Halacha pour mardi 24 Tevet 5780 21 janvier 2020

Pour l'élévation des âmes de : André Avraham Ben Ma'hlouf TAÎB z"l de Lyon
Mme Sarah Bat Ra'hma AMAR z"l de Lyon
Mme Esther Bat Sa'ouda MARCIANO z"l de Lyon
Mme Esther Bat 'Hassiba El baz z"l de Lyon
Pour la guérison totale de Ethan Chlomo Ben Yoni  parmi tous les malades d'Israël Amen
Pour l'élévation de l'âme de Louis Avraham Ben Israël SAURA z''l (de Lyon)
Pour la guérison totale et rapide de Jacky Yaakov Ben Esther (Benadiba) de Lyon, parmi tous les malades d'Israël Amen.

Une élève orpheline – Une femme divorcée

Question: Je suis enseignante et j’ai dans ma classe une élève orpheline. Comment dois-je agir envers elle lorsqu’elle ne se comporte pas correctement ? De même, j’ai une amie dans le corps enseignant qui est divorcée, y a-t-il un interdit particulier à les faire souffrir?

Réponse: Dans la précédente Halacha, nous avons expliqué les propos de la Torah à travers lesquels Hachem ordonne de ne pas faire souffrir les orphelins et les veuves. Nous avons expliqué que toute personne les faisant souffrir transgresse un interdit spécifique de la Torah, car cette personne aura fait souffrir un orphelin ou une veuve. Son châtiment sera trop lourd à supporter comme nous l’avons expliqué.

Le RAMBAM écrit (chap.6 des règles relatives aux tempéraments):
« Chacun est tenu d’être vigilant envers les orphelins et les veuves, car ils se sentent très rabaissés et leur esprit est très affligé, même s’ils s’agit de personnes riches. Même lorsqu’il s’agit de la veuve du roi ou de ses orphelins, nous devons être vigilants envers eux, comme il est dit : N'humiliez jamais toute veuve ni tout orphelin. »

Le RAMBAM poursuit et explique:
Comment devons-nous nous comporter envers eux ? Nous ne devons leur parler qu’avec délicatesse ; nous ne devons leur exprimer que du respect ; nous ne devons pas affliger leurs corps par le travail, ni leurs cœurs par de durs propos ; nous devons protéger leur argent plus que le notre. Celui qui les irrite ou les met en colère ou leur fait du mal, ou bien celui qui les tyrannise ou qui perd leur argent transgresse un interdit de la Torah (l’interdit de les faire souffrir), à fortiori celui qui les frappe ou les maudit (ou les insulte). Le châtiment à cet interdit est explicite dans la Torah, comme il est dit : « Mon courroux s'enflammera, et je vous ferai périr par le glaive … ». Celui qui a dit « que le monde soit » (Hachem) a établit un pacte d’alliance avec eux (les orphelins et les veuves) selon lequel dès qu’ils imploreront pour avoir été volés, ils seront répondus, comme il est dit : « quand sa plainte s'élèvera vers moi, assurément j'entendrai cette plainte. »

Cependant, il est certain que s’il est nécessaire de faire remontrance à l’orphelin pour son intérêt, afin qu’il soit éduqué correctement, il faut le faire. Comme l’écrit le RAMBAM lui-même en ces termes : « De quels cas précis parle-t-on lorsqu’il est interdit de faire souffrir l’orphelin et la veuve ? Lorsqu’on les fait souffrir pour notre propre intérêt. Mais lorsque le Rav les fait souffrir afin de leur enseigner la Torah ou un métier, ou bien pour les faire marcher dans le droit chemin, ceci est permis. Malgré tout, il ne faut pas agir envers eux comme on le fait envers n’importe qui, mais il faut agir différemment, en les guidant avec délicatesse, avec grande pitié et respect, comme il est dit : « Car Hachem prend leur cause en mains … » Aussi bien un orphelin de père qu’un orphelin de mère.
Nous apprenons des propos du RAMBAM que l’enseignante doit certes réprimander l’élève orpheline lorsque celle-ci ne se comporte pas correctement, mais elle doit le faire avec la vigilance requise, afin de ne pas alourdir la peine de l’orpheline, et en se conduisant envers elle avec bonté, avec beaucoup de pitié et de respect, et avec beaucoup de réflexion.

Jusqu’à quand sont-ils qualifiés comme orphelins sur ce point?
Le RAMBAM écrit : « Jusqu’à ce qu’ils n’aient plus besoin d’un adulte sur lequel s’appuyer, qui les adoptera et s’occupera d’eux. Dès lors où l’orphelin pourra s’assumer comme tous les autres adultes. »
Cela signifie qu’il n’y a pas d’âge défini à partir duquel les orphelins ne sont plus considérés en tant que tels. Cela dépend de chacun. S’il souffre encore intérieurement et a encore besoin de l’image d’un père ou d’une mère pour s’occuper de lui et se soucier de son bien-être, il a encore le statut d’orphelin. Même s’il est âgé de 18 ans, il est probable que tel est encore son statut.

Rabbi Ichma’el dit dans la Méh’ilta : De même qu’il est interdit de faire souffrir l’orphelin et la veuve, ainsi il est interdit de faire souffrir toute personne. Comme l’explique le saint Rachi (sur Chémot 22) : l’intention de la Torah ne vise pas seulement les gens qui font souffrir les orphelins et les veuves, mais aussi toute personne, car il est interdit de faire souffrir qui que ce soit. Le fait que la Torah ait mentionné exclusivement les orphelins et les veuves s’explique simplement parce qu’ils sont relativement faibles, et il est malheureusement fréquent de les faire souffrir.

Par conséquent, plus une personne est sensibilisée par ce qu’elle a vécut, ainsi il faut se comporter envers elle avec plus de délicatesse et de vigilance, afin de ne pas la faire souffrir. Comme nos maitres enseignent dans la Guémara (Bava Métsi’a 59a) : « L’homme doit toujours faire preuve de vigilance afin de ne pas vexer son épouse, car sa larme étant fréquente, le risque de la vexer est d’autant plus probable. » Cela signifie que la femme étant – par nature - plus sensible que l’homme, le mari se doit d’être davantage vigilant à ne pas la faire souffrir, car elle est particulièrement vulnérable. De ce fait, la prière de la femme est particulièrement exaucée (similairement à ce que nous avons cité dans la précédente Halah’a au nom de Rabbénou Bah’yé).

C’est pourquoi notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l a dit un jour que toute la rigueur exprimée par le Torah envers l’interdiction de faire souffrir une veuve, est parfois applicable envers une femme divorcée qui réside dans la souffrance. Toute personne qui lui porterait atteinte s’expose à un grand châtiment, car elle est vit une vie amère et ses larmes coulent fréquemment.

En conclusion, nous citerons une anecdote du temps du Gaon auteur du H’afets H’aïm z.ts.l. Dans le quartier où il résidait, vivait une veuve qui habitait un appartement en location. Du fait de sa pauvreté, cette veuve n’avait plus les moyens de payer le loyer de son appartement. Le propriétaire se présenta une nuit d’hiver, une nuit glaciale, et renvoya la veuve de son appartement avec des cris. Ainsi, cette pauvre femme fut jetée dans la rue le soir de Yom Kippour.
Le H’afets H’aïm dit : « J’attendrais de nombreuses années s’il le faut pour voir le sort de cet homme cruel qui a agit ainsi. »
Effectivement, au bout de dix ans, ce propriétaire fut mordu par un chien enragé. Lorsque sa maladie s’aggrava, il tournait dans les rues de la ville de Radinn en aboyant comme un chien fou. Sa bave s’échappait de sa bouche et tout le monde s’éloignait de lui, jusqu’à ce qu’il mourut comme un être insignifiant et misérable. Qu’Hachem pardonne dans sa bonté…

Dans les temps futurs, Hachem fera revivre tous les morts, les veuves chanteront et les orphelins se réjouiront. La mort sera définitivement abolie et Hachem effacera les larmes de tout visage.

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