Halacha pour jeudi 16 Av 5780 6 août 2020

Pour l'élévation des âmes de : André Avraham Ben Ma'hlouf TAÎB z"l de Lyon
Mme Sarah Bat Ra'hma AMAR z"l de Lyon
Mme Esther Bat Sa'ouda MARCIANO z"l de Lyon
Mme Esther Bat 'Hassiba El baz z"l de Lyon

« Celui qui a trouvé la femme, a trouvé le bien »

Nos maitres enseignent dans la Guémara Bérah’ot (8b):
Il est dit dans le livre de Téhilim (chap.32) : « C’est pourquoi tout homme pieux doit t’implorer à l’heure qui est propice … » Rabbi ‘Hanina dit : l’heure qui est « propice », désigne la femme, comme il est dit (dans le livre de Michlé) : « Celui qui a trouvé la femme, a trouvé le bien » [N.D.T : La Guémara fait ici un jeu de mot entre le terme « Métso » cité dans le verset du Téhilim pour dire « propice » et le terme « Matsa » cité dans le verset de Michlé pour dire « trouvé ». Les deux termes s’écrivent en hébreu avec les mêmes consonnes « Mem » ; « Tsaddik » ; « Alef »].
Nos maitres enseignent encore dans la Guémara qu’en Erets Israël, lorsqu’un homme épousait une femme, on lui disait : « Tu as trouvé (« Matsa ») ou tu trouve (« Motsé ») ? C'est-à-dire : Doit-on t’attribuer le verset qui dit « Celui qui a trouvé la femme, a trouvé le bien », ou bien le verset qui dit : « Moi, je trouve la femme plus amère que la mort ».
Cela signifie que les habitants d’Erest Israël questionnaient le nouveau marié avec les termes des versets : « Est-il dit sur toi « Celui qui a trouvé la femme … » ce qui signifierait que l’épouse est une femme digne et juste, et que le couple pérennisera, ou bien – à D.ieu ne plaise – serait-il dit sur toi « Moi, je trouve la femme … » ce qui signifierait que le couple ne pérennisera pas.

Notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l expliquait au nom du Gaon auteur du livre Iyé Ha-Yam que lorsque le couple ne fonctionne pas correctement, il y a régulièrement des disputes et de la discorde au sein du couple, jusqu’au jour où les conjoints parlent de divorce. Puis, on s’efforce de les réconcilier et ils vivent une période de calme relatif, se disputent de nouveau et on les réconcilie une fois de plus. Et ainsi de suite. Ce qui veut dire que la femme est finalement constamment « perdue » pour le mari, et c’est pour cela qu’il est dit dans un tel cas « Moi, je trouve la femme … », car le mari doit constamment la « retrouver » à chaque fois.
Mais s’il s’agit d’un couple où les conjoints se correspondent mutuellement, la « trouvaille » de la femme est dans un contexte de « Celui qui a trouvé », car le mari se suffit de l’avoir trouvée une seule fois, et il a trouvé le bien.

Notre maitre le Rav z.ts.l expliquait encore au nom de son compagnon d’étude le Gaon Rabbi Yéhouda TSADKA z.ts.l qu’il est écrit dans le verset « Moi, je trouve la femme plus amère que la mort ». Ceci est une allusion au fait que la femme espère elle-aussi un mari bon et qui lui correspond, et lorsque la « trouvaille » est bonne du point de vue des deux parties, et que chacun est heureux de ce qu’il a trouvé, sur une telle situation d’harmonie il est dit : « Celui qui a trouvé la femme, a trouvé le bien », et c’est aussi pour cette raison que le terme « trouvé » est répété dans ce verset, pour exprimer que l’homme comme la femme ont trouvé le bien.
Par contre, il peut être dit parfois sur eux les termes du verset « Moi, je trouve », et dans un tel cas, la femme est souvent digne et dotée de qualités, ce qui avantage généreusement le mari, mais celui-ci est tellement imbu de sa personne et ne pense tellement qu’à lui-même (« Moi »), que « la colombe ne trouve pas son nid », et le mariage devient pour eux plus amère que la mort.

Notre maitre le Rav z.ts.l expliqua un jour lors d’une réception de fiançailles, que nous disons dans la bénédiction sous la ‘Houpa « Réjouis les bien-aimés comme tu as réjouis l’œuvre de tes mains dans le Gan ‘Eden … », et apparemment quel serait le lien entre la réjouissance de Adam Ha-Richon (le premier homme) dans le Gan ‘Eden et la réjouissance des jeunes mariés sous la ‘Houpa ? Notre maitre le Rav z.ts.l répondit à cette remarque en disant que Adam Ha-Richon était très heureux de son épouse ‘Hava, car il n’existait pas d’autres femmes dans le monde à ce moment là, et Adam Ha-Richon était convaincu que ‘Hava était pour lui la meilleur. Ainsi, les jeunes mariés doivent penser qu’il n’existe pas d’autres femmes ni d’autres hommes dans le monde, et qu’ils sont destinés l’un à l’autre depuis la racine de leur âme, ainsi leur couple pérennisera.

Similairement à cela, le Gaon Rabbi Chémouel Ya’akov RUBINCHTEIN z.ts.l (auteur du livre Chééritt Ména’hem entre autres, Rav et Av Beit Din à Paris il y a environ 50 ans), lorsque les élèves de la Yéchiva lui rendirent visite le jour de Pourim, il s’adressa à l’un d’entre eux et lui dit :
« Connais-tu ce que nos maitres enseignent au début du traité Kiddouchinn (2b), que c’est l’usage de l’homme de chercher la femme, car celle-ci a été initialement perdue par l’homme (la côte retirée à Adam Ha-Richon) et c’est au propriétaire de la perte de rechercher ce qu’il a perdu. Cela signifie que lorsqu’un homme a perdu un billet de banque, s’il le trouve il le prend et s’en va, car il sait que ce billet est celui qu’il a perdu. Par contre, si un homme quelconque marche dans la rue et trouve un billet de banque, il ne se contentera pas de le prendre et de s’en aller, il cherchera dans l’espoir de trouver d’autres billets de banque perdus par quelqu’un à cet endroit, qu’il pourra prendre pour lui-même.
Il en est de même dans le domaine de trouver une femme. Si l’homme sait que sa femme est exactement celle qu’il a perdue, il l’épouse et vit avec elle dans la joie. Mais s’il veut ignorer cette réalité et ne croit pas aux enseignements de nos maitres, il pensera : « Puisque j’ai trouvé cette femme, il existe probablement d’autres femmes dans le monde qui me correspondent, et peut-être que je serais plus heureux avec une autre femme ? »
C’est pour cela qu’il est dit : « Celui qui a trouvé la femme, a trouvé le bien », lorsqu’il a trouvé une seule fois il s’en est suffit, c’est là qu’il a trouvé le bien.
Mais s’il « trouve » en permanence, il cherche et cherche encore sans cesse, sans se réjouir et s’investir dans ce qu’il a, dans ce cas il incarne le verset « Moi, je trouve la femme plus amère que la mort ».
« Les paroles du sage sont pleines de grâce »
(Du Rav Chélomo BENLOLO Chlita)

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