Halacha pour dimanche 21 Cheshvan 5781 8 novembre 2020

La personne qui doute si elle a mentionné « Rétsé Véhah’alitsénou » dans le Birkat Ha-Mazon

Nous savons que l’obligation de réciter le Birkat Ha-Mazon est ordonnée par la Torah, comme il est dit : « Tu mangeras, tu te rassasieras et tu béniras Hachem… ». Par conséquent, lorsqu’on a le doute si l’on a récité le Birkat Ha-Mazon ou pas, nous sommes tenus de le réciter de nouveau par doute, conformément au principe : « Dans un doute sur une ordonnance de la Torah, nous allons à la rigueur ».

Selon cela, il semble apparemment que le Din est le même concernant la personne qui a le doute si elle a mentionné « Rétsé Véhah’alitsénou » le Chabbat, puisque dans le cas où elle a oublié de le mentionner, elle doit recommencer le Birkat Ha-Mazon selon le Din, comme nous l’avons déjà expliqué dans la Halacha précédente sur la mention de « Rétsé Véhah’alitsénou » dans le Birkat Hamazon, il doit donc en être de même lors d’un doute, et l’on devra normalement recommencer le Birkat Ha-Mazon.

Mais en réalité, même si le Birkat Ha-Mazon est une ordonnance de la Torah, malgré tout, le fait de mentionner le passage de « Rétsé Véhah’alitsénou » dans le Birkat Ha-Mazon, n’est pas ordonné par la Torah. C’est ce qu’écrivent un grand nombre de nos maîtres les Richonim (décisionnaires de l’époque médiévale) et parmi eux le RACHBETS (Rabbi Chim’on Bar Tsémah') dans ses décisions Halachiques sur la Guémara Bérah'ot (49a), et d’autres.

C’est pourquoi, il semble plutôt que lorsqu’on a le doute si l’on a mentionné « Rétsé Véhah’alitsénou » ou pas, le Din est qu’il ne faut pas réciter de nouveau le Birkat Ha-Mazon, selon la règle : « Dans un doute sur une ordonnance de nos maitres, il faut aller à la souplesse » car selon la Torah, on est quitte de l’obligation du Birkat Ha-Mazon même si l’on n’a pas mentionné « Rétsé Véhah’alitsénou ».

Cependant, il est écrit dans le livre Chou’t Béssamim Roch (chap.287) (que l’on attribue essentiellement à notre maître le ROCH), qu’étant donné la forte probabilité qu’une personne poursuive la bénédiction (« Vétivné », sans mentionner « Rétsé ») selon son habitude durant tous les jours de la semaine, il y a plutôt lieu d’estimer que cette personne n’a pas mentionné « Rétsé Véhah’alitsénou » dans le Birkat Ha-Mazon, et c’est pourquoi en cas de doute sur la mention de « Rétsé », elle doit recommencer le Birkat Ha-Mazon comme dans le cas où elle se rend compte de façon certaine qu’elle n’a pas mentionné « Rétsé Véhah’alitsénou » dans le Birkat Ha-Mazon.
Comme c’est le cas pendant la période où nous nous trouvons actuellement (en Israël), pour la personne qui a le doute - après avoir terminé la ‘Amida – si elle a dit Barèh’ ‘Alénou (la demande des pluies) ou pas, car nous estimons plutôt que cette personne a oublié que nous nous trouvons dans la période hivernale, et qu’elle a poursuivit sa prière comme à son habitude en période estivale, sans mentionner Barèh’ ‘Alénou. C’est pourquoi en cas de doute, cette personne est tenue de recommencer la ‘Amida, et il en sera de même pour la mention de « Rétsé Véhah’alitsénou » dans le Birkat Ha-Mazon.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l – après avoir longuement traité le sujet dans son livre Chou’t Yabi'a Omer (tome 7 page 68) – écrit que même si en général nous penchons plutôt vers la forte probabilité que la personne poursuive selon son habitude dans la prière comme dans les autres choses, malgré tout, concernant le Birkat Ha-Mazon le jour de Chabbat, un argument s’oppose à cette probabilité, puisque la solennité du Chabbat entoure la personne en ce jour, car toute l’atmosphère change le jour du Chabbat, et l’on est vigilant au moindre interdit de Chabbat à chaque instant, par conséquent, il y a matière à estimer qu’au contraire, la personne s’est rappelé que nous sommes Chabbat, et n’a pas oublié de mentionner « Rétsé Véhah’alitsénou ».

Et même si la chose n’en reste pas moins un doute, malgré tout, nous avons déjà expliqué que le Din de la mention de « Rétsé Véhah’alitsénou » n’est qu’une ordonnance Midérabbanane (ordonnée par nos maitres) et non Min Ha-Torah (ordonnée par la Torah), et de ce fait, le Din reprend sa place de doute sur une ordonnance de nos maitres sur lequel il faut aller à la souplesse.
Par conséquent, dans une telle situation, il ne faut pas recommencer le Birkat Ha-Mazon.

En conclusion: La personne qui a terminé le Birkat Ha-Mazon le jour de Chabbat (lors du 1er et du 2ème repas), et qu’elle a maintenant le doute si elle a mentionné « Rétsé Véhah’alitsénou » dans le Birkat Ha-Mazon ou pas, elle ne recommence pas le Birkat Ha-Mazon puisque l’obligation de mentionner « Rétsé Véhah’alitsénou » n’est que Midérabbanane (instaurée par nos maitres). Et il n’y a pas à craindre que la personne a probablement poursuivi selon son habitude de tous les jours sans avoir mentionné « Rétsé Véhah’alitsénou », puisque nous pouvons contrer cette probabilité grâce à l’argument selon lequel, la solennité du Chabbat l’a très probablement fait penser à mentionner « Rétsé Véhah’alitsénou » dans le Birkat Ha-Mazon.

Si toutefois après avoir conclut la bénédiction de « Boné Yérouchalaïm », on a le doute si l’on a mentionné « Rétsé Véhah’alitsénou » ou pas, si l’on n’a pas encore entamé la bénédiction de Hatov Véhamétiv qui se trouve après la bénédiction de « Boné Yérouchalaïm », on peut résoudre ce problème en disant sur place « Barouh’ Ata A. D. O. N. A. Y Elo-hénou Méleh’ Haolam Chénatane Chabbatot Limnouh’a Léamo Israël Béahava Léot Vélivrite Barouh’ Ata A. D. O. N. A. Y Mékadech Hachabbat » comme nous l’avons expliqué dans la précédente Halacha. (Chou’t Yabiya’ Omer vol.7 fin du chap.28).

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