Palabras de Torá para viernes 17 Adar 5780 13 marzo 2020

Parasha de KI Tissa

Le Veau d’Or, jusqu'à quand?!
Notre Parasha a pour sujet central, l’épisode peu glorieux de la faute du Veau d’Or.

Cette faute représente pour le peuple d’Israël, la raison première pour laquelle il traverse toutes sortes de malheurs au fil des siècles.

En effet, lorsqu’ Hashem finit par accorder Son pardon à Israël, grâce à toutes les prières de Moshé Rabbenou, Il précise qu’à chaque fois qu’Il aura à infliger un châtiment à Israël pour ses fautes, il y aura dans ce châtiment, une part supplémentaire pour la faute du Veau d’Or.

Selon un principe, les enfants ne subissent de châtiment à cause de la faute des parents, que lorsqu’ils récidivent les fautes des parents.

Or, si nous subissons encore le châtiment pour la faute du Veau d’Or que nos ancêtres ont commis, c’est certainement que nous imitons leur comportement.

Pourtant, il s’agit ici de la faute de l’idolâtrie ! En quoi sommes nous restés idolâtres?

Il est écrit dans notre Parasha:
« Ils s’empressèrent de se lever au lendemain, ils offrirent des holocaustes (‘Olot), ainsi que des sacrifices rémunératoires (Shelamim) ; le peuple se mit à manger et à boire, puis se livra à la légèreté. »

Le Gaon Rabbi Ya’akov GALINSKY shalita rapporta à ce sujet:
La faute du Veau d’Or représente la 1ère occasion où le peuple d’Israël dévia du chemin de la Torah.
Mais en réalité, ils ont également innové une démarche de la faute, de façon générale.

Jusqu’à nos jours, cette même attitude est encore très fréquente parmi nous.

Prenons chaque étape du verset cité:

« Ils s’empressèrent de se lever lendemain… »
Cela nous rappelle que très souvent, on est poussé par un enthousiasme et une certaine hâte d’agir pour Hashem.

« … ils offrirent des holocaustes » (‘Olot)
La particularité du sacrifice ‘Ola réside dans le fait qu’il est entièrement consumé sur le Mizbea’h (l’autel), sans qu’aucune des parties de la bête ne soit consommée ni par le Cohen, ni par l’auteur du sacrifice.
L’empressement et l’enthousiasme dont on fait preuve au début de notre Teshouva, va souvent jusqu’à nous inspirer une volonté de tout « sacrifier » pour Hashem et sa Torah, sans garder le moindre profit pour soi même.

« …ainsi que des sacrifices rémunératoires (Shelamim)… »
Par opposition au sacrifice ‘Ola, le sacrifice Shelamim n’était consumé que partiellement sur le Mizbea’h, le reste était consommé par l’auteur du sacrifice.
Il en est de même dans une Teshouva mal dirigée.
Avec le temps, cette exclusivité que l’on a consacré à Hashem, va en se diminuant, jusqu’au moment où l’on commence à se démotiver, et que l’on revendique pour soi même une part de tout ce temps et cette énergie.

« …le peuple se mit à manger et à boire… »
Cette évolution régressive amène l’individu à un stade où finalement, il ne consacrera son temps qu’à de banales activités profanes, comme manger et boire.
Il n’y a tout à coup plus de place pour la moindre occupation spirituelle, à laquelle il consacrait toute sa vie au début de son parcours.

« …puis se livra à la légèreté. »
L’aboutissement dramatique de cette Teshouva mal dirigée, est malheureusement inévitable, et on en arrive à la pire des choses à laquelle un juif peut se livré :
Les mœurs de légèreté et la débauche.
Cet individu – en ayant mal géré sa Teshouva – est redescendu peut être encore plus bas que le niveau duquel il est parti!!!

La variante de la faute du Veau d’Or, qui nous est encore reprochée de nos jours, réside dans le fait que nous ne dirigeons pas correctement notre repentir envers Hashem.
Revenir sincèrement vers Hashem et sa Torah, ne veut pas forcément dire se précipité sur les choses, sans aucune direction de la part d’un Rav (Les « Rabbanim » eux même conseilleraient-ils la précipitation ?! Sans doute parce qu’ils ne possèdent pas la compétence nécessaire pour conseiller d’autres procédés!!!) 

Nous payons encore la faute du Veau d’Or parce qu’on ne sait pas diriger notre repentir !

Shabbat Para
Le Shabbat qui suit Pourim s’appelle « Shabbat Para ».
Nous sortons un 2ème Sefer Torah dans lequel nous lisons le passage relatif à la loi de la Vache Rousse (Para Adouma).

« Playliste de Mitsvot »  

Contexte
Hashem ordonne à Moshé et à Aharon le commandement de Para Adouma – La vache rousse.

Cette Mitsva consiste à se procurer une vache totalement rousse, sans la moindre imperfection, et qui n’ai jamais porté de poids. On procédait à la Shé’hita – l’abatage rituel de cette vache - puis elle était complètement brûlée. Les cendres de la vache étaient mélangées à de l’eau du Beit Hamikdash, et toute personne ou objet ayant été au contact ou en présence d’un mort, étaient aspergés de ce mélange, et retrouvaient leur statut de purs.

Ce qui fait du commandement de Para Adouma, une ‘Houka – une loi irrationnelle - c’est que justement, celui qui aspergeait les personnes ou objets afin de les rendre purs, devenait lui-même impur. Il devait lui-même suivre un nouveau processus de purification.

« Hashem parla à Moshé et à Aharon en ces termes: "Ceci est la ‘Houka (la loi irrationnelle) de la Torah … » (Bamidbar 19 – 2)

De nombreux commentateurs demandent:
Il aurait été plus précis de dire « Ceci est la ‘Houka de la vache… ». Ou bien « Ceci est la ‘Houka de la purification… ». Pourquoi généraliser l’aspect irrationnel de la Para Adouma à toute la Torah ? Il existe bien dans la Torah des commandements tout à fait rationnels, dont le sens est à la portée de chacun?!

Lors de l’un de ses Shiourim, notre maître, le Rav Ovadia YOSSEF shalita a répondu à cette question de la façon suivante:
Il existe une catégorie d’individus qui se refusent à pratiquer toutes les obligations d’un juif. Ces gens prétextent qu’ils ne peuvent pratiquer que les choses dans lesquelles ils trouvent un sens. Par exemple, ces gens là n’auront aucune difficulté à donner de la Tsedaka à un nécessiteux, ou bien on pourra constater chez eux une véritable aversion pour tout ce qui est de nuire à son prochain … etc.… Ces gens là pratiqueront aussi d’autres Mitsvot à la condition qu’il y est une certaine « logique » à leurs yeux.

En contre partie, il existe des personnes, dont la Emouna en Hashem et sa Torah, est inébranlable. Ceux là n’ont pas besoin d’avoir recours à une démonstration intellectuelle quelle qu’elle soit pour pratiquer les Mitsvot. Ces Tsaddikim accomplissent tous les commandement de la Torah sans jamais être dérangés par le fait qu’il y a certains points qu’ils n’arrivent pas comprendre!

Il est écrit dans Tehilim (119) « Les Reshaïm (les impies) sont loin de la délivrance, car ils n’ont pas recherché tes ‘Houkim (lois irrationnelles) ».

Il existe plusieurs sortes de maladies. Certaines dont on connaît le mode de guérison, et d’autres maladies dont on ignore le mode de guérison.

Le Tsaddik qui accompli toutes les obligations d’un juif, même celles dont il ignore le sens, sera sauvé par Hashem de toutes les maladies, même de celles dont on ignore le mode de guérison, Mida Kenegued Mida – Mesure pour mesure.

Mais le Rasha (l’impie), qui s’autorise à se faire une sélection – une « Playliste » - des devoirs qu’il accompli, ne se verra délivré que des maladies dont on connais le sens, et cela aussi selon le principe de Mida Kenegued Mida – Mesure pour mesure.

Puisqu’ils n’ont pas recherché l’accomplissement des ‘Houkim, ces lois irrationnelles, sous prétexte que cela n’avait aucun sens à leurs yeux, les Réshaïm seront loin de la délivrance, en cas de maladie incurable!!!

Un peu de confiance en l’infinie sagesse de la Torah, un peu d’innocence dans la pratique des Mitsvot, mais surtout beaucoup d’humilité vis-à-vis d’Hashem, peut nous sauver la vie!!!!!

C’est pour cela que la Parasha qui traite de la loi irrationnelle de la Para Adouma (vache rousse), débute par les termes généraux « Ceci est la ‘Houka (la loi irrationnelle) de la Torah … », et non pas « Ceci est la ‘Houka de la vache… ». Ou bien « Ceci est la ‘Houka de la purification… ». Afin de nous enseigner que de la même façon que nous accomplissons des devoirs de la Torah, parce qu’ils nous semblent contenir un sens logique, de la même façon nous devons accomplir l’intégralité des devoirs de la Torah, même lorsqu’on a du mal à les comprendre!

Chabbat Chalom
 Dvar Torah rédigé par le Rav David A. PITOUN