Halacha pour jeudi 12 Sivan 5780 4 juin 2020

Pour l'élévation de l'âme de:
André Avraham Ben Ma'hlouf TAÏB z"l de Lyon (France)

Marco Its’hak Ben Dolly Dandouna HaCohen z’’l

« Chover Oyévim Ou-Mah’nya’ Zédim »

Question: Dans la ‘Amida, dans la formule de la bénédiction contre les hérétiques (Minim), comment doit-on conclure la terminaison de la bénédiction ? « Chover Oyévim Ou-Mah’nya’ Zédim » ou bien « Chover Oyévim Ou-Mah’nya’ Minim » ? Ma question provient du fait que dans certains Siddourim il est écrit « Minim », et dans d’autres « Zédim ».

Réponse: Il est vrai que dans le Siddour « Téfilatt Yésharim » qui était le plus répandu chez les Séfaradim il y a encore une vingtaine d’années, la formule était « Chover Oyévim Ou-Mah’nya’ Minim ». Cette formule était fondée sur l’opinion de notre maitre le H’YDA dans son livre Kécher Godal, où il atteste avoir reçu de ses maitres qu’il faut conclure par la formule « Ou-Mah’nya’ Minim ». Ceci en raison de la règle selon laquelle, on doit toujours conclure une bénédiction avec la même forme que celle utilisée dans l’ouverture de la bénédiction. C’est pour cette raison que la bénédiction de Ata Kaddoch se termine par les termes « Ha-El Ha-Kadoch », et celle de Réfaenou par les termes « Rofé H’olé ‘Amo Israël », et ainsi de suite …
C’est pour cela que la bénédiction de « Laminim Vélamalchinim » doit se terminer par les termes « Chover Oyévim Ou-Mah’nya’ Minim ». Le H’YDA écrit qu’il a trouvé cette formule également dans le Siddour du ARI zal. Cette formule a déjà été trouvée dans le livre H’emdatt Yamim.

Similairement à notre maitre le H’YDA, le Gaon Rabbi Yossef H’AÏM écrit lui aussi cette opinion dans son livre Ben Yéhoyada’ (sur Bérah’ot 28a), car en réalité, Rabbi Yossef H’AÏM suit principalement les décisions Halah’iques du H’YDA. Il ajoute une sorte de preuve à la chose, par le fait qu’il est établit dans la Guémara que c’est Chmouel qui instaura la formule de cette bénédiction des hérétiques (à une époque bien plus tardive que celle où les autres bénédictions ont été instaurées, et c’est pour cette raison que nous continuons à qualifier la ‘Amida de « Chémoné ‘Essré » - « les 18 bénédictions », alors qu’elle en contient 19). On peut comprendre que Chmouel a signer son nom à travers les termes de la conclusion de la bénédiction, comme le font les poètes liturgiques, en acrostiches, ainsi : « CHover Oyevim OUmah’niya’ Minim » ce qui forme le mot « Chmoue », et la lettre Lamed est allusionnée dans le Lamed du mot « Laminim » figurant au début de cette bénédiction. Cependant, notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l réfute cet argument car il n’y a pas à apprendre la formule d’une bénédiction à partir d’une allusion de ce type. De plus, il est très peu probable que Chmouel fasse allusion à son nom à travers une formule qui représente une malédiction pour les hérétiques.

Mais les propos de notre maitre le H’YDA restent présents à nos yeux, et selon lui, la conclusion d’une bénédiction doit correspondre à son ouverture, et de ce fait, il faut conclure par « Chover Oyévim Ou-Mah’nya’ Minim » exclusivement, conformément aux termes d’ouverture « Laminim Vélamalchinim ».

Mais notre maitre le Rav z.ts.l cite des preuves afin d’établir que la formule la plus juste est « Chover Oyévim Ou-Mah’nya’ Zédim ». le Rav n’est pas celui qui a « innové » cette formule, puisque telle est l’opinion de la quasi-totalité des décisionnaires. Le Chalmé Tsibbour écrit qu’il n’a pas trouvé de trace d’une telle formule (« Chover Oyévim Ou-Mah’nya’ Minim ») dans les livres des anciens Kabbalistes. De même, les rituels de prières rédigés par tous les premiers Guéonim contiennent tous la formule « Chover Oyévim Ou-Mah’nya’ Zédim », comme en atteste le Siddour de Rav Sa’adya GAON, ainsi que le Siddour de Rav ‘Amram GAON, et d’autres. Quand à l’argument du H’YDA selon qui il faut que la conclusion de la bénédiction corresponde à son ouverture, on peut répondre grâce aux propos de la Guémara où il est expliqué que les « Zédim » désignent les fauteurs. Ce qui signifie que dans les « Zédim », sont inclus tous les grands impies, qui inclus eux même les hérétiques (Minim).

Hormis tout cela, selon le Talmud Yérouchalmi il faut conclure « Chover Oyévim Ou-Mah’nya’ Zédim ». Telle est également la version de nombreux Midrachim de nos maitres. A partir de là, puisque nous avons trouvé cette formule dans le Talmud Yérouchalmi et les Midrachim, et que c’est également la formule adoptée par les anciens Guéonim, il est certain que nous ne pouvons pas dénigrer leurs propos.
Il faut donc adopter comme opinion essentielle selon la Halacha la formule « Chover Oyévim Ou-Mah’nya’ Zédim », puisque c’est ainsi qu’agissaient les anciens Guéonim. Telle est l’opinion de la majorité des dictionnaires. Le Gaon Rabbi H’aïm PALLAG’I conclut également ainsi dans son livre Rouh’ H’aïm, et dans son livre Kaf Ha-H’aïm, en ajoutant que même si le H’’YDA tranche « qu’il faut conclure par « Chover Oyévim Ou-Mah’nya’ Minim », sur ce point je me suis autorisé à dévier de ses paroles, car j’ai rapporté de nombreuses preuves des Richonim (décisionnaires médiévaux), et il est fortement à considérer que si notre maitre le H’YDA avait eu connaissance des propos de ces Richonim, il serait revenu sur son opinion. »
De nombreux Kabbalistes se sont longuement étendus sur ce point, et ont réfutés les propos du H’YDA sur ce point, ainsi que les propos du H’emdatt Yamim.

Les Kabbalistes de Jérusalem ont eux aussi adopté la formule « Chover Oyévim Ou-Mah’nya’ Zédim », comme en atteste le Gaon Rabbi ‘Amram ABOURBIYA’ z.ts.l dans son livre Nétivé ‘Am, que tel est l’usage des Kabbalistes de la Yéchiva de « Beit El ». Même le Rav Ya’akov Moché HILLEL, qui suit généralement les enseignements des Kabbalistes, s’est longuement étendu sur ce point, et il conclut qu’il faut conclure par la formule « Chover Oyévim Ou-Mah’nya’ Zédim », conformément à l’opinion de notre grand maitre le Rav z.ts.l.

Par conséquent, il ne fait pas le moindre doute qu’il faut conclure par la formule « Chover Oyévim Ou-Mah’nya’ Zédim ». Les éditeurs de livres n’agissent pas de façon correcte en imprimant dans leurs livres « Chover Oyévim Ou-Mah’nya’ Minim » , comme s’il s’agissait d’une formule ancienne et établie au sein d’Israël, alors que cette formule s’est répandue chez les Séfaradim seulement par le H’YDA.
Il faut donc corriger et conclure par la formule « Chover Oyévim Ou-Mah’nya’ Zédim », il n’y a pas non plus à craindre de modifier « un Minhag ».

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