spirituelle des membres de sa communauté en Egypte, il étudia l’intégralité du traité Kétoubott avec approfondissement.
Les périodes où il était malade et faible, il mettait toutes ses forces afin de continuer encore et encore à prononcer des discours devant ses auditeurs, comme il nous le confia un jour après un discours alors qu’il avait du mal à respirer : « Je parle de toutes mes forces. ».
Dans les prières des Yamim Noraïm qui viennent de passer, nous disons:
« … qu’ils forment tous un seul bouquet, afin d’accomplir Ta volonté avec sincérité … ».
La volonté d’un juif doit être que tous les autres juifs se joignent en un seul bouquet et s’assemblent à ceux qui accomplissent la volonté d’Hachem avec sincérité.
Nous devons nous souvenir de l’attitude de notre maitre le Rav z.ts.l, qui n’hésitait pas à sortir de son cadre afin de rapprocher les autres vers la Torah, car avec toute sa grandeur et son assiduité dans l’étude de la Torah, il se souciait toujours du peuple d’Israël, afin de leur prodiguer du bien matériellement, mais particulièrement au niveau spirituel.

Il faut savoir que la raison pour laquelle nous avons tous tellement aimé notre maitre le Rav z.ts.l, si ses paroles ont touché de si nombreuses personnes dans le monde, et si près d’un million de personnes ont pleuré en participant à son enterrement, ce n’est pas pour une raison matérielle, mais uniquement parce que les âmes du peuple d’Israël sont attitrées naturellement par le bien et par la bénédiction, par la Torah et la sainteté.
C’est pourquoi notre maitre le Rav z.ts.l – qui aimait le peuple d’Israël ; et qui était entièrement rempli de Torah et d’actions méritantes – était si aimé par son peuple.
Vers la fin de sa vie, environ un mois avant sa disparition, il s’est tourné vers nous et nous a dit : « L’amour que vous me portez est un amour de la Torah. »
Nous lui avons répondu : « Et il ne s’agit pas d’un amour intéressé. »
Il répondit: « C’est exact. »

La Torah de notre maitre le Rav z.ts.l est un véritable bouclier pour nous.
Nous devons continuer à diffuser sa Torah et ses précieuses décisions Halachiques, poursuivre son héritage, éduquer nos fils et nos filles dans la Torah, placer à nos yeux en permanence l’objectif essentiel: Accomplir la volonté de notre Père qui est aux cieux.

Que le mérite de notre maitre le Rav z.ts.l nous protège, et que nous ayons le mérite de le voir rapidement de nos jours lors de la Résurrection des morts, placé en tête de la danse qu’Hachem fera pour les Tsadikim, Amen Ken Yéhi Ratson!

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