Halacha pour dimanche 29 Sivan 5780 21 juin 2020

Pour l'élévation des âmes de : André Avraham Ben Ma'hlouf TAÎB z"l de Lyon
Mme Sarah Bat Ra'hma AMAR z"l de Lyon
Mme Esther Bat Sa'ouda MARCIANO z"l de Lyon
Mme Esther Bat 'Hassiba El baz z"l de Lyon
Pour la guérison totale de Ethan Chlomo Ben Yoni  parmi tous les malades d'Israël Amen
Pour l'élévation de l'âme de Louis Avraham Ben Israël SAURA z''l (de Lyon)

Etudier la Torah en étant seul

Question: Un homme a-t-il le droit d’étudier seul, ou bien est-il tenu d’étudier exclusivement avec un compagnon d’étude (« H’avrouta »)?

Réponse: Dans la Guémara Ta’anit (7a), nos maitres commentent un verset du livre de Irméyahou: « Guerre aux trafiquants de mensonge ! Ils perdront la tête » Guerre (condamnation à mort) pour ceux qui étudient la Torah en étant seuls sans compagnon d’étude (les termes « trafiquants de mensonge » sont exprimés dans le versets par le terme « Badim » qui provient de la racine étymologique « Lévad » qui signifie « seul »). De plus, ils en deviennent sots, comme il est dit dans la fin du même verset : « Ils perdront la tête », et ils finissent même par fauter. Fin de citation de la Guémara.

Nous pouvons en déduire que selon le fondement de la Halah’a, il serait interdit d’étudier régulièrement la Torah seul, car l’étude de la Torah est une chose complexe, qui possède plusieurs façons d’expliquer chaque sujet, et lorsqu’un homme étudie seul, il est susceptible de commettre des erreurs d’interprétation qui s’enracineront en lui au point de se tromper complètement durant tout son parcours dans l’étude de la Torah, et il induira même les autres en erreur avec lui. De ce fait, il est interdit d’étudier la Torah régulièrement seul, mais seulement avec un compagnon d’étude qui le sauvera de toute embuche.

Cependant, les commentateurs expliquent que de nos jours où de nombreux livres sont à la disposition de chacun, des livres qui expliquent chaque sujet en utilisant différents points de vue pour expliquer, l’interdiction d’étudier seul n’est plus applicable, car même si l’étudiant se trompe, il se rendra compte de toutes manières de son erreur à travers les livres. Les livres sont devenus des sortes de compagnons d’étude pour l’étudiant qui met en eux toute sa réflexion. Notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l disait toujours qu’il n’y a pas la moindre crainte d’interdiction d’étudier la nuit alors que l’on ne va probablement pas trouver de compagnon d’étude, puisqu’on étudie profondément dans les livres qui sont nos maitres et nos compagnons d’étude. (Comme il l’écrit dans son livre Halih’ot ‘Olam à la fin du volume 8).

De même, le Gaon Rabbi H‘aïm FALLAG’I - dans son livre Guinzé H’aïm – cite un appui à cela, à partir de l’explication donnée par le Maharam Mints sur l’enseignement de nos maitres « Acquiert-toi un compagnon d’étude ». Le mot « acquiert » se dit « Kéné » qui a la même racine étymologique que le mot « Kané » qui signifie « la plume ». L’enseignement de nos maitres fait donc allusion aux livres qui sont rédigés avec « la plume », et qui sont donc pour nous de véritables « compagnons d’étude ».

Le Gaon Ya’abets (Rabbi Ya’akov Ben Tsévi, fils du H’ah’am Tsévi) ajoute à cela dans l’introduction à son rituel de prières, que les étudiant d’Erets Israël ne sont pas concernés par cet interdit, puisque l’air de la terre d’Israël procure de la sagesse aux étudiants qui s’y trouvent. Grâce au mérite de la sagesse supplémentaire que possèdent les étudiants d’Erets Israël, ils sont autorisés à étudier la Torah seuls.

Cependant, dans la pratique, il faut se montrer vigilant sur la question car même si des érudits qui connaissent et maitrisent l’étude sont autorisés à étudier seuls, ceci n’est pas un chemin commun à tout le monde, car en réalité, quelqu’un qui débute dans l’étude de la Torah et étudie seul, est facilement susceptible de rencontrer des erreurs. Par conséquent, même notre maitre le Rav z.ts.l faisait la remarque aux jeunes de ne pas étudier seuls, par crainte qu’ils ne se trompent dans leur étude. Ce n’est qu’occasionnellement qu’ils sont autorisés à étudier seuls. (Comme nous l’avons écrit dans le livre « Avir Ha-Ro’im » page 141).

En particulier pour des chefs de familles qui travaillent (« Ba’alé Batim ») et ne fixent que quelques heures pour étudier régulièrement, ils doivent avoir l’exigence particulière – eux, ainsi que leurs épouses qui doivent les stimuler à cela – d’aller étudier la Torah auprès d’un Rav érudit dans la Torah, qui craint Hachem, afin qui leur indique de façon correcte le chemin à suivre et les actes à accomplir. Grâce à cela, ils mériteront un grand bien dans ce monde-ci, comme dans le monde futur.

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