Halacha pour vendredi 9 Tammuz 5779 12 juillet 2019

Pour l'élévation de l'âme de:
André Avraham Ben Ma'hlouf TAÏB z"l de Lyon (France)

Marco Its’hak Ben Dolly Dandouna HaCohen z’’l

Questions/Réponses Halacha Yomit - Des fruits tombés pendant Chabbat – La grandeur des Grands Rabbanim des générations passées

Recueil de réponses données ces derniers temps

Question: Nous avons un arbre dans le jardin, et des fruits tombent parfois de l’arbre. S’ils tombent pendant Chabbat, est-il permis de les consommer pendant Chabbat?

Réponse: Des fruits tombés de l’arbre pendant Chabbat, sont interdits à la consommation et au déplacement durant toute la durée du Chabbat.
Ceci à titre de l’interdit de « Mouktsé », car toute chose qui avait le statut de Mouktsé à l’entrée de Chabbat (à « Ben Ha-Chémachott », au crépuscule), reste Mouksté durant tout le Chabbat. Or, puisque ces fruits étaient encore rattachés à l’arbre à l’entrée de Chabbat, il était alors interdit de les déplacer, et même s’ils sont tombés par la suite (durant Chabbat), ils restent sous le statut de Mouktsé depuis l’entrée de Chabbat.
De plus, nos maitres ont décrété de ne pas les déplacer même s’ils tombent, par crainte d’en arriver à cueillir d’autres fruits pendant Chabbat.
Même si l’on a ne serait-ce que le doute si les fruits sont tombés pendant Chabbat ou avant, ils restent interdits à la consommation et au déplacement pendant Chabbat par doute, jusqu’à la sortie de Chabbat. (Choul’han ‘Arou’h O.H chap.322-3).

 

Question: Pourquoi nous nous diminuons autant vis-à-vis des Rabbanim des générations passées ? Les Rabbanim de notre époque ne sont peut-être pas moins grands?

Réponse: Les générations vont en se diminuant dans la connaissance de la Torah, en particulier les dernières générations, puisque nous sommes témoins du fait que des Grands de la Torah nous ont quittés sans laisser leurs pareils, aussi bien du point de vue de leur érudition dans la Torah, aussi bien du point de vue de leurs actions. Toute personne versée dans l’étude de la Torah sait que les choses sont ainsi.

Les sages d’Israël sont les témoins de la grandeur de la génération qui les a précédés.
En effet, MARAN l’auteur du Beit Yossef et du Choul’han ‘Arou’h se réfère au RAMBAM avec déférence. Le RAMBAM envers les sages de la Guémara (puisqu’il ne conteste jamais leur avis), et les sages de la Guémara envers les sages de la Michna, et ainsi de suite.

Prenons exemple de l’un des plus importants Tanaïm (sages de la Michna),
Rabbi Chim’on Bar Yo’haï, qui a étudié auprès de Rabbi ‘Akiva.
Un jour, il fut consulté au sujet d’un problème Halachique sur lequel Rabbi ‘Akiva statuait de manière rigoureuse, et ceci ce passait après le décès de Rabbi ‘Akiva.
Rabbi Chi’mon Bar Yo’haï répondit à la question ainsi:
« Durant toute sa vie, Rabbi ‘Akiva statuait que cette chose était impure. S’il est revenu sur son avis après sa mort, je l’ignore. »
Cela signifie que durant toute sa vie Rabbi ‘Akiva statuait sur cette question vers la rigueur, et je ne sais pas à présent. Peut-être que du fait qu’il n’est plus de ce monde, est-il revenu sur son avis sur cette Halacha, et qu’il admet lui aussi que la chose est permise.

Et puisqu’il n’est pas correct de s’exprimer ainsi sur Rabbi ‘Akiva, Rabbi Chim’on s’en affligea pour avoir sorti de sa bouche de telles paroles, avec un tel manque de respect envers Rabbi ‘Akiva. Au point où la Guémara atteste (Nazir 52a) que « les dents de Rabbi Chim’on se noircirent à cause des ses jeûnes. »
Cela signifie qu’il se mit à jeûner de nombreux jours pour une telle parole, et qu’en conséquence à ces nombreux jours de jeûne, ses dents devinrent noires.
Et il est question ici du saint Tana, de l’homme de D.ieu, Rabbi Chim’on Bar Yo’haï, qui avait conscience de la stature de son maitre Rabbi ‘Akiva.

Rabbi ‘Akiva lui-même était le disciple de Rabbi Eli’ezer, et il est rapporté dans la Guémara (Sanhédrin 68a) que lors des funérailles de Rabbi Eli’ezer, le cortège funéraire arriva à un lieu où se trouvait Rabbi ‘Akiva.
Lorsque Rabbi ‘Akiva vit la civière de Rabbi Eli’ezer, il se frappa la peau jusqu’au sang en pleurant sur Rabbi Eli’ezer et en disant : « Je possède beaucoup de pièces, mais je n’ai pas de monnayeur pour les échanger. »
Cela signifie: J’ai beaucoup de questions, mais à présent que Rabbi Eli’ezer n’est plus de ce monde, je n’ai plus à qui les poser.

Rabbi Eli’ezer atteste sur lui-même qu’il n’a pas appris de ses maitres, ne serait-ce qu’une infime partie de leur prodigieuse sagesse, et il dira pourtant : « je n’ai rien manqué de mes maitres, comme un chien qui s’abreuve de la mer. »
Il attestera sur ses disciples, qu’ils n’ont pas appris de sa sagesse, ne serait-ce qu’une infime partie.
Nous apprenons donc que les générations vont en se diminuant, jusqu’à que vienne le Machia’h, et c’est alors qu’Hachem déversera un vent depuis les hauteurs, la terre se remplira de la connaissance d’Hachem.
Jusque là, nous devons saisir la transmission de la décision Halachique, telle que nous l’a apprise notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l, qui se soumettait toujours aux enseignements des décisionnaires des derniers siècles, et tranchait leurs divergences d’opinions selon les principes de la décision Halachique.
C’est là le meilleur chemin pour ces générations actuelles.

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