Halacha pour lundi 12 Tammuz 5779 15 juillet 2019

Embrasser la Mézouza - Une Mézouza en guise de protection

Question: Est-il permis de se déplacer avec une Mézouza suspendue autour du cou en guise d’amulette ? Y a-t-il une notion particulière à embrasser la Mézouza, ainsi que le Séfer Torah?

Réponse: La Mézouza possède une propriété particulière, puisque par son mérite, Hachem protège les portes des foyers d’Israël de tout mal. C’est pour cette raison que l’on écrit le mot « Ch.A.D.A.Ï » (un des noms divins) au verso du parchemin de la Mézouza, puisque les lettres de ce mot (Chin Dalet Youd) forment la phrase « CHomer Daltot Israël » (IL garde les portes d’Israël).

Le Gaon Rabbi Moché FEINCHTEIN z.ts.l, dans son livre Chou’t Iguérott Moché (sect. Y.D vol.2 page 239), prouve à partir des propos des décisionnaires que le fait de porter une Mézouza en amulette a une propriété protectrice.

A partir de là, nous allons débattre de la question, car en réalité nous sommes face à plusieurs craintes Halachiques, et nous allons traiter deux d’entres elles.

La première de ces craintes nous laisse penser que toute utilisation de la Mézouza peut constituer une humiliation envers la Mézouza (Bizayon), et de ce fait, on ne pourrait permettre que de fixer la Mézouza aux portes des maisons, tel que nous l’ordonne Hachem. Mais porter la Mézouza et la suspendre à une chaîne comme une amulette serait interdit.

Effectivement, le Gaon MAHARY’L refusa de procurer des Mézouzott au gouverneur de la ville pour protéger ses châteaux. Il en ressort apparemment que le MAHARY’L pense que toute utilisation de la Mézouza, autre que celle destinée à la Mitsva de Mézouza, est interdite même s’il s’agit d’une utilisation pour une protection.

Cependant, le Gaon Ya’abets (Rabbi Ya’akov ‘EMDEIN fils de Rabbi Tsévi) prouve à partir du Talmud Yérouchalmi qu’il est permis de procurer des Mézouzott à un non-juif pour qu’il les suspende aux portes de sa maison, si l’on sait qu’il préservera le respect de la Mézouza, et ceci ne constitue absolument aucun interdit.
Même si les non-juifs ne sont pas soumis au devoir de la Mézouza, malgré tout, il leur est permis d’utiliser la Mézouza comme protection.
Selon cela, le Gaon Ya’abets s’étonna du refus du MAHARY’L de procurer des Mézouzott au gouverneur de la ville.

Mais dans son livre (ibid.), le Gaon Rabbi Moché FEINCHTEIN z.ts.l explique le refus du MAHARY’L en disant que le MAHARY’L lui-même admet qu’il n’y a pas d’interdiction à procurer une Mézouza à un non-juif, ou bien de l’utiliser en guise de protection comme une amulette, mais il refusa malgré tout de procurer la Mézouza au gouverneur car celui-ci réclama les Mézouzott pour protéger son château contre les voleurs (ainsi écrit le MAHARY’L lui-même). Or, nous n’avons trouvé aucune source attestant que la Mézouza protège des voleurs (elle protège des « Mazzikim », les Chédim), et il y avait donc à craindre que lorsque des voleurs s’introduiraient dans le château du gouverneur, celui-ci se mettrait en colère en constatant que les Mézouzott ne l’ont pas protégé, et il en viendrait à jeter les Mézouzott de façon humiliante. Dans le cas où il y a à craindre l’humiliation de la Mézouza, il est catégoriquement interdit selon tous les avis de la procurer à un non-juif.

Nous pouvons donc en déduire qu’il est permis d’utiliser la Mézouza comme une amulette.

Le fait d’embrasser la Mézouza est un bel usage très ancien.
Cet usage a une allusion dans la Guémara ‘Avoda Zara (11a), où l’on enseigne que lorsque les soldats romains emmenèrent Onkeloss le converti afin de le juger, celui-ci posa sa main sur la Mézouza et sourit. Les soldats lui demandèrent la raison à ce sourire. Il leur dit:
« En général, le roi est installé à l’intérieur et ses serviteurs veillent sur lui de l’extérieur. Mais pour Hachem, le Roi des Rois, il n’en est pas ainsi. Ses serviteurs sont installés à l’intérieur, et c’est lui qui veillent sur eux de l’extérieur. »
Et même s’il n’est pas question d’embrasser la Mézouza dans cette histoire, mais uniquement de poser la main dessus, malgré tout, ce geste reflète une volonté d’exprimer de l’affection envers la Mitsva et de renforcer la foi.
Mais il n’est pas question « d’obligation » d’embrasser la Mézouza, ce n’est qu’un bel usage pour celui qui l’adopte.
De même au sujet du Séfer Torah, il est un très bel usage pour les personnes se trouvant à proximité du Séfer Torah de l’embrasser avec la bouche, ou avec la main, ou au moyen du Talit par mesure d’hygiène.
Cet usage est répandu au sein de tout le peuple d’Israël.

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