Halacha pour jeudi 14 Kislev 5782 18 novembre 2021

Pour l'élévation des âmes de:
Mordé’haï Ben Sim’ha OHAYON z’’l

Pour la guérison totale et rapide de:
Tinok Ben Yael Sarah

Pour la guérison totale et rapide de Jean Luc Shelomo Ben Eliyahou (Azoulay) parmi tous les malades d'Israël Amen.

Dégustation du vin par les auditeurs après le Kiddouch – Une anecdote avec le Rav de BRISK et notre maitre le Rav z.ts.l

Question: Est-ce que les convives ont l’obligation de goûter le vin après le Kiddouch?

Réponse: Il existe une tradition selon laquelle lorsque le récitant a terminé le Kiddouch, après avoir bu la quantité obligatoire de Rov Révi’itt (la majorité de 8.1 cl), il passe le verre du Kiddouch à tous les convives, et chacun goûte un peu de vin. Certains ont l’usage – à titre d’hygiène – de verser un peu de vin du verre du Kiddouch dans les verres des convives, et chacun goûte un peu de vin.

Les propos du Rav de Brisk
Concernant la question s’il y a ou pas une obligation pour les convives de goûter le vin après le Kiddouch, le Gaon Rabbi Its’hak Zeev SOLOWEITCHIK z.ts.l (le Rav de Brisk, qui faisait partie des Guéonim de Jérusalem il y a plusieurs décennies) disait que lorsqu’on écoute le Kiddouch du Chabbat matin récité par quelqu’un d’autre, on ne s’acquitte du Kiddouch qu’à la condition de goûter un peu de vin du verre du Kiddouch, mais si l’on ne goûte absolument pas du verre du Kiddouch on ne s’est pas acquitté du Kiddouch.

L’argument du Gaon est le suivant:
Dans le Kiddouch du Chabbat matin (qui est entièrement instauré par nos maitres), l’essentiel de la Mitsva réside dans le fait de boire le vin (par opposition au Kiddouch du vendredi soir où l’essentiel de la Mitsva ordonnée par la Torah réside dans la récitation du texte du Kiddouch, puisque le verre de vin le vendredi soir n’est qu’une institution de nos maitres). De ce fait, comment serait-ce possible d’acquitter une assistance entière d’une « dégustation » ?! Il s’agit là d’une véritable Mitsva physique, comme la consommation de la Matsa le soir de Péssa’h où il est impensable qu’une seule personne consomme et acquitte tout le monde!

C’est pour cela que ce Gaon avait l’exigence que tous les convives goûtent du verre du Kiddouch le Chabbat matin.

Les propos des autres décisionnaires
Cependant, dans la précédente Halacha, nous avons mentionné le cas de celui qui écoute le Kiddouch de quelqu’un d’autre, et qui goûte ensuite un peu de vin du Kiddouch, s’il désire ensuite consommer d’autres boissons, il ne doit pas réciter la bénédiction de « Chéhakol Nihya Bidvaro » sur les autres boissons, puisque la bénédiction de « Boré Péri Ha-Guéfen » récitée sur le vin acquitte de bénédiction toute boisson consommée ensuite.

Nous avons également mentionné l’opinion des décisionnaires selon lesquels si l’on a écouté le Kiddouch mais que l’on n’a absolument pas goûté le vin, si l’on désire ensuite consommer d’autres boissons, il faut dans ce cas réciter la bénédiction de « Chéhakol Nihya Bidvaro » sur les autres boissons. C’est ainsi qu’ont écrit plusieurs de nos maitres les grands décisionnaires.
Il ressort donc explicitement de leurs propos qu’il n’y a aucune obligation pour les convives de goûter le vin du verre du Kiddouch, puisque tous ces décisionnaires ont écrit « s’il n’a pas bu du verre du Kiddouch, il devra réciter la bénédiction de « Chéhakol Nihya Bidvaro » sur les autres boissons qu’il boira ensuite », et n’ont pas mentionné dans leurs propos le fait qu’il n’était pas acquitté du Kiddouch parce qu’il n’a pas bu du verre de vin du Kiddouch.

Quand à l’argument du Rav de Brisk z.ts.l, selon lequel l’essentiel de la Mitsva du Kiddouch du Chabbat matin réside dans le fait de boire le vin, et que de ce fait, si le récitant serait le seul à boire le vin du Kiddouch, comment acquitterait-il les convives de leur obligation de boire, nous pouvons répondre en citant les propos du Gaon Nats’’iv (dans son livre He’mek Chéela sur Yitro) où il explique que ceci fait justement partie de l’honneur exprimé au Chabbat lorsque le chef de famille boit le vin. Tous les convives s’acquittent ainsi de leur devoir, et c’est ainsi que nos maitres ont instauré la chose dans la Mitsva du Kiddouch du Chabbat matin. Par conséquent, il n’y a aucune atteinte à la Mitsva du Kiddouch si les convives ne goûtent pas du verre du Kiddouch.

C’est pourquoi, il n’y a pas d’obligation pour les convives de goûter le vin du verre de Kiddouch. Même une personne qui n’a absolument pas goûté le vin, est acquittée de son devoir de Kiddouch.

Malgré tout, notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit (Halichott ‘Olam vol.2 page 22) qu’il est une Mitsva de qualité pour les convives de goûter le vin du Kiddouch, à titre d’affection envers la Mitsva, comme c’est l’usage dans toutes les communautés du peuple d’Israël.

En conclusion: Lorsqu’on écoute le Kiddouch le Chabbat, les convives n’ont pas d’obligation de goûter le vin, et même s’ils ne le goûtent pas ils sont acquittés du Kiddouch. Cependant, il est une Mitsva de qualité pour les convives de goûter le vin du Kiddouch, afin d’exprimer de l’affection envers la Mitsva.

Puisque nous avons mentionné le Rav de Brisk z.ts.l, nous citerons une anecdote qui s’est produite avec notre maitre le Rav et lui z.ts.l.
Lorsque notre maitre le Rav z.ts.l édita le 1er volume de son ouvrage Chou’t Yabiya’ Omer (5714 – 1954), il marchait dans l’une des rue de Jérusalem (la rue David Yelin) et rencontra le Gaon de Brisk z.ts.l qui marchait lui aussi dans cette rue. Notre maitre s’approcha de lui et lui offrit en cadeau un exemplaire de son ouvrage récemment édité. Quelques jours plus tard, notre maitre le Rav z.ts.l rencontra le Gaon de Tchebinn z.ts.l, qui était l’un des Grands de Jérusalem en ces temps.
Le Gaon de Tchebinn dit à notre maitre le Rav : « Qu’as-tu donc fait au Rav de Brisk ??! L’aurais-tu ensorcelé ???! »
Notre maitre le Rav lui répondit : « Pourquoi me dites-vous cela ?? »
Le Gaon de Tchebinn lui raconta qu’il avait récemment rendu visite au Rav de Brisk et que celui-ci était complètement stupéfait du livre « Yabiya’ Omer », dont il a qualifié les raisonnements de droits et sur lequel il a affirmé qu’il était rempli d’une maitrise époustouflante. Le Rav de Brisk n’avait pas tari d’éloges sur le livre et sur son auteur en présence du Gaon de Tchebinn, en disant qu’il ignorait qu’il y avait parmi les Séfaradim un Talmid ‘Ha’ham aussi impressionnant.

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