Halacha pour lundi 8 Tishrei 5780 7 octobre 2019

La veille de Yom Kippour – Les propos de notre maitre le Rav z.ts.l en 5768 : « Je pardonne à tout le monde ! »

Le devoir de consommer la veille de Yom Kippour
Il est écrit dans la Torah (Vaykra 23):
« …Vous jeûnerez le 9 du mois, au soir… »
Ce qui veut dire que, dès le soir qui précède le 10 Tichré, entre en vigueur l’obligation de jeûner à Yom Kippour.
Nos maitres font remarquer, dans la Guémara Bérah’ot (8a), que les termes du verset sont ambigus, car il aurait été plus juste d’écrire « le 10 du mois », et implicitement, nous aurions sut que le jeûne débute depuis la veille au soir, puisque dans toutes les lois de la Torah, une date débute toujours la veille au soir, comme le Chabbat par exemple, qui entre dès le coucher du soleil du vendredi, et non pas samedi matin.

Nos maitres répondent à leur propre question en disant que les termes employés par le verset - « Vous jeûnerez le 9 du mois, au soir… » - indiquent en réalité un enseignement supplémentaire, qui est le suivant:
Toute personne qui mange et boit la veille de Yom Kippour, sera considérée comme quelqu’un qui a jeûné le 9 et le 10 Tichré.
Il est convenable de diminuer le travail la veille de Yom Kippour, afin de pouvoir accomplir cette Mitsva de manger et de boire.
Toute personne qui travail la veille de Yom Kippour, ne verra jamais de Bera’ha (de bénédiction, de réussite) du fruit de ce travail.

Plusieurs raisons ont été données à cette Mitsva de manger et de boire la veille de Yom Kippour :
Le ROCH écrit que puisqu’Hachem, dans son amour pour nous, nous a ordonné de jeûner le jour de Yom Kippour, afin de prendre conscience de nos fautes et de demander leur expiation, il nous a donc également ordonné de nous fortifier physiquement en mangeant et en buvant avant Yom Kippour, afin que nous puissions jeûner le lendemain.
Le Chibolé Ha-Leket écrit qu’au contraire, le fait de manger et de boire la veille de Yom Kippour, provoque de plus grandes difficultés à jeûner le lendemain, et par cela, nous accomplissons les termes du verset « Vous jeûnerez le 9 du mois, au soir… ».
Le livre Sefat Emet ajoute une explication supplémentaire à la Mitsva de manger et de boire la veille de Yom Kippour :
Lorsque l’on mange et que l’on boit, nous sommes, de façon naturelle, rempli d’une certaine forme de joie et de bonne humeur, et donc plus enclin à aller demander pardon aux personnes que l’on a offensé, ou plus enclin à accorder le pardon aux personnes qui nous ont offensé.

Notre saint maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit que les femmes sont également soumises à l’obligation de manger et de boire la veille de Yom Kippour, bien que c’est une Mitsvat ‘Assé Chéhazéman Guérama (une obligation positive dépendante d’un moment précis), et que selon la règle, les femmes sont exemptes de toute Mitsvat ‘Assé Chéhazéman Guérama, mais cependant, puisque selon l’explication du ROCH citée plus haut, la raison à cette Mitsva réside dans le fait de se fortifier physiquement afin de pouvoir jeûner, les femmes étant elles aussi soumises à l’obligation de jeûner le jour de Yom Kippour, elles sont donc également concernées par la Mitsva de manger et de boire la veille de Yom Kippour.

Les traditions de la veille de Yom Kippour
Rabbénou Yossef H’AÏM z.ts. écrit que chacun est tenu de demander pardon à son père et à sa mère la veille de Yom Kippour, pour toutes les fautes commises envers eux et pour toutes les atteintes à leur respect. Celui qui n’agit pas ainsi est qualifiable de fauteur et dédaigne le respect de son père et de sa mère, car si nos maitres nous ont imposés de demander pardon à notre prochain, à fortiori envers les parents, puisqu’il est quasiment impossible de ne pas se heurter à cette faute au quotidien. (Fin de citation).
De même, il est juste que le couple se demande mutuellement pardon pour toutes les attitudes incorrectes qu’ils ont eu l’un envers l’autre durant toute l’année.

Nous nous souvenons que durant toutes ces dernières années, de nombreuses personnes nous ont consultés afin de demander le pardon de notre maitre le Rav z.ts.l, pour parlé ou agit envers lui avec un manque de respect. Notre maitre le Rav z.ts.l se montrait toujours clément et ne tenait jamais rigueur, excepté lorsqu’il estimait que la demande de pardon n’était pas sincère, ou autre. Mais envers la plupart des personnes, il accordait son pardon.

En 5768 (Yom Kippour 2007), nous avons informé notre maitre le Rav z.ts.l qu’il y avait des gens « ordinaires » qui demandaient son pardon (il s’agissait de simples personnes, et non de gens qui avaient heurté notre maitre le Rav z.ts.l de façon particulière). Notre maitre le Rav z.ts.l nous dit en ces termes :

« Dis leur que je pardonne à tout le monde, et que je ne garde d’animosité envers personne. Je pardonne à tous et ils auront tous une expiation totale. »
Chacun se doit d’apprendre de l’attitude de notre maitre le Rav z.ts.l à se hâter d’accorder son pardon, et ne pas grader rancune envers aucun juif, afin que personne ne soit puni à cause de lui.    

La veille de Yom Kippour, nous avons la tradition de prier l’office de Minh’a très tôt, en début d’après midi.
A la fin de la ‘Amida de Minh’a la veille de Yom Kippour, après avoir dit le 1er Yhyou Lératson, nous disons le Vidouï ainsi que le ‘Al H’et (voir rituel de Yom Kippour).
Ensuite, nous allons prendre la Séouda Ha-Mafseket (le dernier repas avant le jeûne).

5 interdits sont en vigueur le jour de Yom Kippour :
Manger et boire
Se laver
S’enduire (huile, crème, pommade…)
Porter des chaussures en cuir
Pratiquer l’intimité conjugale

Tous ces interdits entrent en vigueur dès l’entrée de la fête.
A Yom Kippour, la Mitsva de Tossefet (avancer l’heure d’entrée de la fête) est ordonnée par la Torah.
C’est pour cette raison qu’il faut cesser toute activité interdite à Yom Kippour, un peu avant l’heure réelle de la Shki’a (le coucher du soleil).
Il est bon d’augmenter d’environ ¼ d’heure.

Il est une Mitsva d’allumer des Nerot la veille de Yom Kippour, comme nous le faisons la veille de Shabbat.
Avant d’allumer les Nerot, Il faut réciter la Bera’ha suivante :
BAROU’H ATA A.D.O.N.A.Ï ELOHENOU MELE’H HA’OLAM ACHER KIDDECHANOU BEMITSVOTAV VETSIVANOU LEHADLIK NER CHEL YOM HAKIPPOURIM.

Une femme qui ne se rend pas à la synagogue le soir de Yom Kippour, et qui n’entendra pas la Bérah’a de Chéheh’eyanou de la bouche du H’azzan (l’officiant), doit réciter 2 Bérah’ot lors de l’allumage :
LEHADLIK NER CHEL YOM HAKIPPOURIM
CHEHE’HEYANOU

Mais attention !!!
Avant de réciter la Bérah’a de Chheh’eyanou, elle doit veiller à retirer ses chaussures en cuir, car dès l’instant où elle va dire Chheh’eyanou, elle reçoit la Kédoucha de Yom Kippour, et doit se soumettre à tous les interdits de Yom Kippour.

Nous avons la tradition de prier les 5 Téfilot de Yom Kippour enveloppés du Talit.
C’est pourquoi nous avons la tradition de s’envelopper du Talit avant l’heure de la Chki’a (avant le coucher du soleil), afin de pouvoir encore réciter la Bérah’a sur le Talit.

La veille de Yom Kippour, nous avons la tradition de réaliser les « Kapparot ». certains observent cette tradition avec des poulets, d’autres avec de l’argent, comme nous l’avons expliqué concernant les règles de la tradition des Kapparot.

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