Halacha pour mardi 23 Iyar 5779 28 mai 2019

Pour l'élévation de l'âme de:
André Avraham Ben Ma'hlouf TAÏB z"l de Lyon (France)

Marco Its’hak Ben Dolly Dandouna HaCohen z’’l

Une ‘Amida offerte à titre personnel (« Téfilat Nédava »)

Question: Qu’est ce qu’une « Téfilatt Nédava » (‘Amida offerte à titre personnel), et est- ce valable de notre époque?

Réponse: Les offices journaliers (‘Amidott) que nous faisons ont été instaurés en correspondance aux sacrifices en vigueur du temps où le Temple existait, comme il est dit : « Nous substituons nos lèvres aux taureaux ». Ce qui signifie que les prières que nous disons sont un moyen de remplacement des sacrifices en vigueur dans le Temple (Bérachott 26b).

Même si à l’époque du Temple les gens priaient déjà, malgré tout, ce n’était pas une véritable obligation avec 3 offices quotidiens et dans le rituel que nous avons aujourd’hui.

Au même titre qu’un particulier était autorisé à venir au Temple et à offrir un sacrifice à titre personnel sans obligation, ainsi nous pouvons dire qu’une personne peut s’autoriser à offrir à Hachem un office (une ‘Amida) à titre personnel non inclus dans les offices quotidiens obligatoires.

C’est pour cela qu’il est expliqué dans la Guémara Bérachott (21a) qu’il est permis à un particulier d’offrir une ‘Amida en « cadeau » personnel à Hachem, et cette ‘Amida lui comptera le même mérite qu’un sacrifice offert à titre personnel.
Une telle personne mérite d’être qualifiée « Nédiv Lev » (généreux de cœur), comme il est dit dans le livre Divré Ha-Yamim 2 (39-31) : « Puis Yéh’izkiyahou prit la parole et dit : " Maintenant, vous vous êtes consacrés à Hachem, approchez et offrez des sacrifices et des actions de grâces dans le temple d’Hachem ", et l’assemblée offrit des sacrifices et des actions de grâces, et, toute personne généreuse de cœur offrit des holocaustes. »

Cependant, notre maitre le ROCH écrit dans une responsa (règle 4 chap.13) que celui qui prie une ‘Amida offerte « doit se connaître comme quelqu’un de prompt et évaluer ses capacités à se concentrer durant la totalité de la ‘Amida sans la moindre déconcentration, dans ces conditions il est qualifié de « généreux de cœur ». Mais s’il ne se concentre pas correctement (et qu’il s’autorise malgré tout une ‘Amida offerte), le texte dit de lui (Yécha’ya 1-11) : « Que m'importe la multitude de vos sacrifices ? Dit Hachem. Je suis saturé de vos holocaustes de béliers, de la graisse de vos sacrifices; le sang des taureaux, des agneaux, des boucs, je n'en veux point. »
Le ROCH ajoute qu’il serait déjà souhaitable que l’on se concentre correctement dans les 3 offices quotidiens obligatoires.

Le ROCH vient nous expliquer qu’étant donné qu’une prière dite sans concentration est comparable à un corps sans âme, nous nous devons de veiller en priorité à réaliser correctement les 3 offices quotidiens obligatoires avec toute la concentration possible, mais pour ce qui est d’ajouter des ‘Amidott supplémentaires, dans nos générations où la concentration est très difficile (et le ROCH vivait au moyen âge, à fortiori de nos jours …), pour la plupart des gens la chose ne serait pas souhaitable, et celui qui se l’imposerait se verrait attribuée la citation « Que m'importe la multitude de vos sacrifices ? »       

MARAN dans le Choulh’an ‘Arouh’ (chap.107) tranche ainsi :
« Celui qui désire prier une ‘Amida offerte, est autorisé à le faire, mais il doit ajouter une demande personnelle dans sa prière. » (par exemple, demander la guérison d’une tierce personne dans la bénédiction de Réfaénou, ou tout exemple similaire pour les autres bénédictions de demande).
MARAN écrit encore :
« Celui qui désire prier une ‘Amida offerte doit se connaître comme quelqu’un de prompt et vigilant, et doit évaluer ses capacités à se concentrer durant la totalité de la ‘Amida. Mais s’il ne se concentre pas correctement, on lui attribuera la citation : « Que m'importe la multitude de vos sacrifices ? », et il serait déjà souhaitable que l’on se concentre correctement dans les 3 offices quotidiens obligatoires. » Fin de citation.

Rabbénou Chim’on Bar Tsémah’ (le RACHBETS) écrit dans ses commentaires :
« Nous n’avons vu personne dans nos générations ayant l’usage de prier une ‘Amida offerte »
« Dans ces générations, la notion de ‘Amida offerte a totalement disparue, et on ne doit absolument pas l’appliquer. »
C’est également ainsi que tranche Rabbénou H’aïm ABOUL’AFIA dans son livre Nichmatt H’aïm (chap.4), que « de notre temps, on ne doit absolument pas prier de ‘Amida offerte. »
C’est ainsi qu’écrivent d’autres grands décisionnaires de ces derniers siècles.

Par conséquent, dans la pratique, on ne doit absolument pas prier de ‘Amida offerte de notre époque.
Dans les prochaines Halachot, nous expliquerons – avec l’aide d’Hachem – les cas exceptionnels où nous devons et où nous sommes malgré tout autorisés à prier une ‘Amida offerte.

Questionner Le Rav


8 Halachot Les plus populaires

Les jours de « Ben Ha-Métsarim » - Les décrets de nos maitres

Aujourd’hui, nous observons le jeûne du 17 Tamouz. Les jours entre le 17 Tamouz et le 9 Av se nomment les jours de « Ben Ha-Métsarim » (« entre les détresses »), en correspondance au verset de Eih’a (chap.1 verset 3) « Tous ses poursui......

Lire la Halacha

Suite des règles sur les ustensiles en verre et en Pyrex vis-à-vis de la viande et du lait

Dans la précédente Halacha, nous avons cité l’opinion de MARAN l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’ selon lequel les ustensiles en verre n’absorbent absolument pas, et de ce fait, il n’y a aucun interdit à utiliser des ustensiles en verr......

Lire la Halacha

Ustensiles en verre pour la viande et le lait

Question: Doit-on également posséder une vaisselle viande et une vaisselle lait lorsqu’il s’agit d’ustensiles en verre? Réponse: Nous avons déjà expliqué dans la précédente Halacha qu’il est obligatoire de possé......

Lire la Halacha

Vaisselle viande et vaisselle lait et règle du goût détérioré (נותן טעם לפגם)

Les parois d’une marmite qui a cuit de la viande absorbent légèrement de la nourriture au moment de la cuisson. Par conséquent, cette marmite est qualifiée de marmite « viande », et de ce fait, si l’on cuit des aliments lactés dans......

Lire la Halacha


L’interdiction de la viande et du lait

Il est dit à 3 reprises dans notre sainte Torah: « Tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait de sa mère. » (Chémot chap.23 et 34. Dévarim 14).  Nos maîtres commentent dans la Guémara H‘oulin (114a): Une fois pour nous indiq......

Lire la Halacha

La bénédiction de Chéhéh’éyanou sur un nouveau vêtement

Question: Quand doit-on réciter la bénédiction de Chéhéh’éyanou sur un nouveau vêtement? Doit-on la réciter lors de l’achat, ou bien au moment où l’on porte véritablement le vêtement? De plus, doit-on r&eacu......

Lire la Halacha

La bénédiction de « Chéhé’héyanou » sur une bonne odeur

Question: Doit-on réciter la bénédiction de « Chéhéh’éyanou » sur un parfum qui se renouvelle chaque année? Réponse: Cette question prend sa source dans le fait que l’on récite la bénédiction de &......

Lire la Halacha

Réciter la Bérah’a de Chéhéh’éyanou sur des fruits greffés

Question: Faut-il réciter la bénédiction de Chéhéh’éyanou lorsque l’on consomme pour la première fois dans l’année des agrumes comme un pamplemousse ou une orange? Réponse: Nous devons tout d’abord introduire l......

Lire la Halacha