Halacha pour jeudi 9 Cheshvan 5780 7 novembre 2019

Pour l'élévation de l'âme de 
André Avraham Ben Ma'hlouf TAÏB z"l de Lyon (France)

Cette Halacha est dédiée à l’élévation de l’âme de la Rabbanitt Messa’ouda Bat ‘Hanna (Toledano) z’’l
digne épouse de mon vénéré maitre Rabbi Yossef TOLEDANO z.ts.l
Dédié par: David PITOUN

Pour l'élévation de l'âme de Rivka Bat Rachel Léa
Pour l'élévation de la Néshama de Sim'ha Bat Ra'hel (Sebban) z''l

Prendre pendant Chabbat des vitamines ou des comprimés qui ne sont pas destinés à soigner

Dans les précédentes Halah’ot, nous avons expliqué le décret érigé par nos maîtres selon lequel il est interdit à une personne qui n’est pas réellement malade de prendre des médicaments pendant Shabbat, sauf s’il s’agit d’une réelle maladie qui s’étend dans tout le corps, ou bien que la personne soit dans un état qui l’oblige à s’aliter, dans ces cas-là, il lui est permis de prendre des médicaments pour se soigner. Nous avons cité différents détails sur ce point.

Médicaments pour la grossesse
A présent, nous allons débattre au sujet de gélules que prend une femme durant plusieurs jours afin de tomber enceinte. Il semble apparemment qu’il y a matière à autoriser puisque nous avons précisé qu’en cas de véritable maladie, nos maîtres n’ont pas érigé de décret interdisant la prise de médicaments. Or, l’impossibilité à tomber enceinte est considérée de façon certaine comme une raison aussi valable qu’une maladie obligeant une personne à s’aliter.
C’est pourquoi le Gaon Rabbi Chélomo Zalman OYERBACH z.ts.l écrit qu’il faut autoriser la prise de tels médicaments.

Cependant, certains font remarquer que cet argument n’est pas suffisant pour autoriser, car la prise de médicaments n’est autorisée que pour une maladie dont les symptômes sont visibles, et à travers lesquels nous constatons que la personne est obligée de s’aliter. Mais lorsqu’une femme n’est pas réellement malade, il est impossible d’autoriser.
Mais en réalité, cette remarque n’est pas juste, car même en cas de maladie importante nous autorisons la prise de médicaments même si la personne n’est pas présentement réellement malade, mais que le fait de ne pas prendre de médicaments pourrait entraîner une aggravation de son état. Il en est donc de même pour une femme qui ne peut pas tomber enceinte sans médicaments, et il est certain que cet état d’impossibilité à tomber enceinte est encore plus grave qu’une maladie importante (sans gravité).

Le Gaon Rabbi Moché Chtern z.ts.l écrit une raison supplémentaire pour autoriser.
En effet, nos maîtres n’ont érigé leur décret interdisant la prise de médicaments que pour une personne malade, mais pour une personne en bonne santé, nous n’avons jamais entendu un décret de nos maîtres lui interdisant de prendre des médicaments. Au contraire, nous avons déjà précisé que cette interdiction a pour raison la panique qui s’empare d’une personne lorsque l’un de ses proches tombe malade, et qui peut l’entraîner à transgresser Chabbat en réalisant des activités interdites par la Torah pour le soigner. Mais lorsqu’une personne n’est pas réellement malade, il est certain que ce décret n’est pas à appliquer.
Par conséquent, puisque la femme n’est absolument pas malade réellement, nos maîtres n’ont pas érigé de décret dans son cas, et elle est autorisée à prendre ses médicaments afin de tomber enceinte. (Hazon Ovadia-Chabbat vol.3 page 366).

Les médicaments contraceptifs
Selon cette raison, il semble qu’il en est de même pour les médicaments contraceptifs (lorsque leur prise est autorisée par une autorité rabbinique compétente), puisque la femme qui les prend n’est pas réellement malade, et que ces médicaments ne sont pas destinés à soigner. C'est pourquoi leur prise ne constitue absolument aucun interdit. De plus, l’usage est de les prendre durant plusieurs jours consécutifs, et dans ce cas il y a davantage matière à autoriser comme nous l’avons précisé.

La prise de vitamines
Concernant les vitamines, puisqu’il ne s’agit pas de réels médicaments, et puisqu’elles sont destinées même à des gens en bonne santé afin de se renforcer davantage, selon le Din, il y a également matière à autoriser leur prise pendant Chabbat.
Cependant, puisqu’elles ne sont pas réellement indispensables, la personne qui s’imposera la rigueur sur ce point sera digne de la Bénédiction. Mais selon le strict Din, il est permis de les prendre pendant Chabbat, en particulier pour des femmes enceintes ou qui allaitent.
C’est ainsi qu’a tranché il y a de nombreuses années le Gaon et Richon Lé-Tsion Rabbi Its’hak YOSSEF Chlita dans le livre Yalkout Yossef – Chabbat (volume .4). Plus tard, notre grand maître le Rav z.ts.l publia le livre Hazon Ovadia-Chabbat (vol.3 pages 363-365) où il s’étendit sur le sujet, et il conclut en autorisant comme nous l’avons dit.

En conclusion: Il est permis de prendre pendant Chabbat des médicaments destinés à permettre à une femme à tomber enceinte. Il est également permis de prendre pendant Chabbat des médicaments contraceptifs (lorsque leur prise est autorisée par une autorité rabbinique compétente).
Il est aussi permis de prendre pendant Chabbat des vitamines. Cependant, la personne qui s’impose la rigueur de ne pas prendre de vitamines pendant Chabbat, est digne de la Bénédiction.

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