Halacha pour lundi 29 Shevat 5780 24 février 2020

Pour l'élévation de l'âme de:
André Avraham Ben Ma'hlouf TAÏB z"l de Lyon (France)

Marco Its’hak Ben Dolly Dandouna HaCohen z’’l

Question : Doit-on répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » après la mention du Nom d’Hachem dans le Kiddouch et la Havdala ?

Réponse: Dans la Halah’a précédente, nous avons expliqué la principale raison pour laquelle on répond « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo », puisque tel était l’usage de notre maître le ROCH qui répondait « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » chaque fois qu’il entendait le Nom d’Hachem dans une bénédiction. Nous avons expliqué que même s’il est une Mitsva de répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo », malgré tout puisqu’il ne s’agit pas d’une totale obligation, il ne faut pas répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » lorsqu’on se trouve au milieu des Péssouké De-Zimra (entre Barouh’ Chéamar et Ichtabah’) ou autre. Bien que l’on doit répondre « Amen » lorsqu’on se trouve à cet endroit de la prière, malgré tout, répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » est totalement différent du fait de répondre « Amen », puisque répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » n’est pas une totale obligation. Par conséquent, il ne faut pas s’interrompre au milieu des Péssouké De-Zimra pour répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo ».

Répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » à des bénédictions desquelles on désire s’acquitter 
Le Gaon MAHARACH Abouhav (Rabbi Chémouel ABOUHAV) écrit dans son livre Chou’t Dévar Chémouel:
« J’ai déjà mis en garde mes compagnons sur le fait que l’usage du ROCH (de répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo ») ne s’applique qu’à une bénédiction que l’on entend et à laquelle on n’est pas soumis, mais s’il s’agit d’une bénédiction sur laquelle l’auditeur à l’intention de s’acquitter de son obligation, et où le récitant a lui aussi l’intention d’acquitter l’auditeur de son obligation (par exemple, les bénédictions du Kiddouch, ou la lecture de la Méguila, où l’on s’acquitte de l’obligation de la bénédiction seulement par audition de la bouche du récitant), pour de telles bénédictions il est interdit de s’interrompre au milieu de la bénédiction pour répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo », puisque selon la règle « l’auditeur est comme le récitant » (l’auditeur de la bénédiction est considéré comme étant lui-même le récitant à ce moment précis), lorsque l’auditeur s’interrompra au milieu de la bénédiction pour répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo », il est considéré comme s’étant interrompu au milieu de la bénédiction elle-même. » Fin de citation.

Explication: Il est évident que lorsqu’on s’acquitte de l’obligation d’une bénédiction seulement par audition, on est considéré comme la personne récitant elle-même la bénédiction. Par conséquent, si l’on parle au milieu de la bénédiction, même si l’on répond ensuite « Amen » à la bénédiction, on n’est pas quitte de son obligation, car ce cas est comparable à celui d’une personne qui réciterait elle-même la bénédiction et qui dirait : « Barouh’ Ata A.D.O.N.A.Î - Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo - Elohénou Mélèh’ Ha-’Olam… » Il est certain que cette personne récitant ainsi cette bénédiction n’est pas quitte de son obligation. De nombreux autres décisionnaires tranchent sur ce point conformément à l’opinion du Gaon auteur du Dévar Chémouel.

Cependant, il y a quelques communautés du peuple d’Israël qui ont l’usage de répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » même pour une bénédiction de laquelle on s’acquitte, comme le Kiddouch.
Le Gaon Rabbi David PARDO z.ts.l écrit sur cela :
« Je peux attester que les propos de notre grand maître, prestige de notre génération, le saint Rabbi Chémouel ABOUHAV ont été confirmés par le Gaon et saint Rabbi Avraham David PAPO qui a lui-même reçu cet enseignement de son père z’’l, qui l’avait lui-même reçu du Gaon et saint Rabbi Moché ZAH’OUT z.ts.l. Telle est l’approbation de la majorité des décisionnaires qu’il ne faut pas répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » lors de la mention du Nom d’Hachem dans une bénédiction de laquelle on s’acquitte de son obligation, comme les bénédictions du Kiddouch et de la Havdala. »

Par conséquent, il est une grande Mitsva – pour toute personne inspirée d’un esprit pur – d’avoir la vigilance de ne jamais répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » aux bénédictions desquels on s’acquitte de son obligation. Même si une personne avait cet usage jusqu’à présent de répondre systématiquement « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo », il est souhaitable que cette personne abandonne son usage sur ce point et qu’elle prenne en considération les propos des décisionnaires qui nous mettent en garde de ne pas agir ainsi.

La tradition du Maroc 
Toutefois, de nombreuses personnes originaires du Maroc maintiennent leur usage sur ce point, car dans de nombreux endroits au Maroc on avait l’usage de répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » pour toutes les bénédictions.
L’opinion de notre saint maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l n’approuve pas cet usage, et selon l’avis de notre maître cet usage n’a pas été instauré à l’origine par les Rabbanim du Maroc, mais seulement par des ignorants qui ont d’eux même adopté cet usage. Même dans l’hypothèse où cet usage aurait été instauré par les sages du Maroc, malgré tout, sur un tel sujet où la quasi-totalité des décisionnaires pensent qu’il ne faut pas répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » pour des bénédictions desquelles on s’acquitte, nous devons considérer leurs propos comme essentiels selon la Halah’a et abolir l’usage de ceux qui répondent « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » systématiquement à chaque bénédiction.
Mais en revanche, le Gaon Rabbi Chalom MESSAS z.ts.l a maintenu de toutes ses forces l’usage marocain sur ce point, et durant de nombreuses années, un long débat se déroula entre lui et notre maître le Rav z.ts.l sur ce point. Notre maître le Rav z.ts.l répondit à tous ses arguments sur ce point, mais le Gaon Rabbi Chalom MASSAS n’accepta pas l’opinion de notre maître, et il renforça solidement l’usage de sa communauté en refusant catégoriquement de l’annuler. Après lui, d’autres Rabbanim marocains se levèrent et incitèrent à renforcer leur usage avec divers arguments. La divergence d’opinion Halah’iques est encore d’actualité sur ce point. Il ne faut surtout pas éveiller des discordes et des débats sur de tels sujets qui ne représentent pas des fondements de la religion, car l’utilité de la discorde est improbable alors que ses dommages sont fréquents.

En conclusion: Il ne faut pas répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » pour une bénédiction de laquelle on s’acquitte de son obligation, comme la bénédiction du Kiddouch ou la Havdala ainsi que les bénédictions de la Méguila ou autre.

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