Halacha pour mercredi 20 Av 5779 21 août 2019

Cette Halacha est dédiée à l’élévation de l’âme de la Rabbanitt Messa’ouda Bat ‘Hanna (Toledano) z’’l
digne épouse de mon vénéré maitre Rabbi Yossef TOLEDANO z.ts.l
Dédié par: David PITOUN

Pour l'élévation de l'âme de Rivka Bat Rachel Léa
Pour l'élévation de la Néshama de Sim'ha Bat Ra'hel (Sebban) z''l

Ajouter de l’eau dans un plat pendant Chabbat

Question: Lorsqu’on s’aperçoit que la marmite du plat de Chabbat est sur le point de bruler, est-il permis d’y ajouter de l’eau chaude?

Réponse: Cette question est très fréquente car dans de nombreux foyers, on a l’usage de placer sur la plaque électrique depuis la veille de Chabbat une marmite contenant le plat de Chabbat jusqu’au lendemain pour le repas de midi. Il arrive souvent que l’on ne met pas suffisamment d’eau dans la marmite, et de ce fait, le plat s’assèche et commence à bruler. Certaines personnes ajoutent dans ce cas de l’eau bouillante dans la marmite le jour de Chabbat pour éviter que le plat ne brule.

Les propos de Rabbenou Yona
Le premier décisionnaire ayant traité de ce problème est Rabbenou Yona dans sa « Igueret Ha-Téchouva », en ces termes:
« Un grand obstacle se dresse devant une partie du peuple, qui – pour certains – chauffent une bouilloire d’eau chaude depuis la veille de Chabbat, afin de verser de l’eau dans la marmite pendant Chabbat si le plat serait sur le point de bruler. Même si l’eau est bouillante, malgré tout, lorsqu’on la verse de la bouilloire, l’ébullition s’interrompt immédiatement et l’eau n’est plus à même à de cuire à cet instant. Puis, lorsqu’elle pénètre dans la marmite, l’eau cuit de nouveau, et ce geste représente un interdit à titre de cuire. »

C'est-à-dire: lorsqu’on verse l’eau de la bouilloire, l’eau se refroidit légèrement, et ensuite, elle reprend son ébullition en pénétrant dans la marmite. Cela constitue un interdit à titre de cuire pendant Chabbat. (Des explications supplémentaires sont données par les décisionnaires sur ce sujet).

Les propos de Rabbenou Nissim
Face l’opinion de Rabbenou Yona, s’oppose celle de Rabbenou Nissim dans son commentaire sur le traité Chabbat (145b), où il tranche qu’il n’y a là aucun interdit puisque l’eau a déjà bouillit avant Chabbat. Or, nous avons un grand principe selon lequel « Il n’y a pas de nouvelle cuisson sur un aliment déjà cuit ».
C'est-à-dire: puisque l’eau a déjà cuit, l’interdit de cuisson n’est plus en vigueur sur cette eau, même si elle refroidit lorsqu’on la verse dans la marmite.

La Halah’a est fixée selon Rabbenou Yona
Nous avons certes déjà expliqué que selon la Halah’a, il n’y a effectivement pas de nouvelle cuisson sur un aliment déjà cuit, mais ceci concerne uniquement un aliment solide, comme de la viande cuite, du poisson cuit, du pain ou autre.
Mais lorsqu’il s’agit d’un aliment liquide, comme une soupe cuite, ou bien de l’eau bouillie, l’interdit de cuire est encore en vigueur même si l’aliment liquide est déjà cuit. (A fortiori pour de l’eau, car selon certains décisionnaires, l’interdit de cuisson reste en vigueur selon tous les avis).

C’est pour cela que MARAN écrit dans le Choulh’an ‘Arouh’ (chap.318), qu’il faut empêcher les personnes se montrant trop souples sur ce point en versant de l’eau bouillante à l’intérieur du plat pendant, car ce geste constitue un interdit à titre de cuire.

L’usage des Achkénazim et l’usage observé au Maroc
Cependant, certains ont l’usage d’autoriser la chose, en particulier parmi nos frères les Achkénazim. Ils se l’autorisent en s’appuyant sur la décision Halah’ique du RAMA (qui autorise la chose avec de l’eau bouillante mais surtout pas de l’eau froide).
Mais selon l’usage des Séfaradim, il faut adopter la rigueur sur ce point, et ne pas ajouter de l’eau bouillante dans la marmite du plat de Chabbat.

Même si dans certaines villes du Maroc on avait l’usage d’autoriser la chose, et il est certain que cet usage a été fixé en se fiant à l’opinion des grands Rabbanim du Maghreb qui étaient grands dans la Torah et de très grands Tsaddikim, malgré tout, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l s’étend longuement sur la question (dans son livre Hazon Ovadia-Chabbat vol.4 page 390), et il conclut que puisqu’en Erets Israël nous avons l’usage d’imposer la rigueur sur ce point, conformément à l’opinion de MARAN l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’, par conséquent, tout le monde doit observer l’usage d’Erets Israël et s’imposer la rigueur sur ce point. Fin de citation.

Solution pratique pour ajouter de l’eau sans transgresser l’interdit
De plus, il existe une solution pour s’éviter le doute, en plaçant avant Chabbat un petit sachet rempli d’eau dans la marmite, et si l’on constate pendant Chabbat que le plat manque d’eau, il suffira de percer le sachet, et l’eau se déversera d’elle-même dans le plat et le sauvera.

En conclusion: On ne doit pas autoriser à verser pendant Chabbat de l’eau bouillante dans la marmite du plat de Chabbat. On peut autoriser si l’on place depuis la veille de Chabbat à l’intérieur de la marmite un petit sachet rempli d’eau, et lorsqu’on constate que le plat est sur le point de bruler, on perce le sachet, et l’eau se déverse d’elle-même dans le plat.

הלכה יומית מפי הראש"ל הגאון רבי יצחק יוסף שליט"א

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