Halacha pour dimanche 8 Elul 5779 8 septembre 2019

Cette Halacha est dédiée à l’élévation de l’âme de la Rabbanitt Messa’ouda Bat ‘Hanna (Toledano) z’’l
digne épouse de mon vénéré maitre Rabbi Yossef TOLEDANO z.ts.l
Dédié par: David PITOUN

Pour l'élévation de l'âme de Rivka Bat Rachel Léa
Pour l'élévation de la Néshama de Sim'ha Bat Ra'hel (Sebban) z''l

Les « Birkott Ha-Torah » avant les Séli’hott

Question: Nous avons l’usage de dire les Séli’hott avant l’office de Cha’haritt (matin). Doit-on au préalable réciter les « Birkott Ha-Torah » (bénédictions sur l’étude de la Torah)?

Réponse: Les « Birkott Ha-Torah » désignent les 3 dernières bénédictions du matin, c'est-à-dire, la bénédiction de « ‘Al Divré Torah », celle de « Véha’arev Na », et celle de « Acher Ba’har Banou », comme imprimé dans les Sidourim.

MARAN tranche dans le Choul’han ‘Arou’h (chap.46-9):
« On ne doit pas lire des versets avant d’avoir dit les Birkott Ha-Torah, même si on lit ces versets dans un cadre de supplication (et non d’étude). Selon certains décisionnaires, il n’y a pas à craindre d’interdit, car on ne les lit que dans un cadre de supplication. Mais il est juste de craindre le premier avis. »
Cela signifie qu’il n’y a pas le moindre doute que l’étude de la Torah est interdite sans avoir réciter les Birkott Ha-Torah.
Toute la question est : Est-ce que même une simple lecture de versets dans un cadre de prière, est-elle considérée comme une étude de la Torah?
Selon le premier avis cité par MARAN, la lecture de versets dans un cadre de prière est considérée comme une étude de la Torah, et de ce fait, il faut au préalable réciter les Birkott Ha-Torah, et ensuite prier.
Alors que selon le deuxième avis, la lecture de versets dans un cadre de supplication, n’est pas considérée comme une étude de la Torah, et il n’est pas nécessaire de réciter au préalable les Birkott Ha-Torah.

On remarque que MARAN termine ses propos en disant qu’il est juste de se comporter selon le premier avis, c'est-à-dire, réciter au préalable les Birkott Ha-Torah, et seulement ensuite dire des versets.
Mais le RAMA – que suivent les Achkénazim – ajoute sur place:
« Mais l’usage dans les pays germaniques se réfère au dernier avis cité, car dans la période de Séli’hott, nous avons l’usage de dire les Séli’hott, et ensuite de réciter les Birkott Ha-Torah. »

Cependant, chez les Séfaradim il est d’usage de réciter d’abord les Birkott Ha-Torah et ensuite les Séli’hott, comme l’écrit MARAN dans le Beit Yossef au nom du Oré’hott ‘Haïm, que selon l’usage, même pendant la période des Séli’hott on récite d’abord les Birkott Ha-Torah et ensuite les Séli’hott.
Mais au sujet de l’usage chez les Achkénazim, le MAHARCHAL écrit (chap.56) qu’en Allemagne on se base sur l’opinion du MAHARYL sur ce point, selon qui, des versets dits dans un cadre de supplication et non dans un cadre d’étude, ne nécessitent pas les Birkott Ha-Torah au préalable.

Notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit (‘Hazon Ovadia-Yamim Noraïm page 5 ; Chou’t Yabiya’ Omer vol.9 chap.108) que - même s’il semble que MARAN n’écrit que l’on doit réciter les Birkott Ha-Torah au préalable seulement parce qu’il est « juste » d’agir ainsi, mais selon le strict Din, MARAN ne tranche pas qu’il soit une obligation de les réciter au préalable – malgré tout, puisqu’après le décès de MARAN, s’est diffusée dans le monde la responsa du RAMBAM sur le sujet dans le Chou’t Péer Ha-Dor (chap.104) [les responsa du RAMBAM n’étaient pas encore imprimées du vivant de MARAN] dans laquelle le RAMBAM écrit explicitement que l’on doit au préalable réciter les Birkott Ha-Torah, il est donc certain que l’on doit réciter au préalable les Birkott Ha-Torah avant de dire les Séli’hott, en particulier lorsqu’on dit le psaume ‘Téhila LéDavid » (Achré) avant les Séli’hott.

En conclusion: Il faut réciter les Birkott Ha-Torah avant de dire les Séli’hott, et il n’y a pas de différence sur ce point entre les hommes et les femmes.

הלכה יומית מפי הראש"ל הגאון רבי יצחק יוסף שליט"א

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