Halacha pour mercredi 6 Kislev 5780 4 décembre 2019

Pour l'élévation des âmes de : André Avraham Ben Ma'hlouf TAÎB z"l de Lyon
Mme Sarah Bat Ra'hma AMAR z"l de Lyon
Mme Esther Bat Sa'ouda MARCIANO z"l de Lyon
Mme Esther Bat 'Hassiba El baz z"l de Lyon

Appeler son père ou sa mère par leur prénom – Les attitudes de notre maitre le Rav z.ts.l

Question: Est-il permis d’appeler son père par son prénom ? Est-il permis à quelqu’un d’appeler un ami par son prénom lorsque celui-ci est identique au prénom du père de la personne qui appelle?

Réponse: Il est interdit d’appeler son père ou sa mère par leur prénom. Par exemple, si le père se nomme « Chémouel », il est interdit à son fils ou à sa fille de l’appeler « Chémouel », mais uniquement « Papa ». Ce Din est tranché dans la Guémara, où il est expliqué que l’on doit faire preuve de crainte lorsqu’on mentionne le prénom de son père ou de sa mère, en raison de leur respect, comme lorsqu’on ressent de la crainte lorsqu’on mentionne le nom d’Hachem.

Notre maître le RAMBAM ajoute qu’il est également interdit à quelqu’un d’appeler d’autres personnes par leur prénom si celui-ci est le même que celui de son père. Par exemple, si une personne a un ami qui se nomme « Chémouel » comme son père, il lui est interdit d’appeler son ami par son prénom « Chémouel ». On devra dans ce cas appeler l’ami par un surnom (décent) comme « Chmoulik » par exemple si les gens l’appellent ainsi. Ce Din du RAMBAM est fondé par des références dans le Talmud, et ses propos sont rapportés dans la Halacha.
Cependant, l’usage sur ce point est apparemment contraire à l’opinion du RAMBAM, car tout le monde s’autorise à appeler un ami par son prénom même lorsque celui-ci est identique au prénom du père de celui qui appelle, et l’on ne craint pas de manque de respect envers le père par cela.

En réalité, le RAMBAM lui-même écrit dans une Téchouva (responsa) que ce Din n’est valable qu’en présence du père, c'est-à-dire, lorsque le père est présent, il est interdit au fils dans ce cas d’appeler son ami par son prénom, lorsque celui-ci est identique à celui de son père.

La RAMBAM ajoute que ce Din n’est valable que lorsque le père possède un prénom rare, c'est-à-dire, un prénom qui n’est pas très répandu. Dans ce cas précis, il est interdit à une personne d’appeler son ami par son prénom lorsque celui-ci est le même que celui de son père, même en l’absence du père.
Par exemple, lorsque le prénom de son père est « Bo’az » ou « Gamliel » - qui sont des prénoms pas très répandus - et que le prénom de son ami est identique, il est interdit dans ce cas d’appeler son ami par son prénom, et ceci, même sans la présence du père.

L’usage répandu dans les communautés d’orient et du Maghreb de donner aux petits-enfants le prénom des grands-parents, la chose est parfaitement permise et juste, sans la moindre contestation, en l’honneur des grands-parents qui désirent toujours que leurs enfants donnent leurs prénoms à leurs propres enfants, et accomplir la volonté d’une personne c’est le respecter.

Même si l’usage irakien (lieu de naissance de notre maitre le Rav z.ts.l) était d’éviter de donner aux petits-enfants le prénom des grands-parents par respect envers les grands-parents, malgré tout, voici l’anecdote qui se produisit:
Lors de la Bérit Mila du premier garçon de notre maitre le Rav z.ts.l, le père de notre maitre le Rav z.ts.l – Rabbi Ya’akov OVADIA z.ts.l – s’approcha de son fils (notre maitre le Rav z.ts.l) et lui demanda à voix basse : « Comment as-tu prévu de nommer ton fils ? » Notre maitre le Rav z.ts.l répondit à son père : « Avraham, sur le prénom de mon beau-père Rabbi Avraham FATAL Ha-Lévy qui est d’origine de Alep en Syrie où l’on a l’usage de donner le prénom du grand-père. » Son père répondit à notre maitre le Rav z.ts.l : « Et moi ??! » Notre maitre le Rav z.ts.l dit à son père : « Mais nous sommes d’origine d’Irak, et les irakiens ne donnent pas le prénom du grand-père lorsqu’il est encore en vie ! » Son père dit à notre maitre le Rav z.ts.l: « Moi je n’attache aucune importance à cela ! » C’est pourquoi, notre maitre le Rav z.ts.l nomma son premier fils « Ya’akov ». (Il nomma ensuite son deuxième fils « Avraham »). Le Mohel qui réalisa la Bérit Mila du premier fils de notre maitre le Rav z.ts.l était l’un des plus grands Rabbanim originaires d’Irak, le Gaon Rabbi Tsadka H‘OUTSINN z.ts.l et lui aussi ne fit aucune remarque à notre maitre le Rav z.ts.l.
De même, notre maitre le Rav z.ts.l nomma sa fille « Yaffa » sur le prénom de sa mère (elle était encore en vie).

En conclusion: Si le prénom du père et celui de l’ami sont identiques, si le père est présent, il est interdit au fils d’appeler l’ami par son prénom, mais en l’absence du père c’est permis, excepté lorsque le père possède un prénom rare comme « Métouchélah’ », car dans ce cas il est interdit au fils d’appeler son ami par son prénom, même en l’absence du père.

Questionner Le Rav


8 Halachot Les plus populaires

Règles relatives au jour du 9 Av

Le jour de Tich’a Be-Av (le jeûne du 9 Av), 5 interdits sont en vigueur: Manger et boire; Se laver; S’enduire (le corps avec de l’huile ou de la crème corporelle) ; Porter des chaussures en cuir ; Pratiquer l’intimité conjugale De même, il est inte......

Lire la Halacha

Règles relatives à la sortie du 9 Av et au 10 Av

Après la sortie des étoiles le jour du 9 Av, il est permis de manger et de boire. nous avons l’usage de réciter Birkat Ha-Lévana (la bénédiction à la vision de la lune) après l’office de ‘Arvit à la sortie du 9 Av. il ......

Lire la Halacha

Consommation de viande après Roch H’odech AV

Il est expliqué dans une Michna de Ta’anit (26b) qu’il est interdit par décret de nos maîtres de consommer de la viande et du vin, la veille de Tich’a Beav (la veille du jeune du 9 Av) lors de la Séouda Ha-Mafsekete (le dernier repas avant le début......

Lire la Halacha

Tou Bé-Av – le 15 Av

Aujourd’hui, nous célébrerons « Tou Bé-Av ». On enseigne dans une Michna de Ta’anit (26b): Rabban Chim’on Ben Gamliel dit: « Il n’y a pas de plus belles fêtes pour Israël que le 15 Av et Yom KIPPOUR. Ces jours-là, le......

Lire la Halacha


Les personnes soumises et exemptes du jeûne du 9 Av

Un malade sans danger Un malade (véritablement malade, qui est alité ou autre, même s’il n’est pas en danger) est exempt de jeûner le 9 Av, car la sévérité du jeûne du 9 Av est moins importante que celle de Yom Kippour sur ce point. D......

Lire la Halacha

Règles relatives à la veille du 9 Av

Il est rapporté dans le Sefer Ha-Minhaguim de Rabbenou Eizik TIRNA, que l’on ne doit pas se promener la veille du 9 Av. C’est ainsi que tranche le RAMA, et il semble que c’est également ainsi que tranche notre maître le H’YDA, et de nombreux autres d&eacut......

Lire la Halacha

« Dès le début du mois de Av, nous diminuons la joie »

Ce mardi soir et mercredi, nous serons le jour de Roch H’odech Av. La destiné d’Israël pendant le mois de Av Même si quelques règles de deuil sont déjà en vigueur pendant la période de Ben Ha-Métsarim (les 3 semaines entre le 17 Ta......

Lire la Halacha

« Celui qui a trouvé la femme, a trouvé le bien »

Nos maitres enseignent dans la Guémara Bérah’ot (8b): Il est dit dans le livre de Téhilim (chap.32) : « C’est pourquoi tout homme pieux doit t’implorer à l’heure qui est propice … » Rabbi ‘Hanina dit : ......

Lire la Halacha