Halacha pour mardi 5 Kislev 5780 3 décembre 2019

Pour l'élévation de l'âme de:
André Avraham Ben Ma'hlouf TAÏB z"l de Lyon (France)

Marco Its’hak Ben Dolly Dandouna HaCohen z’’l

Est-il permis à un fils de contredire son père ?

Dans la précédente Halacha, nous avons mentionné l’interdiction pour un fils ou une fille de contredire les propos de leur parents, car selon la Guemara Kiddoushin (31b), le fait de ne pas contredire les parents en disant que leurs propos ne sont pas corrects, fait partie de la Mitsva de craindre le père et la mère.

Sur l’interdit de contredire les propos du père, nos maitres les décisionnaires médiévaux et des dernières générations débattent sur différents points.

Avant tout, ils débattent afin d’établir si cette interdiction concerne uniquement des sujets profanes, pour lesquels il serait effectivement interdit de contredire les propos du père, mais s’il s’agit de paroles de Torah il serait permis de contredire le père. Ceci en raison du fait que la Torah est appelée « Emet » (vérité) et qu’il est interdit de modifier les propos de la Torah pour une raison quelle qu’elle soit. De même, on ne flatte personne dans la Torah. C’est pourquoi, il y a lieu de dire qu’il est au contraire interdit à un fils de se retenir d’exprimer ses propos face à son père. De plus, le livre Déricha écrit que lorsqu’un fils contredit son père dans les paroles de la Torah, ce n’est pas lui qui le contredit mais uniquement la Torah qui est une Torah de vie, c’est elle qui contredit les propos du père.         

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l cite à ce propos différentes preuves selon lesquelles il est permis à un fils de contredire son père dans les propos de la Torah, car nous avons trouvé dans le Talmud à diverses endroits que le fils contredit son père. Par exemple, dans la Guémara ‘Erouvinn (32a), Rabbénou Ha-Kadoch dit : « Mes propos semblent plus justes que ceux de mon père. » Cela signifie qu’il trancha la Halacha sur un point de façon contraire à l’opinion de son père. De même, l’auteur du Téroumatt Ha-Déchenn cite plusieurs preuves selon lesquelles il est permis à un fils de contredire son père dans les paroles de la Torah, puisqu’on trouve de nombreux exemples dans le Talmud dans lesquels Rabbi (Rabbénou Ha-Kadoch) contredit son père Rabbann Chim’on Ben Gamliel sur plusieurs Halachot. Ainsi, Rava contredit lui aussi son maitre Rabba qui était son principal maitre dans la Torah. De même, parmi les décisionnaires médiévaux, le ROCH contredit à plusieurs reprises son maitre le Maharam de Rottenbourg. En réalité, le ROCH écrit lui-même explicitement au sujet de notre maitre Rachi qui illumina les yeux d’Israël dans la Torah, que ses petits fils et ses descendants les auteurs des Tossafott le contredisent à plusieurs reprises, car la Torah est une Torah de vérité, dans laquelle on ne flatte personne.               

Quoi qu’il en soit, selon toutes les opinions, même lorsque le fils contredit son père dans les paroles de la Torah, il est certain qu’il faut agir avec beaucoup de respect, et de façon correcte. Il faut aussi que le fils consulte et approfondisse correctement les références, en l’honneur de son père, dans l’hypothèse où son père aurait raison, car si c’est le fils qui se trompe et que son père a raison, si le fils tranche la Halacha de façon contraire à l’opinion de son père, hormis le fait que le fils a fauté envers son père en tranchant de façon incorrecte, il a aussi fauté envers son père en le déshonorant gratuitement.

Nous trouvons aussi un exemple dans la Guémara Kiddouchin (80b) où Rav Yéh’ezkel le père de Ramé et de Rav Yéhouda enseignait un jour la Torah à son fils Ramé. Rav Yéh’ezkel fit une lecture erronée du texte. Son autre fils Rav Yéhouda corrigea son père en lui disant : « Papa, ne lis pas ainsi, lis ainsi car c’est la lecture la plus correcte. » Chémouél (un autre sage présent) entendit les propos de Rav Yéhouda à l’égard de son père. Il lui dit : « Mon cher érudit, ne parle pas ainsi à ton père ! » C'est-à-dire : Ne lui dis pas sous cette forme, mais plutôt : « Papa, il est aussi possible de lire ainsi. » Ou toute autre forme similaire, de sorte que les propos soient exprimés avec respect.

Les décisionnaires abordent un autre point du problème.
Est-il permis de contredire les propos du père exclusivement en sa présence ou bien même en son absence?
Notre maitre le Méïri écrit qu’il n’est interdit de contredire son père qu’en sa présence exclusivement, mais en son absence, il est permis de le faire. Par exemple, son père dit que les fours de telle marque sont meilleurs que les autres, alors que le fils pense que les fours d’une autre marque sont d’une qualité supérieure et les membres du foyer savent que son père pense le contraire, si le fils exprime son opinion divergente de celle de son père, il lui est interdit de le faire en sa présence. Mais en son absence, il lui est permis de le faire.

Du point de vue de la Halacha, notre maitre le Rav z.ts.l écrit que s’il s’agit de propos de Torah et en l’absence du père, il est permis au fils de contredire son père, particulièrement si l’on associe les deux raisons citées, que la Torah est une Torah de vie et que selon l’opinion de plusieurs décisionnaires il n’y a pas d’interdiction de contredire le père en son absence.

Cependant, il faut préciser que tout ceci dépendra d’un point que nous expliquerons dans la suite au sujet du devoir de crainte envers le père et la mère. Lorsque le père renonce à son respect, est-ce que le fils doit toujours être vigilant sur les points relatifs au devoir de crainte ou non ? Si l’on suppose que lorsque le père renonce à sa crainte, sa crainte est pardonnée (son renoncement est valable), le fils aurait le droit de le contredire même en sa présence. Mais si l’on suppose que lorsque le père renonce à sa crainte, sa crainte n’est pas pardonnée, dans ce cas, on ne peut absolument pas permettre.

8 Halachot Les plus populaires

Suite des règles sur les ustensiles en verre et en Pyrex vis-à-vis de la viande et du lait

Dans la précédente Halacha, nous avons cité l’opinion de MARAN l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’ selon lequel les ustensiles en verre n’absorbent absolument pas, et de ce fait, il n’y a aucun interdit à utiliser des ustensiles en verr......

Lire la Halacha

Ustensiles en verre pour la viande et le lait

Question: Doit-on également posséder une vaisselle viande et une vaisselle lait lorsqu’il s’agit d’ustensiles en verre? Réponse: Nous avons déjà expliqué dans la précédente Halacha qu’il est obligatoire de possé......

Lire la Halacha

Vaisselle viande et vaisselle lait et règle du goût détérioré (נותן טעם לפגם)

Les parois d’une marmite qui a cuit de la viande absorbent légèrement de la nourriture au moment de la cuisson. Par conséquent, cette marmite est qualifiée de marmite « viande », et de ce fait, si l’on cuit des aliments lactés dans......

Lire la Halacha

L’interdiction de la viande et du lait

Il est dit à 3 reprises dans notre sainte Torah: « Tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait de sa mère. » (Chémot chap.23 et 34. Dévarim 14).  Nos maîtres commentent dans la Guémara H‘oulin (114a): Une fois pour nous indiq......

Lire la Halacha


La bénédiction de Chéhéh’éyanou sur un nouveau vêtement

Question: Quand doit-on réciter la bénédiction de Chéhéh’éyanou sur un nouveau vêtement? Doit-on la réciter lors de l’achat, ou bien au moment où l’on porte véritablement le vêtement? De plus, doit-on r&eacu......

Lire la Halacha

La bénédiction de « Chéhé’héyanou » sur une bonne odeur

Question: Doit-on réciter la bénédiction de « Chéhéh’éyanou » sur un parfum qui se renouvelle chaque année? Réponse: Cette question prend sa source dans le fait que l’on récite la bénédiction de &......

Lire la Halacha

Réciter la Bérah’a de Chéhéh’éyanou sur des fruits greffés

Question: Faut-il réciter la bénédiction de Chéhéh’éyanou lorsque l’on consomme pour la première fois dans l’année des agrumes comme un pamplemousse ou une orange? Réponse: Nous devons tout d’abord introduire l......

Lire la Halacha

Réciter la bénédiction de Chéhéh’éyanou sur des fruits de la même espèce

Dans la Halacha précédente, nous avons mentionné qu’il faut réciter la bénédiction de Chéhéh’éyanou avant de consommer un fruit pour la première fois de l’année, et ce, même s’il s’agit d......

Lire la Halacha