Halacha pour mercredi 21 Tammuz 5779 24 juillet 2019

Pour l'élévation de l'âme de:
André Avraham Ben Ma'hlouf TAÏB z"l de Lyon (France)

Marco Its’hak Ben Dolly Dandouna HaCohen z’’l

invoquer ses propres mérites

Question: Je suis un homme avec des moyens financiers Barou’h Hachem, et je donne considérablement la Tsédaka, mais je traverse une mauvaise période.
J’ai demandé à Hachem de se souvenir de la Tsédaka que j’ai donné, et par ce mérite, qu’il m’accorde la délivrance. Un ami m’a dit qu’il est interdit de dire cela.
Est-ce exact?

Il est enseigné dans la Guémara Béra’hott (10b):
Rabbi Yo’hanan dit au nom de Rabbi Yossé Ben Zimra : Celui qui invoque son propre mérite, sera exaucé par le mérite des autres. Celui qui invoque le mérite des autres, sera exaucé par son propre mérite.
Cela signifie que si l’on prie Hachem et qu’on lui demande de nous aider pour les mérites que l’on possède soi-même, si l’on est exaucé depuis le Ciel, ce ne sera pas en vertu de nos propres mérites, car une telle prière n’est pas tellement convenable devant Hachem. Et à l’inverse, si l’on prie Hachem afin qu’il nous aide par le mérite des autres – par exemple par le mérite de nos ancêtres ou autre – une telle prière est agréée devant Hachem.

De même, il est enseigné dans la Guémara que Moché Rabbénou demanda à Hachem d’accomplir sa volonté, par le mérite des autres, comme Moché le dit:
« Souviens-toi d’Avraham, de Its’hak et de Ya’akov tes serviteurs … », et en définitif, Hachem exauça sa prière par son propre mérite, comme il est dit dans Téhilim:
« Il (Hachem) dit de les détruire, si ce n’est Moché son élu qui s’est tenu en prière devant Lui. »
En revanche, le roi ‘Hizkiyahou demanda à Hachem de l’exaucer et de le guérir par son propre mérite, comme il est dit : « Souviens-toi de grâce ce que j’ai marché devant toi, avec vérité et sincérité, j’ai accompli le bien à tes yeux. ‘Hizkiyahou pleura abondement. »
Lorsqu’Hachem l’exauça, il lui dit: « Je protègerai cette ville (Jérusalem) et je la délivrerai, pour moi et pour mon serviteur David. »
Cela signifie : ce n’est pas par ton mérite que j’exauce ta prière, mais par le mérite de mon serviteur David.

Notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l explique (Maor Israël sur Béra’hott 10b) que ‘Hizkiyahou a lui aussi invoqué le mérite de ses ancêtres, et n’a pas fait tout dépendre de son propre mérite. Cependant, il plaça le plus gros de ses espoirs dans les bonnes actions qu’il avait accomplit lui-même, car il n’y a quasiment pas eu de roi aussi Tsaddik que lui. Mais le mérite de ses ancêtres, il ne le mentionna qu’en tant que supplément à l’essentiel.
Alors que Moché Rabbénou – dans sa grande humilité – ne mentionna absolument pas son propre mérite.

Nous apprenons de là, qu’il n’est pas correct lorsqu’on prie Hachem, de mentionner nos mérites personnels, car nous sommes encore très loin d’accomplir la volonté d’Hachem comme il se doit.

Pourtant, notre maitre le saint ARI zal écrit que lorsqu’un homme se trouve dans la détresse, il est bon qu’il mentionne ses mérites personnels dans sa prière, et ainsi, sa prière sera davantage écoutée.
Cela semble contradictoire avec les propos de la Guémara citée plus haut.

Dans son livre ‘Homatt Ana’h (page 19c), notre maitre le ‘HYDA cite les propos du saint Gaon Rabbi Yéhouda ‘HAVILYO, au sujet des propos de Ya’akov Avinou lorsqu’il pria Hachem en disant : « Je suis petit vis-à-vis de toutes les bontés et de toute la vérité que tu as accompli envers ton serviteur… ».
Par ces termes, Ya’akov Avinou voulut faire allusion au fait qu’il fit beaucoup de Tsédaka, et ainsi, son argent diminua par les bontés qu’il avait accomplit (dans le verset, Ya’akov oriente la chose vers Hachem, par pudeur). C’est pour cela qu’il dit « je suis petit » (j’ai diminué matériellement).
Cela converge parfaitement avec l’enseignement du ARI zal cité plus haut.

Notre maitre le ‘HYDA ajoute une chose merveilleuse, qui résout la contradiction. Voici ses termes : « Moi l’insignifiant, j’ai appris de là, que lorsqu’un homme mentionne ses propres mérites lorsqu’il est dans la détresse, il doit le faire de manière voilée (c'est-à-dire, par allusion, comme Ya’akov Avinou qui dit « je suis petit vis-à-vis de toutes les bontés … », sans mentionner explicitement qu’il avait accomplit des Mitsvot), car s’il mentionne ses mérites explicitement, les anges le mettront en accusation sur le fait que les Mitsvot n’ont pas été accomplies correctement. »
Fin de citation du ‘HYDA.

A la lueur de tout ceci, lorsqu’un homme se trouve dans la détresse, il lui est conseillé de mentionner ses mérites, s’il possède des mérites particuliers.
Mais il ne doit pas dire explicitement « Souviens-toi que j’ai accompli des Mitsvot et des bontés, que j’ai étudié la Torah … » ou autre, car il est enseigné dans la Guémara qu’il n’est absolument pas correct d’agir ainsi.
Il faut dire par allusion, d’une manière qui peut s’expliquer par plusieurs sens.
Par exemple: si il a étudié beaucoup de Torah, et qu’il a besoin d’une guérison, il devra dire : « Qu’il en soit ta volonté de me guérir afin que je puisse continuer à étudier la Torah. » De même pour toute autre situation.

Qu’Hachem écoute nos prières, Amen.

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