Halacha pour dimanche 26 Cheshvan 5780 24 novembre 2019

Pour l'élévation de l'âme de:
André Avraham Ben Ma'hlouf TAÏB z"l de Lyon (France)

Marco Its’hak Ben Dolly Dandouna HaCohen z’’l

Le statut d’un juif qui profane Chabbat, vis-à-vis du vin

Dans les précédentes Halachot, nous avons expliqué le principe de l’interdiction de « Stam Yénam » (un simple vin des non-juifs), sur lequel nos maîtres ont décrété une interdiction à la consommation et au profit. De même, lorsqu’un non-juif entre en contact avec un vin Cachère, ce vin devient interdit à la consommation.
Dans certains cas, le vin est également interdit au profit et pas seulement à la consommation.

Le statut d’une personne qui n’observe pas la Torah et les Mitsvot
Concernant  un juif qui n’observe pas la Torah et les Mitsvot, et particulièrement le Chabbat, nos maitres expliquent qu’une telle personne a le statut un « Israël Moumar » (un juif renégat). Or, vis-à-vis du vin, un Moumar équivaut à un non-juif, et le vin touché par un Moumar est interdit à la consommation, comme nous l’avons expliqué.

« Moumar Lé-Ha’h’iss » et « Moumar Lé-Téavon »
Mais les décisionnaires expliquent qu’il existe 2 types de renégats:
1ère catégorie: Le juif qui néglige en permanence une seule Mitsva de la Torah dans le seul but « d’éveiller la colère », et de se rebeller contre Hachem. Cette catégorie n’est pas très courante de nos jours.
2ème catégorie: Le juif qui profane Chabbat, même s’il le fait seulement « pour assouvir ses envies ». C'est-à-dire: même s’il ne le fait que pour laisser libre cours à ses besoins, malgré tout, il est considéré comme un non-juif vis-à-vis de l’interdiction du vin des non-juifs (car en profanant Chabbat, il exprime véritablement qu’il ne croie pas en la création du monde). Même s’il reste dans sa sainteté de juif, puisqu’un juif, même lorsqu’il faute reste un juif, malgré tout, présentement, tant que tout Israël n’aura pas fait Téchouva avec l’aide d’Hachem, le statut de cette personne est le même que celui d’un non-juif sur ce point.

Cependant, tout ceci n’est valable que lorsque la personne transgresse Chabbat en réalisant des activités interdites par la Torah, comme se déplacer en voiture pendant Chabbat par exemple, puisque cette activité est liée à différents interdits de la Torah, comme l’interdit de combustion par exemple. De même, il faut que la personne profane Chabbat en présence de 10 juifs, car si elle le profane dans l’intimité, elle n’est pas encore considérée comme un juif renégat. Nous pouvons déplorer que la plupart des personnes qui profanent Chabbat de notre époque le fassent en public, car elles se déplacent en voiture dans les rues de la ville pendant Chabbat.

À partir de là, il semble que si un juif qui profane Chabbat sert du vin dans le verre d’un autre juif, le vin contenu dans le verre est interdit à la consommation, à titre de vin de non-juif (Yaïn Nésseh’), comme-ci qu’un non-juif l’avait servi.
C’est pourquoi, les gens qui se rendent au restaurant, doivent veiller particulièrement à ce que le vin ne leur soit pas servi par un serveur qui profane Chabbat, car sinon, le vin est interdit à la consommation.
Cependant, si le serveur juif qui profane Chabbat n’a pas servi le vin, mais s’est contenté d’ouvrir la bouteille, le vin contenu dans la bouteille n’est pas interdit à la consommation. De même, si le serveur juif qui profane Chabbat a servi le vin dans un verre, seul le vin servi dans le verre est interdit à la consommation et non le vin restant dans la bouteille.

Le statut de celui qui profane le Chabbat de notre époque
Dans son livre Chou’t Binyan Tsion (« Ha-’Hadachott »), le Gaon Rabbi Ya’akov EITLINGUER écrit que même si effectivement un renégat qui profane Chabbat interdit le vin par le touché, il semble malgré tout que de notre époque où des gens qui se rendent à la synagogue le vendredi soir pour prier ‘Arvit de Chabbat, et se rendent ensuite chez eux pour y réciter le Kiddouch, pour ensuite aller profaner le Chabbat par des interdits de la Torah et de nos maîtres, ces gens n’interdisent pas le vin par leur touché, car toute la raison pour laquelle le juif qui profane Chabbat est considéré comme un non-juif réside dans le fait que sa profanation de Chabbat atteste qu’il ne croie pas en la création du monde, et c’est pour cette raison qu’il est considéré comme une personne qui n’accomplit absolument pas la Torah.
Par contre, la personne qui prononce les mots « Vayéh’oulou Ha-Chamaïm Vé-Ha-Arets … » (« Le ciel et la terre furent achevés… ») ne peut pas être considérée comme un renégat, et n’interdit donc pas le vin par son touché. De nombreux décisionnaires approuvent cette opinion. D’autres la contestent. Notre saint maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit que si l’on suit cette opinion, on a sur qui s’appuyer. (Dans le livre Avir Ha-Ro’im vol.2, nous avons consacré un chapitre particulier au sujet de l’optique de notre maitre le Rav z.ts.l vis-à-vis des gens éloignés de la Torah, et nous avons cité ses propos dans sa jeunesse comme dans sa vieillesse).

En conclusion: Un vin touché par un juif qui profane Chabbat en public devient « Yaïn Nésseh’ » (vin d’un non-juif).
C'est pourquoi on s’applique particulièrement dans les vignobles Cachères à ce que tout le processus de fabrication du vin se fasse uniquement par des ouvriers qui respectent le Chabbat.
Si un juif qui profane Chabbat sert un verre de vin, le vin contenu dans le verre est interdit à la consommation. Mais le vin restant dans la bouteille, reste permis à la consommation.
Selon certains, si le juif qui profane Chabbat prie les prières du Chabbat et récite le Kiddouch, il n’a pas le statut d’un non-juif, et de ce fait, il n’interdit pas le vin au touché. Certains contestent cette opinion. Ceux qui s’appuient sur cette opinion peuvent le faire.

Dans la prochaine Halah’a, nous développerons davantage ce sujet.

8 Halachot Les plus populaires

Les traditions de la période de « Ben Hamétsarim »

Même si nous avons expliqué que l’on ne doit pas réciter la bénédiction de Chéheh’eyanou sur un fruit nouveau ou sur un vêtement nouveau, pendant la période de Ben Ha-Métsarim, depuis le soir du 17 Tamouz jusqu’à a......

Lire la Halacha

Se couper les cheveux pendant Ben Ha-Métsarim - (du 17 Tamouz au 9 Av) cette année (5780)

L’usage de s’interdire la coupe de cheveux En conséquence à la gravité du deuil en vigueur pendant la période de Ben Ha-Métsarim, les Achkénazim ont pour tradition de ne pas se couper les cheveux, ni de se raser, depuis le 17 Tamouz jusqu’......

Lire la Halacha

Le poisson et la viande

Après avoir appris ces derniers jours plusieurs règles concernant la consommation de la viande et des laitages, nous allons traiter de plusieurs règles concernant la consommation du poisson avec la viande, ainsi que d’autres sujets liés à cette interdiction. ......

Lire la Halacha

Les jours de « Ben Ha-Métsarim » - Les décrets de nos maitres

Aujourd’hui, nous observons le jeûne du 17 Tamouz. Les jours entre le 17 Tamouz et le 9 Av se nomment les jours de « Ben Ha-Métsarim » (« entre les détresses »), en correspondance au verset de Eih’a (chap.1 verset 3) « Tous ses poursui......

Lire la Halacha


L’interdiction de consommer de la viande et des laitages sur la même table

Raisons et définitions de la Halacha Une personne qui consomme des laitages, n’a pas le droit de placer de la viande sur la même table. Ou bien le contraire, une personne qui consomme de la viande, n’a pas le droit de placer des laitages sur la même table. Ceci par d&......

Lire la Halacha

Suite des règles sur les ustensiles en verre et en Pyrex vis-à-vis de la viande et du lait

Dans la précédente Halacha, nous avons cité l’opinion de MARAN l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’ selon lequel les ustensiles en verre n’absorbent absolument pas, et de ce fait, il n’y a aucun interdit à utiliser des ustensiles en verr......

Lire la Halacha

Ustensiles en verre pour la viande et le lait

Question: Doit-on également posséder une vaisselle viande et une vaisselle lait lorsqu’il s’agit d’ustensiles en verre? Réponse: Nous avons déjà expliqué dans la précédente Halacha qu’il est obligatoire de possé......

Lire la Halacha

Vaisselle viande et vaisselle lait et règle du goût détérioré (נותן טעם לפגם)

Les parois d’une marmite qui a cuit de la viande absorbent légèrement de la nourriture au moment de la cuisson. Par conséquent, cette marmite est qualifiée de marmite « viande », et de ce fait, si l’on cuit des aliments lactés dans......

Lire la Halacha