Halacha pour jeudi 26 Tevet 5780 23 janvier 2020

Pour l'élévation des âmes de : André Avraham Ben Ma'hlouf TAÎB z"l de Lyon
Mme Sarah Bat Ra'hma AMAR z"l de Lyon
Mme Esther Bat Sa'ouda MARCIANO z"l de Lyon
Mme Esther Bat 'Hassiba El baz z"l de Lyon

Permis de conduire et Lachon Ha-Ra’ (médisance)

Question: Si une personne désire passer son permis de conduire et que j’ai connaissance du fait que cette personne a des problèmes de santé l’empêchant de conduire, suis-je autorisé à en informer les autorités compétentes?

Réponse: Le RAMBAM écrit en ces termes (chap.1 des règles relatives au meurtrier):
« Toute personne pouvant sauver son prochain et ne le sauve pas, transgresse l’interdit « Tu ne te tiendras pas à côté du sang de ton prochain ». Par conséquent, si l’on voit son prochain sur le point de se noyer dans la mer, ou bien des brigands l’attaquer, et que l’on a la possibilité de le sauver, ou si l’on entend des gens fomenter un complot contre son prochain et que l’on n’en informe pas la victime, on transgresse les paroles de la Torah « Tu ne te tiendras pas à côté du sang de ton prochain ».

Même s’il est expliqué à travers d’autres propos du RAMBAM (chap.7 des règles relatives au témoignage) que lorsqu’on prononce des paroles humiliantes à l’encontre de son prochain, même si l’on dit la vérité, ces paroles sont considérées comme du « Lachon Ha-Ra’ » (médisance) - faute sur laquelle le texte dit : « Qu’Hachem supprime toutes les langues mielleuses, les lèvres qui s’expriment avec arrogance » (Téhilim 12-4) - malgré tout, il est certain que toute l’interdiction du Lachon Ha-Ra’ n’existe que dans un contexte où l’on pense uniquement à nuire à son prochain et à l’humilier (même par de la vérité). Mais lorsqu’on pense à son utilité et à éloigner le mal de lui, la chose est permise. Comme les termes du RAMBAM cités précédemment l’indiquent de façon explicite, si l’on entend des gens fomenter un complot contre son prochain et que l’on ne vient pas l’en informer, on transgresse l’interdit de la Torah « Tu ne te tiendras pas à côté du sang de ton prochain ». Ainsi tranchent le TOUR et  MARAN dans le Choulh’an ‘Arouh’ (chap.426).

De même, le Gaon Rabbi Israël Isser, qui faisait partie des grands maitres de Lituanie, écrit dans son livre Pith’é Téchouva (chap.156) :
« Le Maguen Avraham ainsi que les grands maitres du Moussar (morale) se sont longuement étendus sur la gravité de l’interdiction du Lachon Ha-Ra’. Mais je pense utile de rappeler d’autre part qu’il existe une faute encore plus grave et d’autant plus fréquente. Il s’agit du cas où l’on évite d’informer son prochain alors que l’on se trouve face à une situation où l’on doit sauver l’opprimé de son oppresseur, et l’on s’en prive sous prétexte que l’on craint l’interdiction de Lachon Ha-Ra’. Par exemple, lorsqu’on voit quelqu’un tendre un piège à son prochain pour le tuer ou pour lui faire du mal avec ruse, et que l’on s’évite d’aller en informer la victime parce que l’on croit qu’il s’agirait de Lachon Ha-Ra’. En réalité, celui qui se comporte ainsi verra sa faute trop lourde à porter, et transgresse l’interdiction « Tu ne te tiendras pas à côté du sang de ton prochain ». De même dans le domaine des Chidou’him (présentations en vue de mariage), si le jeune homme (ou la jeune fille) est une personne mauvaise et fourbe ou s’il s’agit d’un escroc, et qu’il cherche à se marier, le fait d’en informer les personnes concernées fait partie de la Mitsva de « Hachavatt Avéda » (restituer un objet perdu à son propriétaire). Tout dépend de l’intention du cœur lorsqu’on rapporte de tels propos : si l’intention est de nuire à son prochain, il s’agit là de Lachon Ha-Ra’, mais si l’intention est de rechercher le bien de son prochain et de le mettre en garde pour le sauver d’un piège, dans ce cas c’est une très grande Mitsva, et la personne qui viendrait informer son prochain sera digne de la Bénédiction. »

Le Gaon auteur du ‘Hafets ‘Haïm tranche similairement dans son livre (aux règles relatives à la médisance règle 9) où il écrit que si l’on voit son prochain désirant s’associer dans un commerce avec quelqu’un, et que l’on sait de façon certaine qu’une telle affaire n’occasionnerait qu’une perte à son prochain, on est tenu de l’en informer. De même dans le domaine des Chidou’him etc …. A la condition de ne pas exagérer en racontant plus que ce que l’on sait réellement, et en ne pensant qu’à l’utilité de la chose pour retirer le mal de son prochain, sans penser à nuire à son prochain (l’associé qui a proposé l’affaire) par jalousie et haine que l’on aurait dans le cœur.

Notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l ajoute dans son livre Chou’t Yéh’avé Da’at (vol.4 chap.60) que lorsqu’il y a nécessité, les autorités militaires (d’Israël) doivent fournir au Beit Din (tribunal rabbinique) tous les documents tenus secrets en leur possession concernant l’état de santé d’un mari afin de juger les réclamations de divorce religieux de son épouse.

Par conséquent, dans notre cas, notre maitre le Rav z.ts.l tranche que lorsqu’on sait que la personne désirant passer son permis de conduire est atteinte d’une maladie, ou bien que la vieillesse l’empêchera de conduire, et que le problème ne peut être diagnostiqué par un examen ordinaire, on doit aller immédiatement en informer les autorités compétentes, afin d’éviter des accidents aux personnes et aux biens.

Qu’Hachem protège son peuple Israël…

Questionner Le Rav


8 Halachot Les plus populaires

Règles relatives au jour du 9 Av

Le jour de Tich’a Be-Av (le jeûne du 9 Av), 5 interdits sont en vigueur: Manger et boire; Se laver; S’enduire (le corps avec de l’huile ou de la crème corporelle) ; Porter des chaussures en cuir ; Pratiquer l’intimité conjugale De même, il est inte......

Lire la Halacha

Règles relatives à la sortie du 9 Av et au 10 Av

Après la sortie des étoiles le jour du 9 Av, il est permis de manger et de boire. nous avons l’usage de réciter Birkat Ha-Lévana (la bénédiction à la vision de la lune) après l’office de ‘Arvit à la sortie du 9 Av. il ......

Lire la Halacha

Consommation de viande après Roch H’odech AV

Il est expliqué dans une Michna de Ta’anit (26b) qu’il est interdit par décret de nos maîtres de consommer de la viande et du vin, la veille de Tich’a Beav (la veille du jeune du 9 Av) lors de la Séouda Ha-Mafsekete (le dernier repas avant le début......

Lire la Halacha

Tou Bé-Av – le 15 Av

Aujourd’hui, nous célébrerons « Tou Bé-Av ». On enseigne dans une Michna de Ta’anit (26b): Rabban Chim’on Ben Gamliel dit: « Il n’y a pas de plus belles fêtes pour Israël que le 15 Av et Yom KIPPOUR. Ces jours-là, le......

Lire la Halacha


Les personnes soumises et exemptes du jeûne du 9 Av

Un malade sans danger Un malade (véritablement malade, qui est alité ou autre, même s’il n’est pas en danger) est exempt de jeûner le 9 Av, car la sévérité du jeûne du 9 Av est moins importante que celle de Yom Kippour sur ce point. D......

Lire la Halacha

Règles relatives à la veille du 9 Av

Il est rapporté dans le Sefer Ha-Minhaguim de Rabbenou Eizik TIRNA, que l’on ne doit pas se promener la veille du 9 Av. C’est ainsi que tranche le RAMA, et il semble que c’est également ainsi que tranche notre maître le H’YDA, et de nombreux autres d&eacut......

Lire la Halacha

« Dès le début du mois de Av, nous diminuons la joie »

Ce mardi soir et mercredi, nous serons le jour de Roch H’odech Av. La destiné d’Israël pendant le mois de Av Même si quelques règles de deuil sont déjà en vigueur pendant la période de Ben Ha-Métsarim (les 3 semaines entre le 17 Ta......

Lire la Halacha

« Celui qui a trouvé la femme, a trouvé le bien »

Nos maitres enseignent dans la Guémara Bérah’ot (8b): Il est dit dans le livre de Téhilim (chap.32) : « C’est pourquoi tout homme pieux doit t’implorer à l’heure qui est propice … » Rabbi ‘Hanina dit : ......

Lire la Halacha